‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 161 sur 356 · XXIV SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXIV SEPTEMBRE

* Le vingt-quatrième jour de septembre de l'an 1626, mourut à Courtrai sa patrie le P. Gérard Kerchove, d'une famille entièrement dévouée à la Compagnie. Pour ne pas interrompre le cours de ses aumônes, sa pieuse mère, malgré le poids de l'ilge et des infirmités, continua longtemps encore à s'occuper des affaires de son négoce, et elle en abandonnait le gain au collège de Courtrai. Le P. Gérard Kerchove hérita de cette libéralité pour les autres et de cette sainte rigueur à l'égard de soi-même. Il était pauvre dans ses vêtements et tout ce qui touchait à sa personne. Par respect pour le bien de Dieu, il veillait avec un soin extrême à ne laisser rien perdre, pas même une épingle ou un clou ; inais en même temps, il avait toujours la main ouverte pour donner aux malheureux.

Les riches, loin d'être détournés par ces dehors humbles et presque misérables, se sentaient au contraire attirés vers lui ; tous voulaient l'avoir à leur lit de mort pour les aider à paraître devant Dieu. Le P. Kerchove termina glorieusement cette vie d'abnégation par le mart3Te de la charité au service des pestiférés. Il

était âgé de soixante-quatre ans, dont il avait passé quarante-deux dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunct. Provinc. flandr.-belg. (Arch. Rom.).

* Le vingt-quatrième jour de septembre de l'an 1654, mourut à Cambrai, où il était né soixante-cinq ans auparavant, le P. Pierre Heraughier, religieux d'une admirable pureté de cœur et d'une très profonde humilité. Des quarante-quatre années qu'il vécut dans la Compagnie, il en consacra trente-sept, dont trente-deux de suite au collège de Cambrai, à l'enseignement de la grammaire, sans se relâcher un seul jour de sa première ardeur et de sa diligence à faire avancer ses élèves à la fois dans la science et la piété.

11 s'était engagé par vœu à remplir toute sa vie ce ministère pénible, à moins qu'il ne plût aux supérieurs d'en disposer autrement ; et, ajoute l'auteur de sa notice, ce qui témoigne d'une vertu non commune, c'est que le P. Heraughier prononça ce vœu dans un temps où un autre moins humble aurait perdu courage, c'est-à-dire dans le moment même, où par suite de je ne sais quelles plaintes du préfet des classes, il paraissait moins bien vu des supérieurs et avait encouru des reproches pénibles de leur part. Dieu le récompensa de sa générosité. On l'entendit bien des fois affirmer dans la suite, qu'à partir de ce jour il n'avait jamais trouvé les classes trop longues ni éprouvé un seul moment d'ennui.

Summar. vitœ defunct. Provinc. gall.-belgic. (Arch. Rom.J.

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