VI JUILLET
Le sixième jour de juillet nous rappelle le dévouement et la mort du P. Martin Eliaszewicz et de cent cinquante-sept de nos Pères et Frères des Provinces de Lithuanie et de Pologne, qui, dans les années 1708, 1709 et 1710, sacrifièrent héroïquement leur vie au service des pestiférés. La liste de ces glorieuses victimes fut publiée à Rome pour perpétuer la mémoire de leur dévouement et en même temps, ajoute le P. Patrignani, pour exciter une sainte émulation dans l'âme des enfants de la Compagnie. Le nonce apostolique, Monseigneur Spinola, écrivit au Souverain Pontife une lettre où il faisait l'éloge de leur courage ; il en adressa une autre au Père Général, pour lui rendre grâces, en son nom et au nom de toute la ville, de leur incomparable charité.
L'un des principaux de cette généreuse troupe semble avoir été le P. Martin Eliaszew^icz, qui succomba des premiers à Varsovie le jour de l'octave des saints Apôtres Pierre et Paul. Il était à peine âgé de trente-neuf ans, dont il avait passé vingt-et-un en religion ; mais depuis longtemps déjà, un de nos Pères lui était apparu, par la permission de Dieu, lorsqu'il était encore jeune professeur de seconde au collège de Pinsk et lui avait annoncé tout ce qu'il aurait à souffrir de douleurs du corps et de l'âme,
avant d'obtenir la brillante couronne du martyre, et l'avait exhorté à ne pas faiblir sous la croix qu'il partagerait avec Jésus-Christ.
Summar. vilœ defunct. Provinc. Lithuan. (Arc/iiv. Rom.). — Poszakowski, Societ. Jcsu lithuan., p. 203. — Patrignani, Menol., 6 luglio, p. 57.
* Le sixième jour de juillet de l'an 16b6, mourut à Naples, oi^i il avait accompagné, en qualité de confesseur, l'ambassadeur du roi de Pologne, le P. Valentin Krzyzanski, né en Masovie. Il était âgé de quarante-quatre ans et en avait passé vingt-cinq dans la Compagnie. 11 succomba au fléau de la peste, qui fît à cette époque de si terribles ravages dans cette ville. Le P. Krz3^zanski avait joui dans sa Province d'une grande réputation d'orateur et d'homme apostolique, et recueilli partout des fruits abondants. Il attribuait ces bénédictions du ciel à une suite d'actes d'abnégation et de charité qu'il avait pratiqués pendant son cours de philosophie. Un des Pères du collège était malade. Valentin Krzyzanski s'offrit à être son infirmier. Mais souvent, quand il fallait le servir, il se sentait envahi par une horreur presque invincible ; toute sa nature se révoltait. Il la dominait cependant avec un courage surhumain et, s'approchant du malade, les traits épanouis, il lui prodiguait les soins les plus humbles comme s'il y avait trouvé ses délices, ou comme s'il avait contemplé de ses yeux la personne même de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Summar. vitae defunct. Provinc. Lithuan. {Archiv. Rom.}. — Posza.- KowsKi, Societ. lith., p. 467.