XXIX JUILLET
* Le vingt-neuvième jour de juillet de l'an 1646, mourut à Ypres, victime de sa charité le P. Gérard Carbonel, né à Courtrai. Toute la vie de ce véritable disciple de Jésus-Christ n'avait été que zèle des âmes, oubli de lui-même et dévouement. II semblait se plaire uniquement dans les prisons, les hôpitaux, les plus misérables demeures, où il portait à la fois l'aumône spirituelle et corporelle. Aussi l'appelait-on le consolateur des captifs, le père des pauvres, le refuge et l'appui de tous les malheureux. Envoyé dans la mission de Hollande, il eut la joie de ramener un bon nombre d'hérétiques à l'Eglise romaine.
Le sacrifice de sa vie couronna cette longue suite d'actes de charité. A deux reprises différentes, à Ruremonde d'abord et ensuite à Ypres, le P. Carbonel se consacra au service des pestiférés. Après trois mois d'un héroïque ministère dans les hôpitaux d'Ypres, atteint lui-même par le fléau, il ne laissa pas de se traîner au chevet des moribonds, jusqu'à ce que ses forces épuisées trahissent enfin son courage. Les regrets et l'admiration de toute la ville l'accompagnèrent dans la tombe ; il était âgé de soixantesix ans et en avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
Summar. vitse defunct. Prov. flandr.-belg. (Archiv. Rom.). — Alegambe, Heroes et Victiin. charit., p. 429. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 718.