‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 67 sur 331 · IV FEVRIER · texte numérisé non relu

IV FEVRIER

Le quatrième jour de février de l'an i6b5, mourut dans la maison professe de Rome, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, le P. Jean- Etienne Menochio, l'un des plus judicieux et des plus savants interprètes de l'Ecriture sainte, de l'aveu même des critiques les moins favorables à la Compagnie. Quelques rationalistes allemands, avec leur suffisance habituelle, se sont à peu près seuls permis de le traiter dédaigneusement ; mais ils ne lui en doivent pas moins, à lui et à quelques-uns de ses frères, en dépit d'une fierté si méprisante, beaucoup de leurs meilleures interprétations. Le P. Menochio fut bien loin cependant de consacrer à l'étude la plus grande partie de sa vie. Recteur du collège de Crémone, et à deux reprises différentes. Recteur du Collège Romain ; appelé à gouverner deux fois aussi tour à tour les maisons professes de Milan, de Gênes et de Rome ; Provincial do Milan, de Rome et de Venise ; nommé par la huitième et la neuvième Congrégation générale Admoniteur des Pères Vincent Caraffa et François Piccolomini, il ne cessa jamais de relire les Livres saints, dans les différentes langues de l'Orient aussi bien que dans la Vulgate, en suivant pour guides les grands docteurs de tous les siècles. C'est un simple abrégé de cette immense lecture que nous avons dans ses commentaires. Il

IV FÉVRIER. P. ACHILLli-MARlE AVOGADRO. 183

en" répandit à pleines mains les richesses dans d'antres ouvrages trop peu connus ; il prévint en particulier Bossuet dans la belle idée et dans la composition d'une Politique sacrée, empruntée à la parole de Dieu.

Mais le P. Menochio était en même temps, ajoute le P. Southwell dans son éloge, « un véritable enfant de la Compagnie » ; cherchant à ressentir dans sa vie de chaque jour et dans fout ce qui était à son usage, les effets de la pauvreté, ne perdant aucune occasion d'humiliation ou de pénitence, fidèle jusqu'à la fin aux saintes pratiques de ses premières années religieuses ; enfin, plein d'un souverain mépris pour lui-même, et d'une obéissance qui ne voyait dans ses supérieurs que la personne môme de .lésus-Christ.

SoTUELLUs, Biblioth. Scriplor. Soc. Jes. , /;. 504. — de Backek, Biblioth. des Ecriv. , V édit., t. 2, p. 407 — Glaire, Iiitroduct. aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament^ t. i, p. 518. — Tiraboschi, Slorin délia Lelter. ital. , t. 8, p. 155, e'dit. de Florence. — Me'nioires de Trévoux, de'c. 1719, p. à ; — avril 1720, p. 605 ; — mai 1721, p. 880 ; — nov. 1721, p. 1875. — MoRERi, Dictionn. histor.,au mot Menochius. — Biograp/i. univ. , t. 26, p. .313. — Nouvelle Biogr. ge'ne'r. , t. 34, p. 997. — Elmes Dupin, Biblioth. des Auteurs eccle'siast. , p. 17. — Crétineau-Jolv, Hist. de la Compagnie, t. 4, ch. 4, p. 234.

Le quatrième jour de février, Tan 1758, le P. Achille-Marie Avo- GADRO mourut à San-Luis du Maragnon, dans la mission du Brésil. Apôtre pendant vingt-quatre ans des tribus de ces immenses

184 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

contrées ou aumônier militaire des expéditions portugaises, le P. Avogadro avait attiré dans les anciennes réductions, ou formé en réductions nouvelles, jusqu'à seize mille sauvages, sortis à sa voix de leurs montagnes et de leurs forêts. H les cherchait, au péril de sa vie, avec une invincible patience, et leur gagnait le cœur par toutes les délicatesses de la plus maternelle charité. Huit mille d'entre eux avaient déjà reçu le baptême de ses mains, lorsque le premier orage parti de Lisbonne, et avant-coureur d'une ruine complète, vint disperser des nations entières gagnées avec tant de peines à Jésus-Christ. 11 dut se retirer alors au collège de San- Luis, où il passa, dans la charge de Père spirituel et de confesseur, les dernières années de sa vie, sans que les habitudes si différentes de l'apostolat au milieu des Indiens parussent avoir jamais interrompu son recueillement et sa parfaite régularité. Il mourut Agé de soixante-deux ans ; il en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

BoERo, Meiiologio, \ f'ehbr., p. 7S.

Page 1