XXV SEPTEMBRE
. * Le ving-t-cinquième jour de septembre de l'an 1625, mourut à Anvers sa patrie le P. François Schott, victime à l'âge de vingthuit ans de son dévouement au service des pestiférés. Il avait, presque dès son enfance, fait le vœu d'entrer dans la Compagnie, et sa pieuse mère n'avait elle-même point de plus ardent désir que de voir son fils sous les livrées de saint Ignace. Cependant le jeune homme dut attendre longtemps et il lui fallut en quelque sorte forcer la porte du noviciat par ses prières et son importunité. II vécut dix années seulement parmi nous.
La peste s'étant déclarée à Anvers, le P. François Schott sollicita la faveur de se dévouer au service des malades. Comme les supérieurs hésitaient à l'exposer au péril et le faisaient attendre de jour en jour, il en conçut une si vive tristesse qu'il tomba dans un état de langueur et d'accablement. A peine eut-il obtenu la permission si ardemment désirée, qu'il parut renaître ; on vit celui qui tout à l'heure pouvait à peine se traîner courir d'un bout de la ville à l'autre pour assister les moribonds. Un jour il venait de frapper à la porte d'une pauvre demeure. Personne ne lui répondant, le P. Schott dresse une échelle contre le mur et pénètre par la fenêtre dans la maison ; il y trouve une famille en proie à
la contagion et luttant contre la mort. 11 console ces malheureux, leur distribue les secours de la religion et les prépare à paraître devant Dieu. Mais ses forces étaient moindres que son courage : il succomba bientôt sous le poids des fatigues, et expira plein de joie d'avoir été jugé digne de soufTrir et de mourir pour ses frères à l'exemple de Jésus-Christ.
Sunimar. vitx defunct. Provinc. flandr.-belg. (Arch. Rom.). — Ale- GAMBE, Heroes et Victimse,..., p. 258.