‹ Ménopause et Cancer du SeinChapitre 10 sur 15 · PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Il est absolument indiscutable qu'au point de vue physiologique le sein est sous la dépendance de l'ovaire. En effet, nous savons qu'avant la puberté les seins sont atrophiés. C'est un peu avant la première menstruation, au moment où l'ovaire congestionné contient plusieurs dizaines de follicules tendant à mürir, que les seins se développent. De plus, le développement limité du parenchyme glandulaire à la puberté est lié à une sécrétion ovarienne.

Pendant toute la durée de la vie génitale de la femme, les seins subissent des variations synchrones aux variations de la vie génitale. C’est ainsi que, chez certaines femmes, on peut noter des poussées mammaires se produisant sous l’influence de corps jaunes périodiques. C’est encore pendant la grossesse, que la glande mammaire passe par deux phases bien distinctes : la première caractérisée par un accroissement épithélial, et qui serait due au corps jaune; la deuxième par l'existence d’un produit de sécrétion, et que l’on croit due à une glande autre que l’ovaire : la glande myométriale.

La régulation de la glande mammaire est donc faite par le moyen d'hormones et de chalones, ou hormones inhibitrices.

Après la ménopause, les ovaires se sclérosent, s’atrophient, et cessent de mürir des ovules :

1° les follicules et les ovules régressent;

2° le stroma conjonctif se développe.

Or si, comme nous l'avons vu chez certaines femmes, par suite d’une süractivité momentanée de l’ovaire avant la mé-

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nopause, les seins sont le siège d’une mammite par congestion, il n’en est pas moins vrai que, par la suite, les seins subissent une atrophie scléreuse.

De tout cela, il semble que le sein, tant par son développement que par la régulation de son activité, est intimement lié à l'ovaire, considéré comme glande à sécrétion interne.

Le même phénomène se présente chez les animaux, et l’ovariotomie double chez les jeunes amène une absence de développement de la glande mammaire; chez les adultes, une atrophie comparable à celle des seins de la femme ménopausée.

Il est encore démontré que si l’on châtre des cobayes mâles et que, cette opération faite, ‘on leur greffe des ovaires, on peut, en leur injectant de la folliculine, obtenir du lait.

Le rapport entre ovaire et glande mammaire est bien démontré expérimentalement, puisque :

4° Si l’on enlève les ovaires avant la puberté, les seins ne se développent pas;

2° Les extraits ovariens congestionnent la glande mammaire et peuvent provoquer l'apparition de lait.

Ce rapport physiologique de l'ovaire et du sein a-t-il une influence sur les affections de ce dernier organe et, en particulier, sur le cancer du sein ? Or, nous allons voir que les études portant sur les corps cancérigènes, et en particulier sur les principes cancérigènes du goudron, aboutissent à des conclusions telles que la folliculine pourrait bien passer pour un corps cancérigène.

Voyons d’abord l’historique :

Les études sur le cancer par le goudron furent commencées par Hanau, en 1889, et poursuivies sans interruption depuis. Or, en 1930, Huger était arrivé à la conclusion suivante :

« Les spectres de fluorescence des nombreuses substances cancérigènes montrent les mêmes bandes à des longueurs d'onde de 4.000, 4.180, 4.400 angstrôms. Ces bandes sont remarquablement semblables à celles du spectre de fluores-

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