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RAPPORTS ENTRE MENOPAUSE NATURELLE ET CANCER DU SEIN

De ces statistiques, il résulte que l’âge du cancer du sein est sensiblement le même que celui de la ménopause.

Aussi est-il permis de se poser la question suivante : la ménopause a-t-elle une influence, soit provocante, soit déterminante, sur la genèse du cancer du sein ? La ménopause représentant l’un des phénomènes de la vie génitale de la femme, il importe de connaître les relations existant entre le cancer du sein et la vie génitale en général âvant d’aborder celles qui peuvent unir le cancer du sein et la ménopause en particulier. ,

La Commission d'hygiène de la Société des Nations a fait dans ce but une enquête dans divers pays :

D'après le major Greenwood. chargé de l’enquête en Grande-Bretagne, la distribution n’obéit à aucune loi.

Suivant Methorst, il faut signaler que dans les Pays-Bas les femmes célibataires sont plus souvent atteintes que les femmes mariées. Niceforo remarque qu'en Italie les femmes célibataires sont plus souvent atteintes, surtout à partir de 45 ans.

D'autre part, Tomanek rapporte qu'à New-York, où la fécondité est basse, les cancers sont proportionnellement plus nombreux qu’en Pensylvanie, où la fécondité est plus élevée.

Budianan à remarqué qu'en Angleterre les cancéreuses étaient le plus souvent des femmes stériles. Qu'’enfin, l’allaitement exagéré était, semble-t-il, une cause de cancer.

LE Mat

= Mais si de Kerkove conclut, dans sa thèse sur les rapports de la grossesse et du cancer

1° La grossesse active l’évolution de la tumeur néoplasique du sein;

2° La fin de la gestation amène parfois un arrêt momentané ou une régression passagère de la tumeur.

Et si Ristenucci écrit : « La grossesse précipite l'apparition des récidives », il n’en est pas moins vrai que la grossesse ne joue pas un rôle dans la genèse des cancers du sein : elle ne fait que les aggraver.

La statistique du Centre du cancer montre qu'environ 3/5 des malades n'ont pas eu d'enfants.

De ces observations, il semble bien résulter

— que le genre de vie génitale a une influence sur le cancer du sein; L

— que les femmes dont la vie génitale est moyenne, en ce sens qu'elles sont mariées et ont eu un nombre moyen d'enfants, ces femmes, disons-nous, sont moins atteintes par le cancer que les célibataires stériles.

Il reste à expliquer comment la vie génitale peut ainsi

intervenir dans la production du cancer du sein. . Tout comme pour le cancer en général, pour le cancer du sein en particulier, trois grandes théories sont en présence, toutes trois tendant à expliquer la pathogénie du cancer du sein : =

La théorie de la malformation, attribuant les cancers à la prolifération de cellules embryonnaires, est une théorie bien délaissée et qui, de plus, ne peut nous intéresser.

Nous n'avons pas davantage l'intention de discuter la théorie des agents vivants exogènes, faisant des micro-organismes, microbes ou protozoaires les agents infectieux cancérigènes.

Nous nous arrêterons à la théorie irritative, d'abord parce qu'elle est la plus en vue, et, ensuite, parce qu’elle nous permet d'expliquer notre problème. .

LES] ter Cette théorie admet deux classes d'agents irritants

1° Les agents exogènes, comme le goudron, les rayons X, les traumatismes ;

2° Les agents endogènes, ce sont ceux qui nous intéressent.

E. K. Dawson écrit que la question du cancer du sein pourrait réaliser de très grands progrès si, au lieu de considérer les tumeurs du sein comme des maladies locales, on voulait bien les considérer comme les manifestations d'un déséquilibre organique.

C'est bien ainsi que Pierre Delbet, dans son remarquable ouvrage sur le cancer du sein, envisage la question, et, tout en ne niant pas les causes exogènes d'’irritations comme productrices de cancer, il insiste sur la vie génitale, et en quels termes : « Beaucoup plus importantes semblent être les conditions qu’entraîne la vie sociale du côté des organes de .la reproduction. En réalité, la femme est un être qui avorte tous les vingt-huit jours. Les avortements répétés entraînent des phénomènes anormaux du côté de la glande mammaire. Ces perturbations amènent des phénomènes d'ordre hyperplasique que l’on peut appeler comme on voudra, qui ne sont pas cancéreux, mais qui conduisent au cancer. »

Cette opinion, qui n’est qu'une hypothèse, sans doute, est une impression de quelque valeur, puisqu'elle vient d’un auteur qui a particulièrement étudié la question du cancer du sein. En tout cas, elle viendrait s'associer avec les opi- nions d'auteurs étrangers, citées plus haut, et la statistique du Centre du cancer, montrant que les femmes stériles sont plus souvent atteintes que les autres.

C’est donc comme agent interne d’irritation que peut agir la vie génitale dans la production des néoplasmes du sein. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser au point de vue physiopathologique.

Nous n'avons pas ici à traiter de la question des rapports

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