V JUILLET
Le cinquième jour de juillet mourut à Naples, en 1586, le Père Guillaume Good, né à Glastonbury en Angleterre, compag-non du pieux évêque d'Armagh, Richard Creagh, dans ses missions d'Irlande, puis du P. Possevin dans sa nonciature de Pologne et de Suède, et enfin confesseur au séminaire anglais à Rome, presque jusqu'à la fin de sa vie. Ce fut surtout dans ce dernier ministère que le P. Good rendit à l'Église des services signalés. Aussi en apprenant qu'il lui avait été confié, le pieux cardinal Allen avait-il fait éclater la joie la plus vive.
A Rome, selon le témoignage du P. Tanner, on disait qu'il était facile de reconnaître dans plusieurs autres séminaires des réunions de théologiens et de philosophes, mais que le séminaire anglais, sous la direction spirituelle du P. Good, était visiblement un séminaire de martyrs, où l'on s'exerçait dès l'enfance à vivre aussi saintement que l'on désirait mourir un jour pour Jésus-Christ. Le P. Good expira à l'âge de cinquante-neuf ans ; il en avait passé vingt-quatre dans la Compagnie.
MoRus, Histor. Provinc. anglic.^ lib. 1, n. 8, p. 13. — Sotuellus, Bi~ blioth., p. 314. — SoMMERVOGEL, Biblioth., t. 3, p. 1606. — Tanner,
Societ. Jesu apostol. imitatr., p. 210. — Drews, Fasti Socîet. Jesu, ^^ j'ul., p. 256. — FoLEY, Records, t. 4, p. kll ; t. 7, p. 307. — Oliver, Collections, p. 105. — Patrignani, Menol., 5 lugl., p. 48. — Allen, apud Oliver, /. c.
Le cinquième jour de juillet rappelle la sainte mort de deux grands serviteurs de Dieu, le P. Pierre Carlier de la Province de Belgique, et le P. Thomas Tasburgh, de celle d'Angleterre.
Le P. Pierre Carlier, après avoir gouverné pendant près de onze ans le collège de Valenciennes, était depuis trois ans Recteur de celui de Mons. Entre autres vertus, il se signalait par un amour extraordinaire pour les règles et les constitutions de saint Ignace ; il les lisait même sur son lit de mort, les regardant avec raison comme la source de toute perfection pour un jésuite. Il expira pieusement à Mons le 5 juillet 1606, à l'âge de cinquante-quatre ans, dont il avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.
II reste peu de détails sur le P. Thomas Tasburgh, né à Norfolk. Nous savons seulement qu'il remplit avec zèle les ministères d'un ouvrier apostolique dans les deux collèges des Saints-Apôtres et de Saint-Ignace, presque jusqu'à sa mort, arrivée en 1727 à Dublin; et que plus d'un siècle après. Dieu, pour attester la sainteté de son serviteur, glorifiait encore ses restes par de nombreux et éclatants prodiges. Le P. Tasburgh expira à l'âge de cinquante-quatre ans, dont il avait passé trente-six dans la Compagnie.
P. Pierre Carlier. — Litter. ann. Societ., anno 1606, p. 678. — Na- DAsi, Ann. dier. memor., 5 j'iil., p. 13. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. Ihk.
V JUILLET. — P. JEAN LUBECKI. 15
P. Thomas Tasburgh. — Foley, Records, t. 7, p. 762. — Oliver, Collections..., p. 203.
Le cinquième jour de juillet de l'an 1678, mourut à Polotsk le P. Jean Lubecki, d'une noble famille russe schismatique. Il en abjura les erreurs dès le temps de ses études ; et bientôt la vie de saint Stanislas, dont il s'efforçait d'imiter l'innocence et la piété, lui inspira le désir de renoncer à toutes les espérances du monde. Ne pouvant triompher des oppositions de sa famille, il prit les vêtements d'un villageois et ainsi déguisé s'enfuit dans la direction de Vilna. Bientôt poursuivi par des serviteurs de son père, il se réfugia près d'une étable au milieu de petits bergers qui le prirent pour un d'entre eux. Quand les cavaliers qui le cherchaient passèrent par là, ils demandèrent aux enfants s'ils n'avaient pas vu un jeune pèlerin fugitif; ceux-ci, ne se doutant de rien, répondirent qu'ils n'avaient vu personne.
Cependant le jeune homme ne devait pas en être quitte à si bon marché. Sans parler des rudes assauts livrés à sa vocation par tous les siens, il eut à repousser les attaques de quelques religieux qui n'hésitèrent pas à lui persuader d'abandonner la Compagnie pour un Ordre plus vénérable, disaient-ils, où il pourrait s'élever un jour à de plus hautes dignités. Mais tous leurs efforts échouèrent contre la fermeté de Jean Lubecki, dont l'unique désir était au contraire de trouver dans la vie religieuse l'humilité, le dénuement et la croix de Jésus-Christ. Tel fut en effet le caractère de toute sa vie. Au milieu même des fatigues de ses missions, il ne voulait d'autre lit qu'un sac de paille, sur lequel il dormait
tout habillé. Quand les séculiers, instruits de l'opulence de sa famille, lui témoignaient leur étonnement de voir le pauvre ameublement de sa cellule : « Soyez persuadés, leur répondait-il, que, dans vos demeures les plus somptueuses, vous ne goûterez jamais rien de comparable aux douceurs que procurent à mon âme ces murailles nues ». Le P. Lubecki mourut à l'âge de cinquante-neuf ans, dont il avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.
Summar. vit. defunct. Provinc. Lithiian. (Archiv. Rom.). — Poszakowski, Societ. Jesu lithuan., p. 519. — Patrignani, Menolog., i luglio, p. 6. — SoMMERVOGEL, BibUotli., t. 5, p. 135.