‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 274 sur 356 · XXYI NOVEMBRE. — P. BARTHÉLÉMY DE BLENDE · texte numérisé non relu

XXYI NOVEMBRE. — P. BARTHÉLÉMY DE BLENDE

et brutalité que les victimes de l'infâme commerce des nègres ; et comme, en leur enlevant tout ce qui était à leur usage, les vainqueurs n'avaient trouvé d'autres richesses que leurs instruments de pénitence, ils s'en servaient, en manière de passe-temps, pour les flageller et les torturer. Au milieu de ces indignités, le P. De Blende soutenait le courage de ses frères ; sa patience fît même tant d'impression sur ces ennemis de l'Eglise, qu'elle finit par leur gagner le cœur et les rendre presque bienveillants. Contraint d'aller à Amsterdam pour obtenir la délivrance de l'archevêque de Lima, un de ses compagnons de captivité, le P. De Blende se hâta bientôt de repartir pour Séville ; et pendant sa seconde traversée, il ne voulut d'autre habitation qu'un trou presque sans air et extrêmement incommode, laissant aux plus jeunes la cabine qui lui avait été destinée. C'est ainsi qu'il se préparait à l'apostolat et au martyre.

En effet, trois ans à peine s'étaient écoulés depuis son arrivée dans la mission, qu'il eut le bonheur de verser son sang pour Jésus-Christ. Envoyé par le Provincial du Paraguay à la recherche d'une voie plus courte pour aller au pays des Chiquitos, il fut surpris traîtreusement par les Indiens Payaguas et, après plusieurs semaines d'une dure captivité, condamné à mort. Un jour, « dès le grand matin, écrit un missionnaire, il entendit les cris tumultueux de ces barbares, qui avançaient vers sa cabane. Il mit aussitôt son chapelet au col et alla au devant d'eux sans rien perdre de sa douceur naturelle. Quand il se vit assez peu éloigné de ces furieux, il se mit à genoux, la tête nue, et croisant les mains sur sa poitrine, il attendit avec un visage tranquille et serein, le moment auquel on devait lui arracher la vie... » Cette hé-

roïque fermeté frappa d'admiration les barbares eux-mêmes ; « ils publièrent qu'ils n'avaient jamais vu mourir personne avec plus de joie et de tranquillité ». Le P. De Blende était âgé de quarante ans et en avait passé vingt-et-un dans la Compagnie.

JoANN. Patrit. Fernandez, Historicci relalio de... missionibus S. J. apud C'hiquitos..., Augustx Vindelicor. 1733, cap. 18, p. 212, 222. — Lettre du P. Jacquas de Haze... au P, Arendts, Provincial... de la Province fandro-belg.. Lettres édifiantes, édition Aimé-Martin, t. 2, p. 97. — Même lettre dans le Neue Welt-Bott du P. Stocklein, 7e part., p. 50. — De Charlevoix, Histoire du Paraguay, Paris, 1754, t. 4, liv. 16, p. 293.

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