XXVII SEPTEMBRE
Le vingt-septième jour de septembre de l'an 1606, mourut saintement à Ingolstadt après quarante-trois années de travaux au service de Dieu le P. Thierry Canisius, digne de son bienheureux frère. Nommé par le P. Lainez Recteur du collège de Munich, il y avait fondé, entre autres œuvres de zèle, le pensionnat des étudiants pauvres, où ceux qui n'auraient pas eu de quoi vivre trouvaient au moins leur nourriture et un abri. On sait les immenses services que de semblables institutions rendirent à l'Église, surtout en Allemagne et en Bohême, et combien de grands hommes, de religieux et même de martyrs, eu sont sortis. Le P. Thierry Canisius avait aussi travaillé quelque temps au salut des âmes à Lucerne, pendant que son frère fondait le collège de Fribourg ; aussi dans les cantons catholiques étaient-ils appelés les flambeaux de la Suisse, et réunis par le peuple dans une commune bénédiction.
Dieu permit qu'ils s'éteignissent en même temps l'un et l'autre, quoique d'une manière bien différente. Au moment où la nouvelle de la mort du bienheureux P. Pierre parvint à Lucerne, le P. Thierry fut frappé d'une attaque d'apoplexie et tomba dans une sorte d'enfance, qui ne lui laissa pas même le souvenir des lettres
de l'alphabet et de son propre nom ; il perdit en même temps l'usage de la parole, et sa langue enchaînée ne sut plus prononcer distinctement que les deux noms de Jésus et de Marie. Loin de le soulager en cet état, ses frères ne faisaient souvent qu'aggraver ses souffrances, faute de pouvoir comprendre ses signes ; c'est ainsi qu'un jour on lui arracha une dent, avec des douleurs extrêmement vives, pour n'avoir pu deviner que son mal était une inflammation au fond de la bouche. Le saint malade paraissait se consoler de ses douleurs en faisant presque à chaque instant le signe de la croix ; et lorsqu'au bout de huit années, il alla recevoir la couronne de son héroïque patience. Dieu, pour faire éclater la grandeur de ses mérites, permit qu'une croix miraculeuse demeurât gravée sur son front. Le P. Thierry Canisius était âgé de soixante-quatorze ans ; il en avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.
S.vccHiNUs, Histor. Socîet., lib. 5, n. 161, p. 200. — Juvencius, Histor. Sociel., part. 5*, lib. 24, § 48, p. 841. — Litter. ann. Socîet., ann. 1606, p. 374. — Radeuus, Bavaria pin, p. 148. — Histor. Provinc. Gerinan. Super., t. 1, p. 58; t. 2, p. 269; t. 3, p. 289. — Nierembeug, Varones ilustres, t. 6, p. 37. — Nad.vsi, j{nn. dier. memor., 27* sept., p. 187. — Pathignani, Menai., 27 sett., p. 234. — Drews, Fasti..., 27* sept., p. 'ill .
* Le vingt-septième jour de septembre de l'an 1612, mourut dans la maison professe de Cracovie le P. Pierre Skarga, de Grodziec en Masovie. Le P. Nadasi n'hésite pas à le mettre au premier rang parmi les plus illustres prédicateurs de son siècle en Pologne. Pourvu de bonne heure d'une cure et d'un canonicat, Pierre