XXI JUIN
Dans la nuit du vin^^^t au vingt-el-unièrne jour de juin de l'an 1591, mourut au Collège Romain à Tàgo de vingt-(fuatre ans, l'angélique Louis de Gonzague, proclamé par le Vicaire de Jésus-Christ patron de la jeunesse chrétienne, et dont les exemples depuis trois siècles, n'ont cessé de produire des saints parmi les élèves et les enfants de la Compagnie. Son plus beau panégyrique i)cutêtre, et la plus salutaire explication des secrets de sa sainteté, nous semldent exprimés par ces paroles (pie Notre-Seigneur mit sur les lèvres de sainte Madeleine de Pazzi, <hins une de ses extases. « 0 quelle immense gloire possède maintenant Louis, le lils d'Ignace ! jamais je ne l'aurais cru, si mon Jésus ne me l'eût montrée. 11 me semble que je ne vois pas de gloire dans le ciel aussi grande que celle dont je le vois couronné. Oui, je le dis en vérité, Louis est un admirable saint. Nous avons bien des saints dans notre Église ; mais ils ne sont i)as aussi grands que lui. Plût à Dieu que je pusse parcourir le monde entier et dire à tous les peuples de la terre, que Louis lils (rignaee est un admirable saint. Plût à Dieu que je pusse montrer sa gloire à toutes les rimes pour la plus grande gloire de Dieu. Louis a mérité ce comble de gloire, par les actes cachés de son cœur.
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« Durant les jours de sa vie mortelle, il avait toujours les lèvres ouvertes à la divine aspiration du Verbe, et voilà pourquoi maintenant il est si haut dans la gloire de Dieu. Louis fut un martyr inconnu. Il s'est fait lui-même martyr de ses propres mains. Oh ! combien il a ainu; sur la terre ! Aussi, maintenant dans le ciel possède-t-il Dieu dans une souveraine plénitude d'amour. Vivant ici-bas, il ne cessait de lancer les traits de son cœur jusqu'au cœur même du Verbe incréé. Maintenant au ciel ces mêmes traits reposent dans son cœur ; car il est en possession de cette communication ineffable que lui ont méritée ses actes d'amour et ses <'lans pour s'unir à Dieu ».
Vies de saint Louis de Gonzngue, Cf. C.vhayon, Bibliographie histor., n. 1901-1973. — Boi-LAND. , Avta SS. t. 4 Junii, p. 847 seqq. — Patkignani, Menol., 21 giugno, p. 1.59 et suiv. — Sotuellls, Biblioth., p. 28. — N\- DASj, Ann. dier. memor., 21* jun., p. 327. — Niehemberg, Varan, ilust., t. 2, p. 431 et siiii'. — .Iuvencius, Histor. Soc. Jes., part. 5, l. 10, nn. 6 seqq. p. 359 seqq. — Duews, Fasti Soc, 4 ''/"*., p- 128 et 21 j'un. p. 23.->.
* Le vingt-et-unième jour de juin de l'an 1598, mourut le F. Darius Gerla, Coadjuteur temporel, après de cruelles et longues souffrances héroïquement supportées. Il exerçait rofïîce de tailleur au Collège Romain. Les Lettres annuelles de la Compagnie relèvent deux traits principaux de sa vertu : le premier est la sainte avidité et la foi vive avec lesquelles il entendait la parole de Dieu soit à l'église, soit même au réfectoire, quand les Scolastiques, selon l'usage, s'y livraient à l'exercice de la prédication. L'autre
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trait est sa dévotion pour le dimanche ; c'était vraiment pour lui le jour de Dieu ; il le sanctifiait par un redoublement de ferveur. Averti le vingt-et-un juin au matin, jour de dimanche, de se préparer à la mort , il fit paraître une joie extraordinaire ; mais comme on ajoutait que, selon toute ap[)arence, il vivrait encore deux ou trois jours : « Non, dit-il, c'est impossible ; car je dois mourir un dimanche ; ce sera aujourd'hui ». Et en effet, vers le soir, le F. Gerla, suivant l'expression de l'annaliste, « s'envola vers cette région oîi le soleil ne s'éteint point, où le jour du Seigneur ne passe point ». 11 était dans la cinquante-troisième année de son âge et la douzième depuis son entrée dans la Compagnie.
Liltcrx Ann. Societ. Jes., anno 1598, p. 23. — Nvd.vsi, Ann. dier. memorab., 21" /«/?., /;. 327.