XX DÉCEMBRE. — P. NICOLAS ROM.ÏUS. S
* Le vingtième jour de décembre de l'an 1632, mourut à Bruges, sa patrie, le P. Nicolas RoMiEUS, appelé par l'annaliste du collège un homme d'une science éminente et d'une sainteté héroïque. Après avoir terminé ses études, il fut successivement professeur de théologie morale. Recteur de plusieurs collèges, missionnaire en Hollande, Instructeur des Pères de troisième probation. Partout il se montra un admirable fils de saint Ignace, plein de mépris pour le monde et ses vanités, n'ayant en vue que les choses du ciel. Sa prière était presque continuelle ; il y répandait des larmes en telle abondance qu'il faillit, comme notre Bienheureux Père, perdre la vue. Sa mortification semblait dépasser les bornes. Pendant assez longtemps il se soumit à un jeûne si rigoureux, que depuis le jeudi après midi jusqu'au dimanche, il ne prenait absolument aucune nourriture.
A ces souffrances volontaires, il plut à Dieu d'en ajouter d'autres non moins pénibles ; le P. Romœus les accueillit comme une grâce insigne. Il endura vers la fin de sa vie les plus cruelle» douleurs de la pierre, non seulement sans une plainte, mais avec une véritable allégresse. Pour s'animer lui-même à la générosité, il méditait fréquemment sur les tortures des martyrs, et se réjouissait d'avoir quelque ressemblance avec ces glorieux témoins de Jésus-Christ. Le bon plaisir de Dieu avait seul le privilège de le toucher ; le reste ne lui était rien. Un Frère s'affligeait un jour devant lui d'une perte assez sérieuse qu'avait faite le collège : « Mon Frère, répondit-il, j'aime mieux perdre cent florins, sans qu'il y ait de notre faute, que de voir la plus petite règle
violée ». Ce saint homme mourut à l'âge de soixante-quatre ans, il en avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
SoTUELLus, Biblioth., p. 633. — Sommervogel, Biblîoth., t. 7, p. 30. — ■ Notes du P. DE GuiLHERMY (Arch. dont.). — Ménol. holland., 20 déc.