‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 230 sur 356 · II NOVEMBRE. P. NICOLAS NUGENT · texte numérisé non relu

II NOVEMBRE. P. NICOLAS NUGENT

par sa noblesse et sa piété. Lorqu'il était encore petit enfant, il entendit un jour son frère aîné dépeindre avec animation la malice du péché mortel ; ces paroles firent une si vive impression sur son esprit que dans toute sa vie il ne commit jamais aucune faute grave. Il fit son noviciat à Rome, sa théologie à Evora, et revint ensuite en Irlande, où l'appelait depuis longtemps le désir de se consacrer au service de ses compatriotes. Mais il ne tarda pas à être découvert et fut jeté dans une des prisons de Dublin, en compagnie des plus vils malfaiteurs. Aux souffrances de cet odieux contact, le vice-roi d'Irlande ne craignit pas d'ajouter ses importunités ; affectant pour le captif une profonde compassion, il osa bien lui proposer une apostasie. Le serviteur de Dieu répondit avec une noble fierté : « C'est Votre Excellence qui est digne de compassion ; je la plains d'avoir abandonné la foi de ses ancêtres pour les fausses doctrines des novateurs ».

La captivité du P. Nugent se prolongea quatre années entières. Il employa ce temps à soutenir le courage des catholiques, détenus avec lui pour leur religion, et à composer de pieux cantiques qui devinrent populaires parmi les Irlandais. Remis en liberté, le confesseur de Jésus-Christ reprit ses travaux apostoliques et les continua près de trente ans, avec un zèle et des fruits auxquels le Père Général Goswin Nickel rendit plus tard un solennel hommage. L'occupation de l'Irlande par Cromwell le força de s'expatrier. Il retourna en Portugal et dépensa ce qui lui restait de forces au bien des âmes, entouré des témoignages de la vénération universelle. Plusieurs assuraient avoir obtenu par son entremise des grâces extraordinaires de guérison ; quand il eut rendu le dernier soupir, le peuple et la noblesse de Porto demandèrent

à l'envi de ses reliques. Il était âg-é de soixante-dix ans et en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

Nadasi, Ann. dier..., 22» nov., p. 288. — Drews, Fasti..., 22* nov., p. 458. — Franco, Synopsis annal. S. J. in Lusit., p. 315. — Patri- GNANi, Menol., 2 nov., p. 14. — Foley, Records^ t. 7, p. 554, et append., p. 20. — Oliver, Collections^ p. 260.

* Le deuxième jour de novembre de l'an 16G1, mourut à Anvers, sa patrie, le F. Daniel Seghers, Goadjuteur temporel, connu sous le nom de peintre des fleurs. A la mort de son père, il avait dû, très jeune encore, suivre sa mère en Hollande, et celle-ci l'avait fait élever dans le luthéranisme, qu'elle professait elle-même. Bientôt l'enfant manifesta un goût et des dispositions rares pour la peinture. Jalouse de les seconder, sa mère le ramena à Anvers et le conduisit chez les meilleurs artistes. En entrant dans l'atelier de Jean De Breughel, célèbre paysagiste : « Mère, dit-il, laissez-moi ici ; ce genre me plaît ». Jean de Breughel et ses enfants étaient par dessus tout des chrétiens d'une foi sincère et pratique. Dans ce commerce intime et journalier, Daniel Seghers vit ses préjugés d'éducation tomber peu à peu et, la lumière de la grâce achevant de l'éclairer, il abjura l'erreur et entra dans l'Eglise romaine. Quelques années plus tard, à l'âge de vingt-quatre ans, il sollicita et obtint son admission dans la Compagnie de Jésus.

Sous le vêtement des Frères Coadjuteurs, il continua de cultiver le beau talent qu'il avait reçu de Dieu, et se fit un nom au milieu de cette pléiade d'artistes qui illustraient alors les Flandres. Ru-

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