‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 56 sur 331 · XXIX JANVIER · texte numérisé non relu

XXIX JANVIER

Le vingt-neuvième jour de janvier de l'an 1648, mourut glorieusement dans l'île de Mindanao, le P. François Pagliola, de la Province de Naples, massacré à coups de poignard et de lance par un apostat, en haine de la foi. On croit que Notre-Seigneur lui avait révélé le genre de sa bienheureuse mort, lorsqu'il enseignait la grammaire au collège de Salerne. 11 n'avait cessé de s'y préparer depuis lors, en embrassant d'une extrême ardeur, comme un prélude au martyre du sang, toutes les peines et fatigues de son office, auxquelles il joignait en même temps les plus rigoureuses pénitences et une continuelle union de cœur avec Jésus- Christ. Chargé de sept peuplades à la fois, il était perpétuellement en course, tremblant de laisser périr, faute de secours, une seule âme. Ces pénibles voyages semblaient au P. Pagliola un temps du plus doux repos ; parce qu'alors, du matin au soir, il pouvait ne faire que prier. Les indignes traitements que ses bourreaux firent subir à son crucifix, après l'avoir laissé lui-même baigné dans son sang, et plus tard, leurs propres aveux, témoignèrent qu'ils n'avaient été poussés à ce crime par aucun motif de cupidité ou d'aversion personnelle, mais par leur seule rage contre le saint sacrifice de la messe et le nom adorable de Jésus. Le P. Pagliola é-

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tait Agé de quarante-deux ans ; il en avait passé onze dans la Compagnie.

Patrignani, Menol. , 29 Genn. , p. 291. — Nadasi, Ann. dier. memor. , 29^ l'an., p. 53. — Drews, Fasd Soc. Jes., 29^ /««. , p. 39. — Alegambe, Mortes illustr. , p. 653. — Andhade, Varones ilustres, t. 6, p. 64. — Ve- LARDE, Historia de la Provincia de Philipinas, p. 154-158.

Le vingt-neuvième jour de janvier 1761, le F. Sauveur Tonna, mourut à Palerme en grande réputation de vertu, après soixante ans environ de vie religieuse. Chargé du soin des malades, pendant cinquante ans, au grand collège de Palerme, le F. Tonna était un modèle de la plus délicate charité, toujours prêt à se dépenser pour ses frères souffrants, et à veillei' les nuits entières auprès de leur lit. Devenu complètement aveugle, durant ses dernières années, il ne voulut jamais cesser ni de travailler, ni do suivre en toute chose la vie commune ; tant qu'il put se tenir debout, il se rendait à tâtons soit au réfectoiie, soit à la chapelle, aux heures des différents exercices. Les Lettres annuelles de la Sicile racontent qu'au moment de sa mort, une sainte Ame vit notre Bienheureux Père qui venait recueillir son dernier sou})ir, et le conduire au ciel. Il était Agé de quatre-vingt-u!i ans.

Boero, Menol. , 29 Genn. , p. 539.

XXIX JANVIER. — P. JEAN-MARIE MAZZOLARI. i53

*Le vingt-neuvième jour de janvier 1778, mourut à Corne le P. Jean- Marie Mazzolari, dont le frère aîné, le P. Joseph-Marie, également Jésuite, est plus connu sous le nom de Marianus Parthenius. Après de brillantes études à notre collège de Crémone, les deux frères avaient sollicité ensemble de leur père la permission d'entrer dans la Compagnie. Jean-Marie, à cause de sa grande jeunesse, fut remis à une époque plus éloignée, et il ne put suivre son frère qu'à l'âge de dix-huit ans. Les épreuves ordinaires heureusement terminées, il entra dans la carrière apostolique, où son zèle, malgré un état de santé toujours chancelant, opéra de grands fruits parmi les populations de la Valteline, et dans les diocèses de Crémone et de Côme. La suppression de la Compagnie par Clément XIV l'atteignit comme un coup de foudre, au milieu de ses missions, et pendant plusieurs jours, il parut comme hors de lui d'étonnement et de douleur. Il ne cessa jusqu'à sa mort, qui arriva moins de cinq années après, de porter cette blessure au fond de son cœur.

En même temps, les épreuves intérieures les plus doidoureuses vinrent l'assaillir ; la pensée des jugements de Dieu et l'incertitude de son salut le jetaient dans des angoisses continuelles et inexprimables. Fidèle aux leçons de saint Ignace, Jean-Marie Mazzolari ne se laissait pas abattre ; il multipliait ses prières et ses pénitences. Tout à coup les nuages se dissipèrent, et le calme le plus profond se fit dans son cœur. Le serviteur de Dieu laissa éclater sa joie en actions de grâces ; mais il reconnut dans ce changement subit et inespéré l'annonce du prochain appel d'en haut. Il ne se trompait pas. Bientôt il fut saisi d'une fièvre violeute. Com- A. i. — ï. i. — 20.

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me on priait pour sa guérison : «Non, dit-il avec humilité, priez pour la rémission de mes péchés » ; et peu après, tenant sous ses yeux l'image de Marie, il expira doucement, emportant au ciel son innocence baptismale ; il était âgé de soixante-quatre ans.

Mazzolari, Comment, et Ellogia, p. 120-139. — Boero, Menol., 29 Genn., p. 540.

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