XII NOVEMBRE. F. NICOLAS OWEN
pour avoir osé faire l'éloge du mart3T, Nicolas Owen fut cruellement torturé et bientôt après, au défaut de charges bien précises contre lui, rendu à la liberté. 11 se mit alors au service du P. Jean Gérard, partagea ses chaînes et ses tourments et, après s'être évadé lui-même de prison, aida le missionnaire à s'échapper à son tour. En récompense de son dévouement, le P. Henri Garnett le reçut dans la Compagnie. Nicolas Owen n'était pas moins digne de cette faveur par ses autres vertus, son esprit de prière et de mortification, son humilité, sa modestie, son angélique pureté d'âme, que nulle faute grave n'avait jamais ternie, et son amour de l'Eglise. Il continua pendant plusieurs années encore de mettre sa merveilleuse adresse au service des apôtres de l'Angleterre, jusqu'au jour où il tomba, avec les PP. Garnett et Oldcorne, entre les mains des persécuteurs, à Hinlip Castle, près de Worcester.
A la nouvelle de cette capture, le secrétaire d'État, lord Cecil, poussa un cri de joie. Il allait enfin, pensait-il, connaître ces retraites mystérieuses où se cachaient les prêtres romains. Il donna l'ordre de mettre en œuvre tous les moyens pour arracher le précieux secret au F. Nicolas. Les promesses ayant été repoussées avec mépris, on recourut aux tortures. Elles furent horribles. Quelquefois le pauvre patient demeurait suspendu jusqu'à six heures de suite avec un énorme poids attaché aux pieds. Pendant ce temps, William Waade, le gardien de la Tour, chargé de l'exécution des ordres du secrétaire d'Etat, le harcelait de ses questions, et le menaçait, s'il persistait à se taire, de supplices encore plus grands. Un jour, exaspéré du silence de sa victime, il commanda aux bourreaux de redoubler d'efforts ; mais ceux-ci dépassèrent la
mesure. Le corps du saint martyr, déjà trop violemment tiré, ne put résister à cette tension nouvelle ; il se rompit par le milieu, et les entrailles se répandirent à terre. C'était la délivrance et le triomphe ; l'âme du F. Nicolas Ovven, échappant à ses persécuteurs, s'envola dans le sein de Dieu.
JuvENCius. — Histor. Societ., part. 5*, lîb. 13, n. 60, p. 170. — Ale- GAMBE, Mortes illustres, p. 262. — Tanner, Societ. Jesu militans, p. 73.
— Bartoli, VInghilterra, lib. 6, c. 9, p. 133. — Foley, Records, t. 4, p. 245 suiv ; t. 7, p. 561. — Oviedo, Elogios de Hermanos Coadjut., p. 491. — Andrade, Varones ilustres, 2^ e'dit., t. 6, p. 139. — Patrignani, MenoL, 12 nov., p. 75. — Nadasi, Annus dier. mentor., 12^ nov., p. 271.
— Drews, Fasti..,^ 12^ nov., p. 444. — Levens van Broeders Coadjut., 12 nov., p. 655.