XII SEPTEMBRE. P. EUSTACHE REMIGII
* Le douzième jour de septembre de l'an 16o5, mourut au collège d'Olmutz, dont il était Recteur, le P. Eustache Remigii, né à Liège. Il était âgé de cinquante-sept ans et en avait passé trente-cinq dans la Compagnie. Recteur et Instructeur des Pères de troisième probation, il ne recommandait rien tant que l'observation de notre Institut, et en gardait lui-même les moindres prescriptions avec une extrême fidélité. II était l'ennemi déclaré de toutes les inclinations de la nature, très adonné à l'oraison et d'une égalité d'âme que rien n'altérait.
Mais sa vertu dominante semble avoir été la charité. Partout où il passa, il en laissa, dit l'auteur de sa notice, d'éclatants témoignages. La peste s'était, déclarée à Olmutz et avait frappé plusieurs religieux du collège. Le P. Remigii se fit leur infirmier ; et comme on l'engageait à ne pas s'exposer et à se conserver pour les autres : « Non, non, répondit-il, c'est le devoir du supérieur de ne pas abandonner les siens et^ à l'exemple du bon Pasteur, de donner sa vie pour eux ». Généreuse protestation qui n'était pas seulement sur ses lèvres, mais jaillissait de son cœur, comme on le vit bientôt. En effet, il fut atteint par la contagion en visitant le F. Melchior Robelius et en entendant la confession d'un pestiféré ; il expira peu de temps après, l'âme inondée de joie et le nom de Jésus sur les lèvres. Or, au lendemain de sa mort, on trouva pai-mi ses papiers l'héroïque offrande c[ue le saint Recteur avait faite de sa vie le jour de l'Assomption pour sauver celle de ses frères.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Bohem. (Arc/i. Rom.).
* Le douzième jour de septembre de l'an 1658, mourut en prédestiné à Saint-Omer le F. Antoine Ignace Moenens, Scholastique, régent d'une classe de grammaire. 11 était en si haute réputation de sainteté c[u'on se partagea comme des reliques les objets qui avaient été à son usage. Novice à l'âge de dix-neuf ans, après une enfance très pieuse, il fut aussitôt le modèle de ses compagnons. Son seul aspect, dit l'auteur de sa notice, avait quelque chose de céleste et de divin qui portait à la vertu. Sa conscience était si pure que, pour offrir matière à absolution, il devait s'accuser de quelques légers manquements commis dans ses premières années. Comme saint Jean Berchmans, il faisait profession d'être prêt à mourir plutôt que d'enfreindre la plus petite de ses règles.
11 avait un immense désir de la perfection : a J'appartiens à Dieu, disait-il souvent ; je veux qu'en moi tout soit à Dieu ». Aussi avait-il déclaré une haine implacable à tout ce qui aurait pu le détourner de Dieu. 11 se traitait avec tant de rigueur que l'obéissance dut mettre un frein à ses pieux excès. Il aspirait à porter l'Evangile aux nations barbares, à répandre son sang pour le nom de Jésus-Christ. 11 avait fait le vœu de défendre l'Immaculée Conception de la très sainte Vierge. Le F. Moenens semblait avoir le pressentiment que sa carrière serait courte ; et il s'efforçait de compenser le petit nombre des années par l'ardeur de ses désirs et la perfection de toutes ses œuvres. Il mourut après cinq années seulement de vie religieuse, à l'âge de vingt-quatre ans.
Summnr. vitse defunct. Prov. gall.-belg. (Arch. Rom.). — Vita (ms.j. Antonii Moenensii junioris, e Soc. Jcsu religiosi, pp. 222 [Cf. Notes du P. DE Guh.hermyJ.