‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 275 sur 356 · XXVII NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXVII NOVEMBRE

Le vingt-septième jour de novembre de l'an 1617, mourut à Douai le F. Mathias de la Saulx, de Lille, Goadjuteur temporel, dont la vie et la mort nous offrent un exemple de la tendresse de notre Bienheureux Père pour ses enfants, et d'une faute généreusement réparée. Le F. De la Saulx s'était laissé entraîner peu à peu dans une illusion funeste. Sous le spécieux prétexte du salut des âmes et de la gloire de Dieu, il avait pris en dégoût son humble et sainte vocation, et aspirait au sacerdoce. Il était à la veille de quitter la Compagnie, lorsque saint Ignace lui apparut au milieu de la nuit, le menaçant de la colère divine s'il était infidèle à ses promesses. A ces mots, saisi d'un profond sentiment de douleur et de reconnaissance, le F. De la Saulx courut se jeter aux pieds de son supérieur, et le conjura, au nom de Notre- Seigneur et de saint Ignace, de le conserver dans la maison, à quelque prix que ce fût ; car il était résolu de pleurer et d'expier sa faute jusqu'à son dernier soupir.

En effet, tout le reste de sa vie ne fut qu'un admirable exercice d'humilité et de pénitence. Dans son ardeur à se vaincre, le bon Frère ne trouvait plus rien de trop rude et de trop bas ; il se traitait lui-même et désirait être traité comme le dernier de tous, comme un misérable pécheur, indigne de demeurer au milieu des saints. Enfin, après quelques années d'une vie digne des plus parfaits religieux, il obtint de se dévouer au service des pestiférés ;

et à l'âge de trente-cinq ans, dont il avait passé quatorze dans la Compagnie, il alla recevoir la récompense glorieuse de sa pénitence et de sa charité.

Nadasi, Annus dier. memor.^ 11^ noi>., p. 292. — Drews, Fasti, 27^ nov., p. 464. — Patrignani, Menol., 27 nov., p. 194. — Alegambe, Heroes et Vie tint..., p. 231.

* Le vingt-septième jour de novembre de l'an 162b, mourut à Anvers le F. Bernard Van den Poel, victime de son dévouement au service des pestiférés. Un mois auparavant, il s'était senti tout à coup inondé d'une joie si vive, que jamais, disait-il, il n'en avait éprouvé de semblable. Dans cette surabondance de consolations, il s'était offert de toute l'ardeur de son âme pour aller au secours des malades. Atteint bientôt lui-même par la contagion, il fît paraître, au milieu des plus vives douleurs, un courage et une résignation admirables. Les yeux sans cesse fixés sur son crucifix, il se réjouissait de souffrir en union avec le Sauveur. Peu de moments avant d'expirer, dévoré par une soif ardente, il demanda un peu de vin ; mais quand on le lui présenta : « Non, non, dit-il, faisons ce sacrifice à Notre-Seigneur mourant en croix ». Le F. Van den Poel était âgé de trente ans, et en avait passé dix dans la Compagnie.

Levens van Broeders Coadj'ut., 27 nov., p. 664. — Alegambe, Heroes et Victim., p. 262.

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