XIX NOVEMBRE. — F. JACQUES APIETH
et toutes les histoires de la Compagnie sont pleines d'une infinité d'actes héroïques, dus même à ses plus jeunes membres. Toutes les œuvres de charité, si admirablement renouvelées de nos jours par les conférences de saint Vincent de Paul, étaient de son ressort, comme en font foi ses annales ; elle y joignait les exercices de la piété et de la mortification chrétiennes dans un très haut degré, et on peut dire que souvent les vies des saints n'offrent rien de plus surprenant. Du reste, sans rapporter ici le nom de tous les illustres personnag-es, évêques, princes, empereurs, Souverains Pontifes, qui se sont glorifiés du nom de congréganistes, qu'il suffise de rappeler que parmi les chrétiens formés à cette école sous la direction de la Compagnie, dans l'espace seulement d'un siècle et demi, figurent au moins quatorze noms de saints ou de bienheureux.
Sacchinus, Histor. Socîet., lib. 7, n. 7, p. 268 ; part. 5^, lib. 4, n. 14, p. 164. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Infer., lib. 1 , p. 156. — Irtiago primi sœculi, p. 359, 420, 773. — Précis historiques, 1863, p. 317, 472. — Carayon, Bibliographie histor., nn. 186-202. — Sotuellus, Biblioth., p. 468. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 1694. — Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie, t. 3, ch. 3, p. 198.
Dans l'année 1620, on ignore à quelle date précise, mourut le Frère Coadjuteur Jacques Apieth, de Saint-Omer. Il était entré au noviciat à l'âge de dix-neuf ans ; envoyé peu après dans la mission du Pérou, il y rendit, par son habileté à travailler le bois, de précieux services. Il ne fut pas moins utile par ses grandes vertus, son humilité, sa modestie, sa parfaite observation des rè- A. G. II. — T. II. — §7.
gles. Malheureusement la pénible et douloureuse maladie, dite des écrouelles, le réduisit bientôt à l'impuissance et à l'inaction. On mit en œuvre pour le guérir tous les remèdes, même les plus violents. Le F. Apieth s'y prêta avec un admirable courage, mais n'en recueillit d'autre fruit que le mérite de son obéissance et de sa patience.
Les supérieurs résolurent alors de le renvoyer en Europe dans sa Province, « d'où il lui serait facile, ajoute l'annaliste, d'aller trouver le roi très chrétien, à qui le ciel a communiqué le pouvoir de guérir cette maladie » . Le F. Apieth se mit donc en route ; mais pendant la traversée, il fut assailli d'un autre mal qui acheva de l'épuiser. Il expira laissant parmi l'équipage et les passagers la réputation d'un saint. 11 avait vécu six ans dans la Compagnie.
Litterœ ann. Provinc. Peruan. ann. 1620 {Archiv. Rom.).
N, B. — Sur le pouvoir accordé aux rois de France de guérir les écrouelles, on peut consulter les Études religieuses, historiques et littéraires, année 1868, t. 1, p. 374 et suiv., article du P. E. Mabquigny.