‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 50 sur 331 · XXVII JANVIER. — P. ETIENNE TUCCI · texte numérisé non relu

XXVII JANVIER. — P. ETIENNE TUCCI

pouvoir plus prendre un peu de repos qu'à genoux. En môme temps, d'étranges désordres se produisirent dans les organes de sa tête ; un effroyable tiraillement de nerfs ne le laissait plus respirer sans convulsion ; le passage des aliments se ferma peu à peu, et il se vit lentement dévoré par la faim. Mais le serviteur de Dieu ne perdit jamais la sérénité de son visage. « Bien volontiers, répétait-il souvent, je souffrirais cent fois davantage pour l'amour de mon Dieu ». Sentiment si vrai, qu'il ne cessait d'ajouter à tant des douleurs celles des nombreux instruments de pénitence dont son cadavre fut trouvé revêtu. Dans l'espoir d'en dérober le secret à ses frères, il avait demandé d'être enseveli dans l'état où il expirerait. Mais Dieu voulut qu'un si rare amour de la croix fût au moins révélé à la mort de ce nouveau martyr, pour l'édification d'un grand nombre d'àmes et la gloire de son saint nom. Le P. Tucci était âgé de cinquantesept ans, et en avait passé trente-neuf dans la Compagnie.

JuvENCius, Histor. Soc. Jesu, part. 5, lib. 24, n. 33, p. 798. — Litter. ann. Soc. Jesu, anno 1597, p. 586 seqq. — Aguilicra, Hist. Prov. Sic, t. l, p. 352 seyfj. — Patrignani, Menai., 27 Genn., p. IÇ,^. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 27» jan., p. 48. — Nieremberg, Varones ilustres, t. I, />• 723. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 11^ jnn., p. 36. — Alberti, Istoria délia Prov. di Sicilia, p. 128, 234. — Sotuellus, Biblioth.., p. 751. — DE Backer, Bibliolh., t. 3, p. 1212. — Salmeron, 0pp., t. 16, Epist., p. 408-415, 418. — Mongitohe, Biblioth. Sicula, p. 239. A la suite de son article, Mongitore cite un grand nombre d'auteurs qui ont parlé du P. Tucci, v. g. Rho S. J. Varia virlutum histor., p. 17, 159, 349, etc. ; Phil. Labbe, Pinacotheca Script. Soc. Jesu, p. 305 ; LïRiEus S. J. De Imitât. Jesu patientis, p. 132, 293, etc.

136 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

Le vingt-septième jour de janvier 1702, mourut au collège de Brera, à Milan, le F. Jérôme Arconati, Scolastique, âgé de vingtsept ans. Quelques jours de recueillement et d'exercices spirituels, donnés à tous ses condisciples, à l'occasion de la semaine sainte, avaient déterminé sa vocation. Résolu de rendre amour pour amour à Jésus souffrant et mourant, il s'offrit généreusement à le suivre dans la Compagnie. Comme on lui représentait qu'il était fils unique « Je ne l'ai pas oublié, répondit-il, mais qu'importe que je sois seul ou que je laisse de nombreux héritiers à mon père, quand Dieu m'appelle » !

Quelques mots empruntés çà et là à ses notes spirituelles, durant ses neuf années de vie religieuse, font bien voir le prix qu'il attachait aux plus petites actions de la vie commune, uniquement faites en vue de Dieu. « Esta bonus trapezita, sois un bon banquier», se disait-il souvent à lui-même, pour s'animer à ne laisser perdre aucune parcelle de son temps. Puis quand il eût été nommé professeur de littérature au collège de Brera : « Avant de me rendre en classe, dit- il, j'aurai soin de passer toujours quelques minutes devant le saint Sacrement, pour lui offrir mon travail, lui demander son aide, lui recommander mes élèves. De plus, j'aurai pour tous mes enfants un véritable amoui-, parce que Dieu veut que je les aime; afin même d'agir plus purement et plus sûrement par ce motif, je veux être plus charitable et plus affectueux pour ceux-là qui se montreront moins reconnaissants ».

Aussi ses écoliers sentaient dans les moindres paroles du F. Arconati la présence et l'esprit de Dieu. II n'était pas rare, dit son biographe, de les voir sortir de classe, silencieux, recueillis,

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