XXVII JANVIER. — P. JÉRÔME MAJORICA
de lumière et soulevé de terre. Allant à pied en pèlerinage h Lorette, il reçut une grâce semblable à celle dont la Mère de Dieu favorisa un jour son bien aimé serviteur, Alphonse Rodriguez. Fatigué d'une longue course, le P. da Ponte prenait un peu de repos sur le bord du chemin, quand tout à coup la sainte Vierge lui apparut, et lui présenta un mouchoir de fin lin pour essuyer la sueur de son visage. Quand il eut rendu le dernier soupir, on trouva ses épaules sillonnées de plaies profondes, et comme labourées par les fouets dont il se frappait sans miséricorde. En récompense, Dieu voulut que pendant plusieurs années son corps fût préservé de la corruption ; quelqu'un lui ayant alors coupé un doigt, il en jaillit du sang qui se conserva longtemps liquide et sans altération.
Patrignani, Menol. , 27 Genii. , p. 266. — Nadasi, Annus dier. meinorab. , 27'* jnn- -, p- r)0. — Drews, Fasti Soc. Jes. ^ Tl^ jaii. , p. 37. — Menologio (ms.) , Roma, 1840, 27 Genn. , p. 10. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 1, /;. 311 ; t. % p. 332, 342. — Santagata, Islor. délia Prov. di Napol. , t. 3, p. 252; t. 4, p. 429, 483.
* Le vingt-septième jour de janvier de l'an 1686, mourut à Ketcho le P. Jérôme Majorica, consumé par trente-cinq années de travaux dans les missions de la Gochinchine et du Tonkin. Toute la vie de ce vaillant apôtre, dit un de ses biographes, peut se résumer dans ces deux mots : « Erat cir simplex et rectits, C'était un homme simple et droit ». En toute chose, il voyait et adorait la très sainte volonté de Dieu ; aussi nul événement, pour im-
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prévu ou fâcheux qu'il pût être, n'altérait la parfaite sérénité de son âme et de son visage. Il bravait avec la même intrépidité les intempéries des saisons, les périls des voyages à travers des forêts infestées de bêtes féroces, les souffrances de la faim et les persécutions des hommes. Son zèle ne connaissait aucune fatigue ; on le vit, épuisé par une maladie de langueur qui avait peu à peu ruiné ses forces, se faire soutenir à l'autel, afin de donner à ses chrétiens la consolation d'assister au saint sacrifice et de recevoir la sainte communion. La confession, la construction de nouvelles églises, la composition d'ouvrages de piété, enfin les mille détails de l'administration de chrétientés nombreuses et ferventes, auraient pu paraître un fardeau déjà trop accablant pour un seul ouvrier ; le P. Majorica ne laissait pas d'y joindre l'évangélisation des infidèles ; une année, dans l'espace de cinq mois seulement, il en convertit et en baptisa de sa main plus de deux mille cinq cents.
A la nouvelle d'une violente persécution qui venait de s'élever contre l'Église du Japon, le P. Majorica résolut d'aller partager les périls, et, s'il plaisait à Dieu, les tourments et la mort glorieuse de ses frères. Mais le vaisseau qu'il montait, fut repoussé par les Hollandais hérétiques sur la côte inhospitalière du royaume de Ciampa, et il demeura près de deux ans captif du monarque de cette contrée. Nommé Provincial du Japon, et forcé de résider dans le Tonkin, il profita de la liberté plus grande que lui donnait sa charge, pour se dépenser sans ménagement au service des chrétiens et des infidèles. Il acheva d'épuiser ses forces dans ce travail excessif et dut se retirer au siège principal de la mission. Après une crise violente dans laquelle on crut qu'il avait expiré, il s'é-