‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 77 sur 331 · IX FÉVRIER. — P. MUTIUS VITELLESCHJ · texte numérisé non relu

IX FÉVRIER. — P. MUTIUS VITELLESCHJ

res du P. Cl.-uide, tentèrent, il est vrai, de s'opposer à ce choix; mais ils ne réussirent qu'à soulever contre eux l'indignation de toute la Congrégation générale , et il ne fallut rien moins que les prières et les larmes de leur nouveau Père pour les dérober aux plus sévères châtiments. Plusieurs d'entre eux, vaincus par sa douceur, et devenus même dans la suite ses amis les plus fidèles, vinrent lui demander pardon de leur indigne conduite ; mais dès qu'il les vit à ses genoux, il les releva, et les embrassant avec tendresse : « Mes bien-aimés Pères, leur dit-il ; aussi sincèrement que je prie le Seigneur d'oubliei- mes fautes, j'ai depuis longtemps tout oublié » !

CoRDAR.v, Histor. Soc. Jesu., part. G», lib. I, n. 'i, p. 13 el pussim. Cf. indicem sub titulo Mutius Vitelleschls. — Id. , part. 6», tom. posterior. lib. II, ti. 32, p. II et pnss. Cf. indic. , p. lil. — Patrignani, Menologio, 9 febbr. , p. 98. — Nadasi, Ann. dier. meniorab. , 9a febr. , p. 80. — Drews, Fasti Soc. Jes., 9» febr. , p. ô3. — Sotuellus, Biblioth. Script. Soc. Jes. , p. 620. — DE Backer, Biblioth. des Ecrivains, l"^* e'dit., t. 7, p. 382. — Aguilera, Histor. ProvincicV Siciil. , /. 2, p. 200, 2.5:;, 544. — Chéti- NEAU-JoLY, Hist. de la Compagn. de Jésus, t.'i, ch. 2, /^. 1^4; ch. 8, p. 371 et suiv.

* Le neuvième jour de février de l'an 1745 mourut à Montechiaro en Sicile, le P. Antonin Finocchio, homme apostolique dont la mémoire est encore en vénération. Après sa profession solennelle, il avait sollicité la grâce de se consacrer tout entier au ministère des missions. Pendant trente-cinq ans, il ne cessa de parcourir la Sicile, annonçant la divine parole, catéchisant les ignorants, ramenant à Dieu les pécheurs, déracinant les abus, faisant refleurir la

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piété et la fréquentation des sacrements. II faisait tous ses voyages à pied, un bourdon h la main et son mince bagage sur les épaules ; une nourriture grossière, un court sommeil sur une planche, de sanglantes flagellations, une oraison continuelle étaient les auxiliaires tout-puissants de sa parole, et préparaient d'innombrables conversions, fruits de son zèle.

La petite ville de Montechiaro, où la dévotion populaire vénérait une image de la très sainte Vierge, appelée Notre-Dame de Gulfis, était comme son quartier-général. C'est là que le P. Tinocchio venait prendre quelque repos après ses longues fatigues : c'est de là qu'il s'élançait à la conquête des âmes jusqu'aux extrémités de la Sicile ; c'est là aussi qu'il désirait dormir de son dernier sommeil, au pied de l'autel de sa Mère, en attendant la bienheureuse résurrection. Cependant son attente parut sur le point d'être trompée. Les Supérieurs, le voyant épuisé de forces, lui ordonnèrent de se rendre au collège de Mazara, pour y jouii" enfin de quelque repos. Nul sacrifice no pouvait lui coûter davantage; mais soumis avant tout à la volonté de Dieu, il se disposait à partir après avoir pris congé de Notre-Dame, quand une maladie soudaine l'arrêta de force. Le P. Finocchio l'accueillit avec amour et reconnaissance, comme le plus cher gage de la tendresse de Marie, et après quelques jours de soull'rances, pendant lesquels il ne cessa d'exhaler sa joie, sûr désormais de voir ses désirs exaucés, il remit son âme entre les mains de Dieu et de son aimable protectrice. 11 était dans la soixante-dix-huitième année de son âge et la soixante-et-unième depuis son entrée dans la (compagnie.

BoEHO, Menai., S) febr. . /). 172.

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