‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 165 sur 356 · XXVII SEPTEMBRE. — P. PIERRE SKARGA · texte numérisé non relu

XXVII SEPTEMBRE. — P. PIERRE SKARGA

Skarga s'en démit au bout de quelques années, afin de se livrer sans réserve au ministère de la parole. Il y recueillit des fruits considérables. Mais la pensée que sa vie n'était pas pleinement d'accord avec ses enseignements, qu'il prêchait le renoncement au monde et à toute chose, sans le pratiquer lui-même, ne cessait de le poursuivre et le couvrait de honte. Pour échapper aux reproches de sa conscience, il résolut de se dégager de cette brillante situation, et partit pour Rome afin d'y solliciter son entrée dans la Compagnie.

Admis au noviciat de Saint-André par saint François de Borgia, il se livra de toute l'ardeur de son Ame à l'œuvre de sa perfection, et revint ensuite en Pologne, prêt à tous les ministères de sa vocation. Peu de religieux ont mieux mérité de l'Eglise et de la Compagnie. 11 fonda ou agrandit les collèges ou missions de Jaroslaw, de Riga, de Dorpat et de Polotsk, pour opposer une barrière aux invasions du schisme et de l'hérésie ; il fut le confîdent et l'ami du pieux roi Etienne Bathori et de son successeur Sigismond 111, qui le retint à sa cour pendant vingt-quatre ans comme son prédicateur. En même temps, par ses écrits, ses discours et surtout l'exemple de ses grandes vertus, il soutenait les droits et l'honneur de la foi romaine, et faisait de nombreuses et éclatantes conquêtes parmi les dissidents. Ce n'était pas seulement par un travail assidu, c'était au prix de ses larmes, de ses prières et de son sang que le P. Skarga achetait ces victoires et sauvait les âmes. On a trouvé dans ses notes intimes la longue liste des flagellations qu'il s'infligeait pour attirer les bénédictions de Dieu sur chacun de ses ouvrages et chacune de ses prédications. Cellesci étaient d'une perfection si achevée, que plu§ d'un siècle après, A. G. II. — T. II. — 35.

elles excitaient encore la même admiration, au témoignage du P. Jean Drews, et que chaque année on les entendait lire au réfectoire sans se lasser jamais, dans toutes nos maisons de Pologne.

Au milieu de ces occupations, le P. Skarga trouvait encore du loisir pour fonder des congrégations, instituer des œuvres de charité à Lublin, Vilna, Varsovie, Gracovie, et même s'occuper aux plus humbles travaux des Frères Goadjuteurs. Gependant il souffrait avec peine son éloignement de ses Frères et fatiguait le prince Sigismond de ses instances pour obtenir la cessation de ce qu'il appelait son exil. Revenu dans la maison professe de Gracovie, qu'il avait gouvernée autrefois, il ne pensa plus qu'à se préparer à la mort. Animé d'une tendre dévotion envers la très sainte Vierge, il avait fait porter à un sanctuaire de cette bienheureuse Mère un cierge façonné de ses propres mains. Or au moment même où le cierge achevait de se consumer, le P. Skarga s'éteignit aussi lui-même, à l'Age de soixante-seize ans, dont il avait passé quarante-quatre dans la Gompagnie.

JuvENCius, Histor. Societ., part. 5* , lib. 25, § 17, p. 878. — Litter. ann. Societ., ann. 1612, p. 453. — Diarium domus professée Cracov., t. 3, p. 72 seqq. — Rostowski, Lituanicarum S. J. Hisloriar..., edil. Mahtinov, lib. 16, p. 227 seqq. — Sotuellus, Biblioth., p. 699. — Som- MEHVOGEL, BibUotk., t. 7, p. 1264. — Patiugnani. Menolog., 27 sett., p. 236. — Nadasi, Ann. dier. meinorab., 27=" sept.^ p. 187. — Drews, F asti Societ., 27» sept., p. Zll . — Vita (ms.) P. Pétri Skarga S. J., in- 4", pp. 23 (Arc/i. Rom.). — Elogium R. P. Pétri Scarga (Arck. Rom.). — Guidée, Menai., 27 sept., p. 307. — Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie de Jésus, t. 2, ch. 6, p. 305.

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