‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 249 sur 356 · XII NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XII NOVEMBRE

Le douzième jour de novembre de l'an 1687, mourut au collège de Bydgoszoz ou Bromberg en Pologne, le P. Félicien Grzybow- SKi, un des chefs de la noblesse polonaise, et déjà parvenu à la charge de gouverneur de Varsovie, lorsqu'il s'arracha victorieusement à toutes les séductions du monde, pour devenir simple novice de la Compagnie de Jésus. 11 se soumit si pleinement à l'obéissance, que Notre-Seigneur renouvela, dit-on, en sa personne, un miracle semblable à celui qui est cité par notre bienheureux Père. Un ours faisait de grands ravages dans le pays où il se trouvait alors et remplissait de terreur les habitants de la campagne. Sur l'ordre de son supérieur, il alla le prendre et le chassa au loin.

L'exemple de ce saint homme, qui se faisait l'humble serviteur de tous, jusqu'à transcrire les leçons des classes pour les Scolastiques malades et à remplir les offices des Frères Coadjuteurs quand ceux-ci étaient fatigués, excitait dans toute la communauté une ardente émulation et la plus salutaire influence. De leur côté, les personnes du dehors, les grands aussi bien que le peuple, ne se montraient pas moins dociles aux leçons d'un apôtre, qui s'était fait pauvre et se tourmentait de toute manière pour l'amour de Jésus-Christ. En effet, le P. Grzybow^ski parcourait à pied les cam- A. G. II. — T. II. — 54.

pagnes au plus fort de l'hiver, presque toujours armé d'un cilice ou d'une cuirasse de pointes de fer ; il n'avait souvent d'autre lit qu'une planche ou un peu de paille, et encore veillait-il une grande partie de ses nuits pour être prêt à répondre au premier appel et pour s'entretenir avec Dieu dans l'oraison. Le P. Grz3^bowski mourut à l'âge de soixante-huit ans.

Patrignani, MenoL, 12 noi>., p. 81.

* Le douzième jour de novembre de l'an 4606, mourut dans la Tour de Londres au milieu même des tortures, le Vénérable Nicolas OvvEN, Coadjuteur temporel, compagnon des Pères Edmond Campion, Jean Gérard, Henri Garnett, et à trois reprises différentes, confesseur de la foi. A cause de l'exiguité de sa taille, on le désignait sous le nom familier de Petit-Jean. Peu d'hommes, au jugement de nos historiens, même avant son admission dans la Compagnie, ont rendu plus de services à la cause catholique et mieux mérité de l'Eglise d'Angleterre dans ces temps de persécution. Il était d'une habileté prodigieuse pour imaginer et construire lui-même, et dans le plus grand secret, les retraites oii les prêtres pouvaient braver impunément les recherches des poursuivants. Ces mêmes historiens, le P. Jouvancy à leur tête, dans l'Histoire générale de la Compagnie, n'hésitent pas à dire que pour ces travaux, Nicolas Owen était assisté d'un secours particulier, tellement ils semblaient au-dessus des forces d'un homme seul.

Arrêté une première fois après la mort du Bienheureux Campion,

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