‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 312 sur 331 · XXII JUIN · texte numérisé non relu

XXII JUIN

Le vingt-deuxième jour de juin de l'an 1^578, mourut en odeur de sainteté au collège de Parme le Frère Scolastique Joskpii Martini, Agé de vingt-et-un ans. Né d'une très noble famille de Nice, il avait connu de bonne heure les dangereux attraits du monde, à la brillante cour des ducs de Savoie. Mais par une admirable protection de Dieu, il la traversa comme un ange, et emporta la fleur de son innocence, pour la consacrer au Sauveur et à sa sainte Mère dans la Compagnie, à l'âge de dix-huit ans. Cette incomparable perfection que devaient admirer plus tard les novices de Rome et de Malines dans Louis de Gonzague et Jean Berchmans, ceux de Novellara la virent et l'admirèrent dans le jeune F. Joseph Martini. Pressés de signaler les plus légères fautes qu'ils avaient pu découvrir dans sa conduite, tous sans exception déclarèrent n'y avoir absolument rien trouvé à reprendre, pas même, dirent-ils, une seule parole inutile ou peu religieuse. On le citait en particulier comme un modèle d'obéissance. Le P. Sacchiiii, sans nous en donner malheureusement les détails, rapporte que Notre-Seigneur témoigna par un miracle, combien cette obéissance lui était agréable.

Désigné à la fin de son noviciat pour le collège de Parme, le

710 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

F. Martini écrivit aussitôt au nouveau supérieur que Dieu lui donnait, ces humbles et touchantes paroles: « Mon Père, l'obéissance m'envoie travailler à Parme. Veuillez m'y recevoir et me traiter, je vous en supplie, comme une pauvre et faible tète, sans autre souci que de contredire en toute chose les désirs de ma volonté propre, afin de m'aider à me vaincre et à me renoncer assidûment ». La continuelle pensée des souffrances de Jésus-Christ lui inspirait cette générosité de cœur, comme il le lit entendre clairement à son lit de mort, à l'un de ses jeunes frères qui lui demandait ses derniers conseils «. D'abord, ne laissez passer aucun jour, lui r('pondit-il, sans penser aux douleurs de Jésus crucifié; puis aimez par dessus tout l'obéissance, si vous voulez ressentir les merveilleux effets de la divine Providence ; car je sais par expérience combien cette voie est sûre ».

Contraint bientôt par une maladie de langueur à laisser le travail de l'étude, et chargé du soin du réfectoire, il se porta tout entier à cette humble fonction, comme à une œuvre reçue des mains de Notre-Soigncur. Tant qu'il put se tenir debout, il ne cessa de servir ses frères avec un admirable empressement. Réduit enfin par la faiblesse à ne plus quitter le lit, il n'eut rien plus à œur que d'éviter tout ennui et toute fatigue à ses frères. Par une très délicate charité, il priait instamment qu'on ne vînt pas le voir après les repas, quand la douce température du printemps semblait inviter à jouir de l'air et du soleil : « Car je vous assure, ajoutait-il, en congédiant ses visiteurs avec un aimable sourire, que la consolation de votre présence ne pourrait égaler ma joie de vous voir prendre pour l'amour de moi ce léger délassement : « Enfin si l'on veut juger par un seul mot de la perfection

Page 1