VII SEPTEMBRE
Le septième jour de septembre de l'an 1628, à Lancastre, le Vénérable P. Edmond Arrowsmith donna généreusement sa vie pour la défense de l'Eglise. Son père avait été lui-même un vaillant confesseur et était mort au fond d'un cachot, pour prix de sa fidélité à Jésus-Christ. Dès son enfance, le P. Arrowsmith avait aspiré aux plus rudes travaux des apôtres et à la gloire des nouveaux mart3Ts de sa patrie. Il s'était déjà signalé dans une célèbre discussion contre l'évèque de Chester ; les ministres du Lancashire, réduits au silence, demandaient hautement sa tête, lorsqu'il tomba entre les mains d'un des plus cruels ennemis du catholicisme, après cinq années seulement de vie religieuse.
Gomme le juge cherchait à l'intimider et se répandait en invectives contre la faiblesse et l'ignorance des prêtres romains : « Je ne crains ni ne refuse la discussion publique avec personne, lui répondit plein de calme le serviteur de Dieu. Que celui qui veut essayer se lève, je suis prêt à lui répondre ; et quand le moment sera venu, je signerai mes réponses de mon sang ». — « Et moi, reprit le juge furieux, je ferai en sorte que, vivant et respirant encore, tu voies tes entrailles arrachées et consumées dans les flammes devant tes yeux ». Et en effet il le condamna au supplice des
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traîtres, comme prêtre catholique, jésuite, séducteur du peuple, et coupable d'avoir enseigné que, hors de l'Eglise romaine, il n'y a point de salut. Deo grattas! répondit en latin, puis en anglais, pour être compris de tout le peuple, l'intrépide martyr de Jésus- Christ.
Alors on le chargea de chaînes si pesantes que ses gardiens durent le reporter eux-mêmes dans sa prison. Durant le peu de jours qu'il y avait déjà passés, les plus insignes malfaiteurs s'étaient sentis pénétrés pour lui de tant d'affection et de respect, qu'à l'annonce de sa sentence de mort, on entendit leurs cris de douleur jusqu'à une grande distance ; et dans toute la ville et même dans les cachots on ne put trouver un homme qui voulût à prix d'or ou pour recouvrer sa liberté faire l'office de bourreau. Enfin l'on parvint à grand'peine à découvrir un misérable déserteur qui, pour échapper au gibet, consentit à porter la main sur le martyr. Le P. Arrow^smith était âgé de quarante-trois ans, il en avait passé cinq dans la Compagnie.
P. Edmundi Arosmithœi e Soc. Jesii sacerdotis pro catholica flde Lancastrii in Anglia 28 aug. {veter. stylo) 1628 occisi, processus, condemnatio et mors, ex variis eoruni qui prœsentes f'uerunt Utteris excerpta (Menol. angl., Arc/i. Rom.). — Relatione del processo, condannatione e morte del P. Edmondo Arosmiteo, délia Compagnia di Giesù, nella città di Lancastria in Inghilterra alli 28 d'agosto (stilo veterej 1628 (Necrol. angl., Arch. Rom.). — Cordara, Histor. Societ. Jesu, part. 6=', lib. 13, p. 204 seqq. — Damianus, Synopsis Societ. Jesu, lib. 6, p. 320. — Tanner, Societ. Jesu militans, p. 99. — Alegambe, Mortes illustres, p. 384. — Morus, Histor. Province angl., lib. 10, p. 462. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 7^ sept., p. 151. — Andrade, Varones ilustres, t. 6, p. 175. — Patri- GNANi, Menol., 7 sett., p. 40. — Les divers Ménologes de la Compagnie. — Drews, Fasti, 7» sept., p. 348. — Foley, Records, t. 2, p. 24-74; t. 7,
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p. 18. — Oliver, Collections, p. 46. — Ca.ra.yon, Bibliogr. histor., n. 261 262, p. 28. — Challoner, Memorie, p. 673.
* Le septième jour de septembre de l'an 1677, mourut à Varsovie en se dévouant au service des pestiférés, le P. Kilian Wanatowicz, né en Masovie. Les fatigues d'un laborieux et difficile apostolat l'avaient préparé à ce suprême sacrifice. Ses études de philosophie et de théologie terminées à l'université de Wurtzbourg, il avait porté la bonne nouvelle aux populations d'Ostrolenka, dispersées dans les bois et menant une vie presque sauvage. Il fallait aller chercher ces pauvres gens au fond de leurs retraites et en faire des hommes avant de penser à en former des chrétiens. Comme c'était en grande partie les exactions de leurs seigneurs qui les avaient chassés de leurs maisons et contraints à chercher un refuge dans les bois, il obtint que leurs charges fussent allégées à l'avenir, et que pour le passé remise entière de leurs dettes leur fût accordée. Grâce à cette intervention bienveillante, ils s'enhardirent à quitter leurs forêts et à rentrer dans leurs villages déserts. Le P. Wanatowicz baptisa les enfants, ramena la pureté des mœurs dans les familles trop souvent déshonorées par des unions illégitimes, retira du schisme ou de l'hérésie une multitude d'égarés qui s'étaient laissé séduire, réduisit au silence les prédicants qui cherchaient à semer l'erreur, et rétablit la fréquentation ^es sacrements depuis longtemps tombée en désuétude.
Après cinq années passées dans cette rude mission, les supérieurs le rappelèrent à Varsovie. Son zèle ne fît que changer de théâtre.
Sans attendre le plein rétablissement de ses forces, il se remit au travail. Tout le jour, il était au confessionnal ou dans les prisons et les hôpitaux, ne pensant qu'à gagner des âmes à Dieu. Lorsque la peste se déchaîna sur Varsovie, il fut le premier de tous à s'offrir. Pendant un mois entier, il alla tous les jours s'enfermer jusqu'au soir dans le lazaret établi en dehors de la ville ; et c'est là, dans l'exercice de son héroïque ministère, que le P. Wanatowicz tomba glorieusement à l'àge de quarante-six ans, dont il avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Lithuan. (Arc/i. Rom.). — Posz.v- KowsKi, Societ. Jes. lithuan., p. 867. — P.vtiugnani, Menol., 22 nov., p. 164.
* Le septième jour de septembre de l'an 1768, mourut à Oruro, dans la Province du Pérou, le P. Ignace Chômé, que les édits du roi d'Espagne avaient chassé des missions du Paraguay, où pendant trente-neuf ans il s'était dépensé au salut des Indiens. Il était né à Douai en Flandre ; à dix-huit ans, il s'enrôla sous la bannière de saint Ignace. Son ardeur à l'étude, ses rares talents, sa connaissance des langues inspirèrent d'abord aux supérieurs la pensée de de l'adjoindre au collège des Bollandistes. Mais sans vouloir se dérober à la direction de l'obéissance, le jeune religieux nourrissait d'autres projets ; il brûlait du désir d'aller annoncer le nom de Jésus-Christ aux peuples de la Chine. Cependant, lorsque le Père Général Ange Tamburini, confident et juge de ses pieux desseins, lui assigna les plaines du Paraguay pour théâtre de son apostolat, il