‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 317 sur 331 · XXVI JUIN · texte numérisé non relu

XXVI JUIN

L<; viiig-t-sixième jour de juin de l'an 1598, mourut dans lu maison professe de Naples le P. Joseph Biondi, Sicilien, prêté tour

à tour par saint François de Borg-ia, Everard Mercnrian et Claude Aquaviva, à presque toutes les Provinces d'Italie. Ses belles missions dans les Calabres et la principauté de Salerne sont une des pages les plus glorieuses des premiers temps de la Compagnie ; l'un de nos dix premiers Pères, Nicolas Bobadilla, se faisait honneur dans sa vieillesse de l'avoir eu pour compagnon et pour élève. Recteur des collèges de Bivona , de Cantazaro, de Naples et de Lorelte, avant d'avoir prononcé ses derniers vœux, puis Visiteur de Naples et Provincial de Milan et de Sicile, il sut unir dans un si haut degré la charité, la prudence et la fermeté, que cent cinquante ans après sa mort, on conservait encore précieusement toutes ses lettres, comme des chefs-d'œuvre de direction, d'avertissement, de correction et de délicatesse. Il en coûtait cependant beaucoup au F*. Biondi de commander ou de reprendre ; mais nulle considération humaine n'était capable de balancer ilans son cœur l'observation lîdèle de la règle. Il se dédommageait de ne pouvoii' obéir autant qu'il l'eût désiré, par les plus diflieiles pratiques du renonce- A. 1. — T. I. -^ 9i. 721

ment intérieur, et une ardeur si grande à se crucifier, que l'on attribue g-énéralement sa mort aux pieux mais cruels excès de ses jeûnes, de ses A'eilles et de ses macérations.

Aglilera, Histor. Provinc. SicuL. t. 1. />. '.\ol et p. 373 scqq. — Schînosi, Istor. dclla Provinc. di Napoll t. 1, p. 1G4, 229, 37^i, 419.

* Dans les derniers jours de mois de juin, l'an 1G18, mourut en mer le 1*. Paul Cavallina, l'un des trente-six missionnaires de la Compagnie que le P. Nicolas Trigault emmenait avec lui en Chine et au Japon. Sur le point de s'embarquer, le P. Cavallina se sentit envahi par d'inexprimables angoisses ; une voix intérieure lui disail qu'il périrait infailliblement dans la traversée et ne verrait jamais les Indes. Dès lors, à quoi bon quitter l'Italie et sacrifier en pure perte, et sa jeunesse, et ses talents, et les désirs que Dieu lui donnait de travailler au salut des âmes ? Mais d'autre part, l'appel de Dieu se faisait toujours entendre, et, avec une force irrésistible, l'invitait à l'oubli, et s'il le fallait, à l'immolation de lui-même. Le P. Cavallina inclina la tête, fit taire toutes ses frayeurs et partit.

Presque aussitôt il fut changé : autant il avait eu d'appréhension de la mort, autant il l'appelait de tous ses vœux. Des maladies d'une nature contagieuse, comme il n'arrivait que trop souvent dans ces longues navigations, ne tardèrent pas à se déclarer parmi les missionnaires et firent plusieurs victimes. Le P. Cavallina fut frappé l'un des premiers, mais d'un autre mal que ses compagnons. Le P. Trigault essaya d»; l'encourager, en lui faisant espérer une

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