‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 53 sur 331 · XXVII JANVIER. — P. SILVIUS TORNAMIRA · texte numérisé non relu

XXVII JANVIER. — P. SILVIUS TORNAMIRA

veilla tout à coup, et les yeux brillants de joie, les traits épanouis, comme s'il sortait d'une extase et avait vu des choses admirables dans la cité céleste, il prononça ces paroles du Psalmiste : Sicut audlvimus, sic vidlmus in civitate Domini virtutiira (Ps. 47, 9); et peu après, il s'éteig-nit doucement, le cierge bénit en main, et les lèvres collées sur son crucifix, à l'âge de soixante-sept ans, dont il avait passé cinquante-et-un dans la Compagnie.

CoRDARA, Histor. Societ. Jes. , part. 6a, lib. 16, n. 349, p. 550 ; lib. 17, n. 281, p. 676. — Bartoli, Cina, lib. 4, p. 1008, 1027, 1083 et suiv. , 1130. — Patrignani, Menol. , 27 Genn. , p. 268. — de Marini, Historia ciel Tunchino, lib. 3, p. 286 et suiv. — Santagata, Istoria délia Provinc. di Napoli, t. 4, p. 379 et suiv. — de Montézon, Mission de la Cochinchine et du Tonkin, p. 22, 27 et suiv. , 46. — Sotuellus, Biblioth. Scriptor. Soc. Jes. , p. 343. — de Backer, Biblioth ... l"'*' e'dit. , t. 5, p. 502.

* Le vingt-septième jour de janvier 1681, mourut au collège d'AIcama, sa patrie, le P. Silvius Tornamira, de la Province de Sicile. Il enseigna les belles-lettres pendant vingt-cinq ans, avec la réputation d'un habile professeur et d'un saint. Plein de mépris pour lui-même, il cachait avec un soin jaloux la noblesse de sa naissance, et aspirait partout à la dernière place. On lui dit un jour que le Père Général, instruit de son mérite, avait l'intention de le produire sur un théâtre plus brillant ; à cette nouvelle, il fondit en larmes, protestant qu'on avait déjà trop d'égards pour lui, et que si le Père Général le connaissait, loin de penser à l'élever, il ne le souffrirait pas même un moment dans la Compa-

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gnie. Sa mortification égalait son humilité ; il était sans pitié pour son corps ; jamais il ne quittait ses vêtements, sinon pour se flageller. 11 prenait son repos sur une planche ; obligé dans une maladie d'accepter un matelas, il le choisit si dur et si incommode, qu'il fallut le lui retirer, pour ne pas augmenter ses douleurs. La prière, les visites au saint Sacrement, qu'il aimait à renouveler souvent le jour et la nuit, les ministères de zèle et de charité auprès du prochain, la composition d'écrits tous consacrés à à recueillir les monuments de l'histoire de la Compagnie, ou à rappeler le souvenir des faveurs dont elle a été magnifiquement comblée par Notre Seigneur, par la sainte Vierge et les saints anges, occupaient les heures que l'enseignement et plus tard le gouvernement du collège d'Alcama, laissaient libres au P. Tornamira. De cruelles souffrances héroïquement supportées achevèrent de purifier sa vertu, et donnèrent un plus vif éclat à sa réputation de sainteté. Quand il eut rendu le dernier soupir, le peuple accourut en foule vénérer ses restes précieux, et l'on assure que Dieu opéra plusieurs prodiges à son intercession. Le P. Tornamira était âgé de soixante-six ans et en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

Aguilera., Ilistor. Prov. SicuL, t. 2, p. 751 seqq. — de Backeh, Bibliothèque... P° édit., t. 3, p. 708. — Mongitoue, Biblioth. SicuL, t. 2, p. 228.

Le vingt-septième jour de janvier de l'an 1696, à Mompox, non loin de Carthagène en Amérique, mourut presque au moment où il venait de mettre pied à terre, après une pénible navigation, le

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