XX DÉCEMBRE, — P. ALBERT ÏHEOBOLSKI
la promptitude de ce saint homme, quels que fussent les ordres qu'on lui donnait. A l'âge de soixante-dix ans, et déjà sur son lit de mort, il portait encore le cilice, que ni l'âge, ni la fatigue, ni la maladie ne lui avaient jamais fait quitter, et il ne s'en dépouilla que par obéissance. Là ne se bornaient pas à beaucoup près les mauvais traitements qu'il faisait souffrir à son corps ; il se flagellait d'ordinaire deux fois par jour, et ne négligeait rien pour avoir une plus large part aux douleurs de Notre- Seigneur dans sa Passion, jusqu'à savourer le fiel et le vinaigre.
Patrignani, Menol., 20 dicemb., p. 164. — Notice biographique du F. Wintei-, pp. 24 in 4°, Roina, li 24 genn. 1693 {ArcJm>. Rom.}. — A cette biographie sont joints un certain nombre de témoignages de Pères et de Frères Coadjuteurs qui ont vécu avec Je F. Winter.
* Le vingtième jour de décembre de l'an 1611, mourut à Posen le P. Albert Theobolski, né dans la Petite Pologne. 11 avait fait son noviciat à Vienne en Autriche et, pendant sa régence au collège de cette ville, avait eu la gloire de compter parmi ses élèves l'angélique Stanislas Kostka. Ce fut le plus doux souvenir de sa vie. De longues années plus tard, lorsqu'il fut sur le point de rendre le dernier soupir, il surabondait de confiance ; car il ne doutait point, disait-il, que son bienheureux disciple, alors sur le& autels, ne lui obtînt de Dieu la grâce d'une bonne mort.
Quand la Province de Pologne fut détachée de celle d'Autriche en 1575, le P. Theobolski retourna dans son pays d'origine et pendant vingt ans fut chargé de l'enseignement des belles-lettres.
Il avait la réputation d'un brillant humaniste ; il parlait et écrivait le latin avec une pureté et une élégance qui le faisaient comparer à Cicéron. Il ne possédait pas moins parfaitement les hautes sciences et occupa tour à tour les chaires d'hébreu, de morale et de controverse. Enfin il fut appliqué aux travaux du ministère apostolique. 11 s'y consacra tout entier, avec la même ardeur qu'il avait mise à l'étude, embrassant dans son zèle les misères spirituelles et corporelles du prochain. Une maladie contagieuse désola longtemps la ville de Posen. Beaucoup de ceux que leur devoir aurait dû retenir avaient cédé à la crainte et cherché au loin un abri contre le fléau. Le P. Theobolski ne quitta pas un moment la malheureuse cité. Il parcourait chaque jour les rues et les places publiques, une clochette à la main, pour avertir les malades de sa présence ; il les consolait et les préparait à paraître devant Dieu. La même ville fut encore redevable à sa charité d'un hospice en faveur des pauvres et des mendiants ; à force de constance, il parvint à l'établir et à lui ménager des revenus assurés. Ce saint homme n'oubliait pas les âmes du purgatoire ; quarante ans avant sa mort, il leur fit le plein abandon de tous ses mérites satisfactoires. Lorsqu'il eut remis sa sainte âme entre les mains de Dieu, les larmes et le concours non-seulement du peuple mais de toutes les classes de la société à ses funérailles, montrèrent combien il était aimé et furent son plus beau panégyrique. Le P. Theobolski était âgé de soixante-seize ans et en avait passé cinquante-et-un dans la Compagnie.
Litterœ ann. Societ., anno 1611, p. 599. — Sotuellus, Biblioth., p. 18. — SocHEuus, Histor. Provinc. Austr., lib. 3, n. 41, p. 95. — Patiugnani, Menol., 13 nov., p. 95. — Sommervogel, Bibliolh., t. 7, p. 1963.