‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 91 sur 331 · XVIII FÉVRIER. — P. FRANÇOIS BRANCCACIO · texte numérisé non relu

XVIII FÉVRIER. — P. FRANÇOIS BRANCCACIO

en maison chercher ceux d'un âge plus avancé, que la négligence de leurs parents avait laissés en retard pour la première communion. II en trouva des milliers dans les bas quartiers de Naples ; et ce fut pour eux qu'il imagina le beau spectacle, jusqu'alors inconnu, d'une première communion publique. Gomme il était un jour au confessionnal, il vit approcher un petit enfant de quatre ou cinq ans ; l'appelant avec bonté, il lui demanda s'il aimait la sainte Vierge. Sur sa réponse affirmative : « Eh bien, reprit-il, récitez avec moi, en son honneur. Je vous salue, Marie ». L'enfant accepta ; mais après ces mots : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes », il s'arrêta subitement; et comme le saint confesseur l'invitait à dire encore : « Béni soit le fruit de vos entrailles., Jésus » ! « Ego sum Jésus ! Je suis Jésus ! » reprit l'enfant, et il disparut en le laissant dans l'extase et dans toutes les joies du paradis.

Mais la grande œuvre du P. Brancaccio fut le salut de la misérable population habitant le quartier del Mercato. Rien ne saurait donner, selon l'expression des témoins oculaires de ses travaux, une juste idée de cette sentine de Naples. Soixante-dix mille âmes y croupissaient dans la fange de tous les vices; et la superstition, la sorcellerie, l'abus des choses saintes semblaient rendre le mal encore plus désespéré. Le P. François seul ne désespéra de rien. A l'aide de quelques pauvres qu'il instruisit avec soin, et auxquels il communiqua peu à peu le zèle dont il était embrasé, pas une masure, pas un grabat ne se dérobèrent à la douce et victorieuse influence de la grâce. Parvenu enfin à l'âge de soixante-quinze ans, il trouva dans l'exercice même de l'apostolat auprès d'un mourant, par une froide nuit d'hiver, le germe d'une mort prochaine ; mais ses douleurs ne l'empêchèrent pas, tout le jour suivant, de confesser

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