‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 200 sur 356 · XVIII OCTOBRE. — P. ADRIEN ADRIAENSENS · texte numérisé non relu

XVIII OCTOBRE. — P. ADRIEN ADRIAENSENS

travailla plus efficacement encore à la gloire de Notre-Seigneur, en embrasant ses compagnons du feu qui le dévorait, pendant les deux dernières années de sa vie. Dix hommes, disent les relations de ses travaux, n'auraient pu suffire à tout ce que l'amour de Jésus-Christ et des âmes lui faisait porter avec joie ; et cependant, quand il succomba sous le poids de tant de travaux, il n'était âgé que de trente-huit ans, dont il n'avait passé que cinq dans les Indes et sept à peine dans la Compagnie.

Orl\ndinus, Histor. Societ., lib. 13, n. 75, p. 323 et passim. — Bar- TOLi, Degli uomini e de' fatti délia Compagnia...^ t. 2, p. 45, 172, 187. — 1d. , Yita del P. Gasparo Berzeo. — Sotuellus, Biblioth., p. 273. — SoMMERVOGEL, BibUoth., t. 1, p. 996. — Fraivco, Imagem da virlude em o noviciado de Coimhra, f. 2, p. 327. — Sousa, Oriente conquistado, t. 1, p. 741. — NiEREMBERG, Vùrones ilustres, t. 2, p. 136-186. — D'Oul- TREMAN, Tableaux des personnages signalez, p. 94-99. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten, p. 9-42. — Imago primi saeculi^ p. 224, 336. — Carayon, Bibliographie historique de la Compagnie, n. 1511-1514, p. 215. — Nadasi, Annus dier. .., i8^ octob., p. 229. — Drews, Fasti..., 18a oct., p. 407. — Patrignani, Menol., 18 ottob., p. 132. — Les divers Me'nologes de la Compagnie. — Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie, t. 1, ch. 4, p. 185.

* Le dix-huitième jour d'octobre de l'an 1580, mourut à Louvain le P. Adrien Adriaensens, d'Anvers, une des premières conquêtes du P. Corneille Wischaven. Par l'innocence de sa vie, sa candeur, jointe à une grande prudence et à une profonde humilité, il mérita que notre Bienheureux Père lui donnât le nom d'ange et lui confiât les jeunes religieux de la Compagnie, qui suivaient les cours

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de l'université de Louvain. En 1551, sept années seulement après son admission, le P. Adriaensens, par ordre de saint Ignace, fît sa profession solennelle entre les mains du chancelier de l'université, Ruard Tapper. Le célèbre docteur saisit avec empressement cette occasion pour faire un éloge magnifique de la Compagnie, la jeune milice qui venait d'entrer au service de l'Eglise. Dans sa pensée, cet éloge était aussi une réparation pour les injustices et même les violences, dont le nouveau profès avait été victime de la part de plusieurs docteurs et membres du clergé, qui ne voyaient pas de bon œil son influence dans la chaire et au tribunal de la pénitence, et ne pouvaient lui pardonner d'avoir enrôlé sous son drapeau un si grand nombre de jeunes gens d'élite. En effet, le Père Adriaensens était doué d'une grâce particulière pour arracher les âmes aux vanités du monde et leur inspirer le désir d'une vie parfaite. Parmi les recrues qu'il fit alors, on cite les PP. François Coster, Pierre Espiga, Théodore Gerardi, Thierry Canisius, frère du bienheureux, tous hommes de doctrine autant que de vertu.

La patience du P. Adriaensens au milieu de ses épreuves avait produit, parmi ceux qui en avaient été témoins, une profonde et salutaire impression ; sa réputation s'en était accrue, et les intérêts mêmes de la Compagnie en avaient tiré du profit. Un riche seigneur l'emmena un jour chez lui et le fit asseoir à sa table avec quelques gentilshommes. Après le repas, il le prit familièrement à part : « Père Adrien, lui dit-il, savez-vous pourquoi j'ai voulu vous avoir aujourd'hui ? C'est à cause de votre insigne patience au milieu des contradictions que vous avez eu à supporter. Cette patience m'a ravi le cœur et confirmé définitivement dans ma résolution de constituer un fonds stable pour votre collège.

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