‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 308 sur 356 · XV DECEMBRE. — P. CORNEILLE CROCUS · texte numérisé non relu

XV DECEMBRE. — P. CORNEILLE CROCUS

avances royales et, à l'âge de cinquante ans, lorsqu'il eut rendu les derniers devoirs à sa vieille mère, il se mit en route pour Rome. A son passage à Paris, les Pères essayèrent vainement de le retenir auprès d'eux, jusqu'à la fin des chaleurs de Tété : « Mes Frères, leur disait-il, laissez-moi poursuivre mon pèlerinage ; Notre-Seigneur sera mon guide et mon compagnon. C'est à lui que j'offre ces légères fatigues. Bien que je vienne à la neuvième heure, il daignera, je l'espère, m'accorder le denier promis aux ouvriers de sa vigne ».

C'était l'année du jubilé. Par esprit de pénitence, il voulut faire à pied la longue route de Paris à Rome. Il arriva dans la ville éternelle, également épuisé par les fatigues et les privations du voyage et par ses mortifications volontaires. Saint Ignace l'accueillit avec joie au nombre de ses enfants. Cette grâce, si ardemment désirée et qu'il était venu solliciter de si loin, parut quelque temps le faire revivre. Mais le mal qui le consumait intérieurement, se manifesta bientôt avec violence. Le P. Corneille Crocus répondit plein d'allégresse à l'appel de Dieu ; après avoir prononcé les vœux de Scolastique et donné à tous, dit un témoin, d'admirables exemples de foi, d'humilité et de charité, it s'endormit doucement dans le baiser du Seigneur, à l'âge de cinquante ans.

Orlandinus, Histor. Soc, lib. 10, n. 73, p. 236. — Prat, Mémoires pour servir à l'histoire du P. Broët, p. 250. — Sotuellus, Biblioth., p. 159. — SoMMERvoGEL, BibUotli., t. % p. 1660. — Carias de S. Ignacio, t. % p. 542.

* Le quinzième jour de décembre de l'an 1727, mourut au collège de Kalisch le P. Georges Gengell, de la Grande Pologne, religieux également éminent par la science et la sainteté. Il s'animait lui-même et il animait les autres, quand il était supérieur, à faire et à souffrir de grandes choses pour la gloire de Dieu et le salut des âmes : « La vie est courte, disait-il, et l'éternité sans fin ». Il aurait voulu porter le nom de Jésus-Christ aux nations infidèles ; contraint par l'obéissance de rester en Pologne, il se dépensa tout entier dans l'enseignement, le gouvernement de ses frères, les travaux de la composition et du ministère apostolique. Sa pureté d'âme était angélique ; au témoignage de son confesseur, il n'avait jamais perdu la grâce de son baptême. Aussi jouissait-il d'une union très intime avec Notre-Seigneur et en reçut-il plus d'une faveur extraordinaire.

En 1710, dix-sept ans avant sa mort, comme il célébrait le saint Sacrifice avec une grande dévotion, le cinquième dimanche après Pâques, il entendit ces paroles sortir de la sainte hostie : « Eris mecum in seternuin ; Tu seras avec moi pour l'éternité » . Cette promesse divine le remplit d'une joie ineffable ; il la fit graver sur une tablette d'étain, en y ajoutant cette prière du Psalmiste : « Mentor esta verhi tui seri>o tuo, in quo miJii speni dedisti ; Souvenezvous de la parole que vous avez dite à votre serviteur, et par laquelle vous m'avez donné l'espérance ». 11 porta cette tablette sur son cœur le reste de sa vie, et demanda qu'après sa mort elle fût mise dans son cercueil avec un exemplaire de son ouvrage Vindicix Marianse innocentise contre les adversaires de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu.

Page 1