XIII SEPTEMBRE
Le treizième jour de septembre de l'an 1647, le P. Guillaume BoYTON, irlandais, fut massacré avec tout son troupeau, en haine de la foi, par les soldats de Gromwell. Trois cents braves habitants de Cashel s'étaient retirés dans l'église de Saint-Patrice, avec une multitude de vieillards, de femmes et d'enfants ; les hérétiques victorieux, au nombre d'environ sept mille, leur offraient la vie et la liberté s'ils voulaient livrer leurs prêtres. Ils répondirent qu'ils aimaient mieux mourir. Le P. Bojton tomba sanglant au pied de l'autel après avoir donné l'absolution à ces généreux chrétiens et ne cessa, jusqu'au dernier souffle de sa vie, de les animer à demeurer fidèles à Jésus-Christ.
Tanner, Societ. Jesii inilitans, p. 135. — Alegambe, Mortes illustres, p. 656. — Nadasi, Ann. dier. memor., IS'^ sept., p. i62. ■■ — Patrign.\ni, Menol., 13 sett., p. 101. — Drews, Fasti, VZ^ sept., p. 358. — Foley, Records, t. 7, p. 76.
* Dans le courant du mois de septembre de l'an 1596, mourut au collège d'Ypres le P. Pierre Dicher, de Courtrai, homme d'une
vertu éminente, mais surtout d'un zèle et d'une douceur admirables. Il n'avait point de plus grande joie que d'aller annoncer la parole de Dieu aux habitants des bourgades et des campagnes, sans nul souci de la fatigue et des privations. Il tomba un jour entre les mains d'une bande de pillards hérétiques, qui rançonnaient le pa3^s et jetaient partout l'épouvante. 11 sut si bien gagner ces êtres farouches par sa mansuétude, qu'il les changea en d'autres hommes. Non seulement il ne reçut d'eux aucun mauvais traitement, mais il eut toute liberté de vaquer à ses devoirs religieux. Il entreprit même de leur faire le catéchisme, et il avait l'espérance fondée de les convertir et de les réconcilier tout ensemble avec l'Eglise et avec la puissance civile, quand l'un d'eux, plus endurci que les autres, rompit brusquement les conférences commencées et] entraîna ses compagnons dans leur ancienne vie de désordres et de brigandages. Arrêtés peu de temps après par les gens de justice, ces malheureux furent condamnés à mort. Le Père Dicher alla les visiter dans leur prison, et cette fois, tous sans exception, cédèrent aux exhortations de son zèle. Il les assista sur l'échafaud et eut la consolation de les voir mourir repentants de leurs crimes et enfants soumis de l'Eglise catholique.
Le P. Dicher fut emporté par une mort prématurée, à l'Age de trente-huit ans, dont il avait passé douze dans la Compagnie.
Hhtor. ms. collegii Soc. Jesu in urbe Yprensi conditi anno Chrîsti 1585 (Arc/i. Rom.). — Litter. ann. Societ., anno 1596, p. 335.