‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 5 sur 331 · IV JANVIER · texte numérisé non relu

IV JANVIER

Le quatrième jour de janvier do l'an 1713, mourut en odeur de sainteté dans la maison du noviciat de Naples, le F. Coadjuteur Joseph-Marie de Geronimo, frère du glorieux apôtre de cette ville, et compagnon du Maître des novices, pendant plus de quarante ans. Né à peu de distance de Tarente, il était venu, très jeune encore, étudier la peinture à Naples ; mais pour ne rien perdre de son innocence et de sa première ferveur, il s'était enrôlé dès son arrivée dans une congrégation d'élite, dont tous les membres s'engageaient à faire oraison chaque jour, à examiner leur conscience, à s'exercer en secret et en public à des pratiques de pénitence ou d'humilité. Joseph-Marie de Geronimo n'avait pas même dixsept ans ; mais longtemps après, ses anciens amis se rappelaient encore ses pieux excès de mortilication en l'honneur de la très sainte Vierge. Car il passait toutes ses neuvaines dans le jeûne le plus rigoureux ; non content de son ciliée ordinaire, il se serrait avec de petites cordes, qui lui faisaient un tourment de chaque pas et de chaque respiration. Ce n'était là toutefois qu'un prélude à tout ce qu'il devait faire souffrir à son corps pendant ses quarante-deux ans de vie religieuse.

Mais le plus frappant témoignage de la sainteté à laquelle par-

vint (lès son noviciat le F. de Geroninio, c'est qu'aussitôt après ses premiers vœux, et lorsqu'il n'avait pas encore dix-neuf ans, ses supérieurs le chargèrent, dans les limites de son degré, d'aider le Père Maître des novices à former les jeunes religieux, coadjuteurs temporels et scolastiques, au genre de vie et à la perfection de la (compagnie. Loin de voir un honneur dans un pareil choix, l'humble Frère crut bien plutôt qu'on jugeait nécessaire de le retenir encore longtemps dans les exercices du noviciat, et il bénissait Notre-Seigneur de lui laisser toujours sous les jeux, les grands exemples de ferveui- et de renoncement, dont il était témoin dans une si sainte maison. De tous les Recteurs ou Maîtres des novices ([ui se succédèrent jusqu'à sa morl, un s<Md, durant ces longues années, lui ordonna de céder sa charge à un autre. Etait-ce, dit le P. Patrignani, par amour de changement ou de nouveauté, ou seulement pour éprouver le saint Frère ? La chose sembla douteuse ; mais le F. de Geronimo n'y perdit rien de son angélique sérénité ; et ])eu de jours après, le supérieur parut sentir la nécessité de le jappeler à un poste si important.

Dans les derniers mois de l'année 1712, une maladie de poitrine le réduisit bientôt à l'extrémité. Les médecins croyaient même qu'il pouvait passer d'heure en heure ; mais s'entretenant un jour avec un de ses frères : « Non, lui dit-il, je ne dois pas mourir encore. C'est le quatre janvier, à trois heures de la nuit, que je rendrai mon àme à Dieu ». La veille de ses funérailles, comme il venait de dire au Frère sacristain que les jeunes religieux du collège ne viendraient pas réciter l'ofïïce près de son corps, à cause du triduum de rénovation : « Je me trompais, dit-il au bout de quelques moments, ils y viendront aussi prier pour moi «. Le jour suivant

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