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— Au nom du ciel, Delaberge, et par pitié, sen- -gex en quel lieu tous et moi nous sommes !
Ce mot fit unerëTolution sur Delaberge. Il reprit d'une Toix plus pénétrée, plus grave ;
— J*y songe, madame. Et j'y songe surtout pour compléter Fexcuse d'une témérité dont il n'est -qne trop certain que vous ne m'aTex jamais donné le droit. Si je souffre, demeurez en paix avec tous* même. Votre loyauté n'a pas à se reprocher mes douleurs; la source de ma témérité vient d'uoe illusion dont je chercherais en vain à tous accuser. Bien aTant l'érénemeut de ce duel qui rompit à l'improviste la légère cloison de Totre Toisinage, une erreur, — erreur bien fatale, — aTait laissé croître et se développer dans mon esprit je ne sais quelle chimère dont la Tanité ne me fut déToilée que longtemps après par Thérèse, et lorsque l'événement ne m'avait pas encore rapproché de TOUS. Je vous croyais libre , madame. — Libre, mon Dieu ! — Mes folles rêveries ont fait le reste ; comme aussi, plus que laséduction de votre beauté, ce caractère dont les élans vrais et naïfs se rêvé* laient à moi dans le contact furtif de nos renoon* très. Je puis laisser fouiller dans mon âme ! on y trouvera tout ce que je vous exprime, on n'y trouvera pas le moindre germe d'espoir. Où l'aurais-je pris ?.•• Tant que nous restâmes étrangers l'un i l'autre, malgré ce que j'avais appris de la bouohe de Thérèse, en dépit des avertissements sourds de
de la pradetK^e qui m» ooa^inUait de» ne ploarennu ire les pieds dans les environs, jecherchaisiQYokMrf tairemenllesoooasionsde voiisrene<Nii|rer,F4uiliae, et ceUes pl«s dan|^reiise» f^eat-ètre de voufef étudier dans les révélaiîoiisdeTotreaBÛe. AmoaiBMav je m'offraif ea eomplioe i tontea le» tralouioBs é^ la circenstaBee; et lorsque la ciroonitanee eut éelaté, je eompris, mais trofi tard alors, qu'à aurait ialln douter de mosk oowrâi^* Resfitrer cj^jasa le cercle de vos regards et Tivre de la ioiagie dei votre Toix, ce fut ma faute ;: j*y oompronis tdul mon repos sana me rattacher au moindre es|)Oir« Si présomptueux qu<» se Jbsse notre profite caeur avec nousHoièmes, knsquej'ose interpogarteiwert dans êOM plus ^mystérieux replia , hk méinoixe néi me rappelle rien, ni dans vos éhm$ foatanMla aprèi| la g^râon de Léonard, ni dansruos poemenades à traversles Alpes, ni dans lesfètes de Yal d' Anuonaei^ où je me sentais si fier de vons vcâr si hellft ; rien«^ Pauline ! pat un mot, pas uae famièiainté, pas un coup d'cBÎl qui légitime Faveu dHin sentiment dont je pourrais vous défier d'exiger le sacrifice, et qui s'est exaspéré knn de vous , sans que vous ayex o^fbrt le fmtexte le plus frivole âmes ravies. Au nom de votre pureté, soyez donc avee moi sans colère i J'ai pu risquer aujourd'hui votre estime; mais qu'est*-eeque cela peut vousfieiire, madame, si voua restes intacte et pure au fond de la mienne ?.. . Et comme en s'arraohant au^ strangulations
. MENSORGE. T. II. 4
d'un botmeaii, DeUberge a|oata i1*iud son de Toix.liref :
-^e TOUS avait priseponr la ionir de Dotercy !. • L'éleoIriGitë de la fièyre passa dans le tremblememi de Pauline. Elle eat un geste , elle fit nn cri; pfolestatioii de rérolte et qui lîit comprise. •^ Ah ! pourquoi rcnê ètes-^ous trompé !••• L'échange des aToux s'était accomph. Delà* hei^ Tenait de saisir nne des mains de Pauline, qn^ de l'autre essayait de lui dérober an moins sa figue; na magnétisme éloquent suppléait à tons les regiupds^ <)uelques minutes ils demeurèrent muets, liTrés an mystère de leurs sentiments étouffés; sonfiîpants, mais heureux ; déTonés l'un à Fantre, lalMUfl en mourir ; éperdus de toutes les palpitations de leurs caractères, en proie à cette tempête qui bouleverse les esprits timides et de bonne foi lorsque, dans la magnificence de leurs émotions , comme au festin de Macbeth, ilsToîent tout à coup se dresser entre eux le spectre de la société ; spectre insolent et matérialiste qui martyrise au nom de la loi dès que l'on sacrifie aa culte de l'àme, et qui, flBdsant consister l'honneur de la femme dans l'aliénation de sa Toloaté, désarme l'amour du droit qu'il a d'inspûrmr comme il le veut les nobles élans sur la terre, et le pétrifie 1 Lorsque ces réTélations de feu traversent les ténèbres de notre monde , la vie change d'aspect, et l'on se trouve devant un double avenir ! il faut
•^ Jtâ —
ou se oourbier sous la souffrance » ou se préparer pour le combat.
Pauline se courba sous la loi de souffrance.
Comme on vous calomnie , mon Dieu !
Mais elle était brisée. Le cara<)tàre de sa n^oix tenait de la suj^licatioo.
— Oubliez ce que jai pu yous dire , Etienne!
Oubliez-le. L'âme a parlé , mais le devoir se révolte. Dans quelles pensées nous égarobs-nous., mon ami, qui n'auraient jamais dû franehir le bord de nos lèvres !••• Non que je rougisse' et qne je me rétracte. Oh I non ; j'ai compris votre âme, Delaberge! et pour me soustraire aux périls d'un entretien de ce genre , je ne vois pas la ilécessité de reyenir sur mes pas et de chereber um r<rfiige dans le mensonge. Je crois ma confiance légitime, et mon aveu vous reste. Mais si je n'ai rien â reprendre dans les paroles qui me sont éehappées , par grâce ne me les rappelez pas! Que ceci meure entre nous« Faites, Etienne , faites que je ne m'aveugle jamais sur l'avilissement d'une sorte de partage, entre vous qui venez d'obtenir mon secret comme vous aviez déjà mon estime , et l'bomme dont après tout je suis la femme, Delàberge I car je porte son nom , et je le porte en vertu de serments qui ne seront jamais vain/». Xo«t me lie, tout nous sépare. Accomplissons notre destinée. — Ma tète brûle , et je sens qu'elle éclate. — Au-delà dç cette explication , chaque