‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 66 sur 331 · III FÉVRIER — I". JOSEPH BRACCHI · texte numérisé non relu

III FÉVRIER — I". JOSEPH BRACCHI

BoERO, Menol. , '.\ febbr. , /;. 67. — Corda.r\, Vita del P. Tomaso Ceva. — Mémoires de Trévoux, févr. 1738, p. 323-330. — de Latour, Traduct. du Jésus Enfant, Paris 1843, préface. — Sommervogel, Bibliothèque . . . , t. 1, p. 1015.

* Le troisième jour de février de l'an 1620, mourut à Novellara, dans la Province de Venise, le F. Joseph Bracchi, Coadjuteur temporel. Dans sa jeunesse, il avait été majordome d'une grande famille de Modène et ensuite camérier d'un cardinal. Au milieu de ces modestes fonctions, où il n'est pas rare de trouver beaucoup de fatuité, et même d'ambition, Joseph Bracchi avait gardé la simplicité et la modestie chrétienne, et bientôt désabusé du monde, il sollicita la faveur de servir Jésus-Christ dans la vie humble et mortifiée de la Compagnie. Reçu au nombre des Frères coadjuteurs, il ne se distingua des autres que par un plus granrl amour de la pauvreté et du renoncement. Nommé peu après compagnon du Maître des novices de Novellara, il redoubla de fei^veur et de diligence pour répondre aux intentions des supérieurs, et en vérité, dit l'auteur de son éloge, les novices avaient beaucoup à apprendre du F. Joseph. Sa vie était une continuelle immolation de lui-même par le travail et la pénitence. Mais les deux vertus sur lesquelles il insistait le plus comme particulièrement nécessaires dans la Compagnie, et qu'il ne cessait de recommander à temps et à contretemps, c'étaient l'indifterence et l'obéissance, la première, parce que avec elle la religion est un paradis, la seconde, parce que la voix des supérieurs est la voix même de Dieu ; il développait cette pensée si simple, avec une abondance et une vivacité d'images ({ui la

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gravaient profondément dans l'àme de ses jeunes auditeurs et leur en révélaient dans tout son éclat le mérite et la noblesse surnaturelle.

Nadasi, Ann. (lier, memorab., 3^ febr., p. 66. — Drews, Fasti Societ. Jes., 3a /èbr., p. 4(). — Patrignani, Menol.., 3 f'ebbr., p. 39.

Le troisième jour de février de l'an 1709 rappelle l'heureuse mort du P. Marc Gentile, de Bastia en Corse. Il était entré dans la Compagnie à l'Age de seize ans. Doué des plus heureuses qualités de l'esprit, il se distingua dans toutes les sciences et enseigna tour à tour avec un égal succès la rhétorique, la philosophie et la théologie. Mais il mettait les dons de la grâce et les vertus de renoncement et de sacrifice bien au dessus des talents naturels. Il ne tarda pas à en donner une preuve éclatante.

11 venait d'être appelé à la maison professe de Gênes, quand la peste, latente d'abord, se déchaîna tout à coup avec une telle violence, qu'en peu de temps elle fit périr jusqu'à soixante-dix mille personnes. Le P. Gentile s'offrit un des premiers à voler au secours de tant de malheureux ; mais pendant qu'il leur prodiguait tous les soins de sa charité, il fut atteint lui-même, et rapidement conduit aux portes du tombeau. Au moment de saisir la palme, son cœur s'émut à la pensée de tous ceux qu'il allait laisser sans secours, et avec un héroïque désintéressement, il fit le vœu, s'il plaisait à Notre-Seigneur de lui rendre la santé, de la consacrer de nouveau tout entière à leur service. Il fut exaucé, et fidèle à son engagement, il re-

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tourna plus vaillant (ju<' jamais au chevet des malades et des moribonds, et ne ([uitta poini son poste avant l'entière disparition du lléau.

Dieu récompensa même en ce monde le dévouement de son serviteur. A partir de ce moment, le P. Gentile jouit de la santé la plus parfaite, et jusqu'à la plus extrême limite de i'àge, malgré les fatigues d'une vie laborieuse, constamment occupée dans les exercices du zèle apostolique, il garda le plein usage de toutes les facultés de son esprit et de tous les sens de son corps; il s'éteignit de pure vieillesse, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, estimé et vénéré de tous comme un savant et un saint.

Patrignani, Menol., 3 febbr., p. 43.

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