‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 58 sur 331 · XXX JANVIER. P. PIERRE CUTIONEI · texte numérisé non relu

XXX JANVIER. P. PIERRE CUTIONEI

Le trentième jour tle janvier de l'an 4618, le F. Coadjuteur Jean- Dominique Petrolino mourut dans la maison professe de Naples, à l'âge de quarante ans, dont il avait passé vingt-deux dans la Compagnie. II semblait n'avoir de force et de vie que pour être le serviteur de tous ses frères ; les étrangers eux-mêmes, qui le voyaient travailler, ne pouvaient s'empêcher de dire : « Assurément cet homme est un saint » ! Tout son repos était en Dieu seul. La fatigue de son emploi ne l'empêchait pas de jeûner au moins deux fois par semaine, le mercredi et le samedi. Il y joignait des rigueurs parfois extraordinaires, comme de se piquer avec des épines, ou de faire sentir à son corps le tourment du feu. Un jour dans sa dernière maladie, il supplia un de nos frères de vouloir bien offrir à son intention un certain nombre de prières et d'actes de mortification ; et comme celui-ci lui en demandait la cause : « C'est, répondit le P. Petrolino, pour obtenir enfin de Notre-Seigneur, durant le peu de temps qui me reste à vivre, la grâce d'un dépouillement absolu de ma propre volonté, et d'une parfaite conformité à tout ce qui peut lui plaire par rapport à moi » !

Santagata, Istoria délia Prov. di Napoli, t. 4, p. 80.

* Le trentième jour de janvier de l'an 1605, mourut à Messine, avant la fin de son noviciat, le P. Pierre Cutionei, modèle du plus touchant amour pour sa vocation. La délicatesse de sa santé avait une première fois contraint les supérieurs à le renvoyer dans

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le monde. Loin de s'en offenser, Pierre Cutionei assigna sur ses revenus une rente perpétuelle de deux cents écus d'or au noviciat de Messine, et dès qu'il eut recouvré quelques forces, il sollicita la faveur de reprendre les livrées de saint Ignace. A ceux qui s'efforçaient de l'en dissuader : « J'aime mieux, répondit-il, ne vivre qu'un moment et malade dans la Compagnie, que de passer ici une longue vie avec la santé la plus florissante ». Une maladie de langueur se déclara vers la fin de son noviciat, et mit rapidement sa vie en danger. La pensée de sa fin prochaine le fit tressaillir de joie. Assuré désormais de mourir enfant de la Compagnie, le P. Cutionei n'accueillait qu'avec tristesse les espérances de guérison dont les médecins essayaient de le bercer. Tout son bonheur était de parler du ciel. Enfin ses désirs furent comblés, et il alla se joindre dans la gloire à la Compagnie triomphante.

Litler. Afin. Socicl., aiin. I(i05, p. 16. — N,vd\si, Aniuis dier. meinorab. , 30* j'an. , p. 54.

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