XXI DECEMBRE
Le vingt-et-unième jour de décembre de l'an 1597, mourut à Fribourg en Suisse le Bienheureux P. Pierre Canisius, dont le grand et saint cardinal Baronius ne craignait pas de dire, au premier volume de ses Annales ecclésiastiques : Venerandus Pater Canisius cujus laus est in Evangelio per omnes ecclesias. A leur tour, les plus illustres docteurs, princes de l'Église et légats du Saint-Siège, tels que les cardinaux Hosius, Commendon, Madrucci, Truchsès, aussi bien que les princes de l'empire, l'appelaient à l'envi a le Jérôme et l'Augustin de son siècle, le marteau des hérétiques, la colonne du nord, l'apôtre de l'Allemagne, le défenseur de l'Eglise contre les portes de l'enfer, et le François Xavier de l'occident ». Il serait en effet bien difficile de trouver dans l'histoire des plus glorieux défenseurs de la foi, quelque chose de plus beau que les combats et les écrits de ce grand homme, dont on a dit si justement que l'amour de l'Église était sa vie.
Tous les moyens naturels et surnaturels dont il pouvait disposer, le secours des hommes et des anges, la prière et la pénitence, l'étude, les livres de controverse et de piété, étaient mis en CBuvre par cet admirable serviteur de Dieu pour faire triompher l'Église. Mais un de ses plus beaux titres de gloire fut son caté- A. G. II. — T. II. — 69.
chisnie : seul, au témoignage des hommes les plus célèbres, il aurait suffi pour lui mériter à jamais la reconnaissance des catholiques, comme il provoqua contre lui l'explosion de toutes les fureurs calvinistes et luthériennes. L'université de Louvain, consultée par Philippe II sur le mérite de ce petit livre, répondit que nul autre n'était plus propre à enseigner tout à la fois, avec la saine doctrine, la plus solide piété ; quatre cents éditions publiées en différentes langues, dans l'espace d'un siècle et à une époque où la jeunesse chrétienne était si solidement instruite de tout ce qui touchait à la foi, faisaient dire au P. Dorigny, vers la fin du règne de Louis XIV : « Jusqu'à nos jours, il n'est guère d'enfant qui
n'ait sucé avec le lait la doctrine de l'Eglise par ce canal, et qui n'ait obligation à Canisius des premiers principes de sa religion».
JuvENCius, Histor. Societ., part. 5», lib. 24, p. 799-813. — Histor. Provinc. Geinian. Super., t. % p. 197-237. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 2, passim. Cf. indicem ; t. 3, lib. 2, p. 139-143. — Socherus, Histor. Provinc. Austr., p. 28 seqq. et passim. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Infer., p. 6 seqq., et passim. — Tanner, Societ. Jesu apostol. imitât., p. 285-295. — Rader, Bavaria pia, p. 142 seqq. — Cru- GERius, Sacri Pulveres, 21» dec, p. 104. — d'Oultreman, Tableaux des personn. signalez..., p. 241. — Les différentes Vies. Cf. Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 687, et Carayon, Bibliographie histor., nn. 1704-1714. — Les différents Me'nologes. — Pour les écrits du B. Canisius et surtout son catéchisme, voir l'article du P. Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 616-688. — Otto Braunsberger, Beati Pétri Canisii S. J. Epistulx et Acta. Très bel ouvrage en cours de publication. A l'époque où nous écrivons, octobre 1899, deux volumes ont paru.
* Le vingt-et-unième jour de décembre de l'an 1643, le P. Jean- Baptiste Wendelin, d'Anvers, mourut, comme il l'avait désiré, dans