‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 166 sur 356 · XXVII SEPTEMBRE. P. THOMAS JENISON · texte numérisé non relu

XXVII SEPTEMBRE. P. THOMAS JENISON

* Le vingt-septième jour de septembre de l'an 1665, mourut à Bois-Ie-Duc au service des pestiférés le P. Jérôme Van Suerck, d'une famille d'Anvers profondément chrétienne. 11 se donna à Dieu dans la Compagnie avant l'âge de quinze ans, et par son exemple entraîna successivement ses six frères plus jeunes que lui sous l'étendard de saint Ignace. 11 se signala par un zèle ardent du salut des âmes et une suavité de cœur incomparable. « Qui cedit, vincit ; céder à propos, c'est vaincre », était sa maxime. . Il gouverna les collèges d'Alost et d'Anvers et exerça longtemps le saint ministère à Hoorn, Leyde et Bois-le-Duc. Les hérétiques eux-mêmes étaient comme séduits par la douceur et l'aménité de ses manières, et ne pouvaient s'empêcher de l'aimer et de le vénérer. Lorsque le P. Jérôme Van Suerck mourut, à l'âge de cinquante-huit ans, victime de son héroïque charité, le Vicaire apostolique de la Hollande déclara hautement que la mission venait de perdre un homme presque sans égal à ses yeux.

Nadasi, a lin. dier. mei7wr., 27^ sept., p. 188. — Alegambe, Heroes et Viclimœ..., p. 505. — Patrignani, Menol., 27 sett., p. 240. — Ménol. holland., 27 sept.

* Le vingt-septième jour de septembre de l'an 1679, le P. Thomas Jenison mourut de misère et d'épuisement au fond des cachots de Newgate à Londres. Il était né dans l'hérésie ; mais entré un jour dans une chapelle catholique, il fut vivement frappé à la vue de l'autel et des saintes images, et se sentit comme invinciblement

attiré vers une religion qui parlait si divinement au cœur et aux yeux ; il se fît instruire et embrassa la vraie foi. Bientôt, pour mieux sauvegarder les intérêts de son Ame, il abandonna à son frère un riche héritage et passa sur le continent ; il suivit les classes du collège de Saint-Omer et, à vingt ans, couronnant son sacrifice, s'enrôla sous la bannière de saint Ignace. Douze années plus tard, armé, comme il convient à un apôtre, d'une science solide et d'une vertu à toute épreuve, il revint en Angleterre.

La persécution rallumée contre les catholiques, à la suite du complot imaginé par Titus Oates, arrêta brusquement ses travaux. Le P. Jenison fut saisi par le misérable calomniateur lui-même, et jeté comme un malfaiteur dans la prison de Newgate. Il y languit une année entière, confiné seul dans un obscur cachot, sans communication avec ses amis et avec les hommes. Mais au milieu de sa solitude et de privations de toute nature, le captif surabondait de joie. Telle était parfois l'impétuosité des consolations dont son âme était inondée, qu'on l'entendait s'écrier comme hors de lui : « Oh ! qu'il est bon, oh ! qu'il est doux de souffrir pour Jésus-Christ » ! Enfin la mort vint briser ses chaînes, et le P. Jenison se reposa dans le sein de Dieu, à l'âge de trente-six ans, dont il avait passé seize dans la Compagnie.

Summar. vus; de f une t. Prov. Angl. (Archiv. Rom.}. — Brevis relatio felicis agonis..., p. 80. — Foley, Records, t. 5, p. 614 ; t. 7, p. 401. — Oliver, Collections..., p. 122.

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