‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 247 sur 356 · XI NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XI NOVEMBRE

* Le onzième jour de novembre de l'an 1626, mourut à Gand, avec la réputation d'un saint religieux, le F. Henri Hoeymaker, né à Bruges. Il avait reçu une éducation libérale et parcouru toute la carrière des lettres humaines ; il avait aussi étudié l'architecture, et s'y était rendu fort habile. Cependant lorsqu'il se présenta pour entrer dans la Compagnie à l'âge de vingt-cinq ans, il sollicita et obtint la grâce de partager le genre de vie des Frères Coadjuteurs. Il en pratiqua toutes les vertus avec une perfection peu commune, l'humilité, le recueillement et l'union à Dieu, l'abnégation, l'obéissance. Chargé de présider à la construction ou aux réparations des maisons de sa Province, il ne faisait pas difficulté de descendre aux travaux les plus pénibles et les plus grossiers ; il maniait la truelle avec les maçons et le s stimulait par son exemple. Il arriva plus d'une fois, remarquent ses biographes, qu'on changea ses plans et qu'on lui imposa des travaux peu en rapport avec les règles de l'art. Le saint Frère, moins soucieux de garder ces règles que celles de l'obéissance, ne laissait paraître aucune répugnance, ne faisait aucune objection, et sacrifiait joyeusement sa volonté et son jugement à la volonté et au jugement de ses supérieurs.

Le F. Hoe3'maker semble avoir été averti d'avance de sa mort prochaine. Car peu de jours auparavant, bien qu'il ne fût pas encore malade, il alla trouver son Père spirituel et fit sa confession générale. Quand il l'eut terminée : « Maintenant, dit-il, la mort qui est là tout près peut venir ; et il ajouta : Mon Père, je ne vous demande qu'une chose, promettez-moi de me l'accorder ». Le Père le promit : « Mais quelle est cette chose ? — Quand je serai mort, continua le Frère, je désire qu'en réclamant pour mon âme les prières d'usage dans la Province, on fasse savoir à tous que je meurs plein de joie, parce que je meurs dans le degré de Frère Coadjuteur, bien que deux Pères Provinciaux m'aient offert le sacerdoce. Qu'on dise de plus que je comprends à présent mieux que jamais ces paroles du P. Lainez : Nul n'est mieux préparé qu'un Frère Coadjuteur de la Compagnie à recevoir la grâce en abondance pour plaire à Dieu et se sauver, pour peu qu'il veuille conformer sa vie à notre saint Institut. Enfin je voudrais, dans ce moment solennel, recommander à tous mes Frères de se souvenir de la vertu d'humilité et de leur condition propre ; je voudrais leur dire de ne pas être ingrats envers Dieu, mais selon leur degré d'aider les prêtres afin d'avoir ainsi leur part dans la sanctification des âmes ». Le F. Hoejmaker expira pieusement quatre jours après, à l'âge de soixante-six ans, dont il avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.

CoRDARA, Histor. Societ., part. 6a, lib. 11, n. il h, p. 57. — Sumniar. vitae defunct. Prov. flandr.-belg. (Arc/i. Rom.). — Patrignani, Menol., 11 nov., p. 69. — Leven van Broeders Coadj.., 11 «op»., p. 645. — Ménol. holland., 11 nov.

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