‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 51 sur 356 · XXVIII JUILLET. P. QUENTIN CHARLART · texte numérisé non relu

XXVIII JUILLET. P. QUENTIN CHARLART

jusqu'à sa nourriture et ses vêtements ; il n'était pas rare de le voir rentrer au log-is, sans chaussures, sans manteau ou sans linge, parce qu'il s'en était dépouillé pour revêtir les membres de Jésus- Christ.

Cependant la vue et la sainte conversation de quelques enfants de saint Ignace, errants et persécutés, mais portant et répandant partout avec eux l'esprit de leur Bienheureux Père, fut le moyen dont se servit Notre-Seigneur pour appeler le P. Gharlart à une perfection plus haute encore. Il partit donc pour Rome en lbS2, et moins de deux ans après, saint Ignace le faisait Recteur du Collège Romain ; puis averti des nouveaux efforts de l'hérésie en France et dans le Hainaut, il le renvoyait bientôt à Tournai, où combattait seul alors, mais en réclamant un prompt secours, l'intrépide P. Bernard Olivier. L'impression produite par le retour de ce grand serviteur de Dieu fut immense ; à tel point que les catholiques, pour user des expressions du P. d'Oultreman, « n'avaient en ce temps plus solide argument, pour prouver que la saincteté de l'Eglise n'estoit pas encore esteincte, que la vie et les vertus du P. Quentin. Le très-docte et le très-sainct abbé de Liesse, Louys de Blois, asseuroit que la modestie et rares exemples du dit Père, avoient plus servy pour maintenir les catholiques en leur foy et réprimer les huguenots, que toutes les prédications des docteurs et les armes des soldats ».

Le salut d'une seule âme lui était si cher que, pour arracher aux flammes éternelles un malheureux sacrilège condamné à mort, il fît vœu à Dieu de jeûner un an tout entier et de s'abstenir de chair, s'il lui plaisait amollir ce cœur de bronze, a Les huguenots mêmes, ajoute le P. d'Oultreman, admiroient sa saincteté et con-

fessoient franchement qu'il n'y avoit rien à reprendre en cest homme, sinon qu'il estoit papiste. Néantmoins quelques-uns d'entre eux ne pouvans souffrir l'esclat d'une si haute vertu, luy firent mille affronts, voire attentèrent sur sa vie, se servans à cette fin de sa charité et miséricorde. Car feignans d'estre pauvres, ils venoient de nuict hurter à sa porte à dessein de le tuer, sachans bien qu'il ne manqueroit de s'y transporter luy-même pour donner l'aumône ; mais Notre-Seigneur ne permit jamais qu'ils vinssent à chef de leur meschante entreprise. Or, dit en terminant le même auteur, comme ce bon et vertueux Père avoit employé le meilleur de ses travaux pour le secours du prochain, aussi y finit-il sa vie. Car il prit la peste d'un pauvre homme qu'il entendit de confession, et s'en alla au ciel y recevoir le loyer de sa charité deux jours avant le trépas de notre Père saint Ignace, le quarante-neuvième an de son aage ».

Alegambe, Heroes et Victim., p. 18-23. — Tanner, Societ. Jes. apostol. imitatr., p. 52. — Nadasi, Ann. dier. memor., 28^ j'ul., p. 53. — Drevvs, Fasti..., 28« jul., p. 288. — Patrignani, Menol., 28 lugl., p. 221. — Nieremberg, Varones ilustres, t. 5, p. 609. — Rho, Variée virtutum histor., p. 527. — d'Oultreman, Tableaux des personnages signalez, p. 107.

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