XXV DECEMBRE
Le vingt-cinquième jour de décembre de l'an 1558, mourut saintement à Palerme le P. Daniel Paeïbruck, né à Termonde. C'était une des conquêtes du Bienheureux P. Le Fèvre en Belgique. Parmi ses premières épreuves de vie religieuse et apostolique, on peut compter ses longs voyages. Il fît deux fois la route de Louvain à Coïmbre, et trois fois celle de Louvain à Rome, toujours à pied, en mendiant et catéchisant sur son passage les pauvres et les ignorants. Envoyé par notre Bienheureux Père en Sicile, il en parcourut durant plusieurs années les vallées et les montagnes, souffrant la faim, la soif et la fatigue jusqu'à en tomber parfois de faiblesse, mais toujours prêt à recommencer et toujours joyeux, car les consolations dont Dieu récompensait ses peines, apportaient, disait-il, bien plus de forces et de joies à son âme, que son corps ne souffrait de douleurs et d'accablement.
Peu de jours avant sa sainte mort, atteint d'une fièvre légère, il supplia les Pères Jérôme Domenech et Paul Achille de lui donner les derniers sacrements. Comme ceux-ci cro^^aient ne pouvoir les lui accorder : « Mes Pères, leur dit-il, vous me mettez dans la nécessité de vous dire ce que j'avais résolu de taire. Tenez donc pour certain que le jour de Noël, aussitôt que midi au-
ra sonné, je rendrai mon âme à Notre-Seigneur, car trois anges sont descendus vers moi de sa part, et celui qui semblait le plus jeune m'a dit : « Daniel, prépare-toi à sortir de cette vie. Nous reviendrons vers toi à midi le jour de la naissance du Sauveur, et nous lui porterons ton àme dans les cieux ». Il reçut donc le viatique et l'extrême-onction, et le P. Domenech, selon le pouvoir qu'il en avait reçu, lui permit en même temps de prononcer les vœux de profès. Puis après avoir fait ses derniers adieux d'un visage doux et riant à ses Pères et Frères de Palerme, le P. Paeïbruck rendit paisiblement le dernier soupir, à l'heure qu'il avait prédite.
Necrologium Provinc. flandr .-belg. (Arch. Rom.}. — Sacchikus, Histor. SocieL, part. 2% lib. 2, n. 93, p. 56. — Aguilera, Histor. Provinc. sicuL, t. 1, p. 146. — Nadasi, Anniis dier. inemor.., 25^ dec, p. 343. — Id., Pretiosœ occupât., c. 47, n. 6, p. 145. — Patrignani, MenoL, 25 die, p. 207.
Le vingt-cinquième jour de décembre de l'an 162S, mourut à Londres le P. Jean Bennett, de la Province d'Angleterre, horriblement torturé par les hérétiques durant une longue captivité de trois ans. Son zèle et les nombreuses conversions qu'il opérait dans la principauté de Galles l'avaient signalé aux espions d'Elisabeth. Il fut arrêté, chargé de fers et traduit devant les tribunaux, qui venaient d'envoyer le Bienheureux Campion au dernier supplice. Dès son premier interrogatoire public, Jean Bennett rendit un si ferme et si noble témoignage à l'Eglise romaine, que