‹ Menuiserie descriptiveChapitre 25 sur 70 · RÈGLES DES CINQ ORDRES D'ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

RÈGLES DES CINQ ORDRES D'ARCHITECTURE

D'APRÈS VIGNOLE (i).

Architecture (du latin architectura , qui signifie manière ou art de bâtir). Son origine, d'après Vitruve , est presque aussi ancienne que la société des hommes, qui , pour se mettre à l'abri pendant les mauvais temps et se garantir des animaux féroces, se sont construit des habitations. Us ont dù commencer par se loger dans les cavités de la terre; mais les famiilcs devenant plus nombreuses, et ne trouvant pas les cavités suffisantes pour se loger, le besoin les força à se construire d'autres habitations avec des branches d'arbres etdes feuillages, auxquels ils donnèrent une forme conique pour faciliter l'écoulement des eaux. Ces cabanes n'étaient ni solides ni commodes. Les besoins excitèrent un fiouveau développement d'industrie pour se construire des cabanes plus solides et plus commodes. Us firent choix des arbres que le hasard avait placés à peu près à distances égales , et formant une figure carrée ou polygonale. On coupa les arbres à une hauteur convenable et de niveau , on plaça d'autres arbres horizontalement sur ces troncs coupés, pour porter d'autres arbres plus petits qu'ils placèrent transversalement comme des solives pour former le plancher, et d'autres arbres ou branches d'arbres furent placés au-dessus des solives dans une direction inclinée pour l'écoulement des eaux. Voilà l'origine des ordres de l'architecture, lesquels maintenant forment l'ornement des édifices et des palais (2}. Le piédestal représente le massif qu'ils faisaient avec des cailloux et de la boue au bas des arbres pour les garantir de l'humidité. Les arbres sont remplacés par des colonnes, les ligatures que l'on mettait au bas et dans le haut, pour empêcher que les arbres ne se fendent,

(1) Vitruve, Palladio, Scamosi , Vignole fit plusieurs autres ont établi les règles et les proportions des cinq ordres; celles données par Jacques Barozzio de fignole ayant été généralement préférées , j'ai suivi dans tous les détails les proportions établies par Vignole.

(2) Les goûts ont varié selon les siècles ; celle généralement adoptée maintenant est l'architecture ancienne : on la nomme architecture romaine, parce que ses proportions sont puisées dans les antiquités romaines.

sont remplacés par une base et un chapiteau ornés de moulures et de divers ornemens ; l'architrave représente l'arbre posé horizontalement sur les troncs des autres arbres. Les triglyphes et les métopes de la frise de l'ordre dorique représentent les bouts des solives et les distances entre elles ; la corniche représente la saillie des solives inclinées qui formaient le comble et la couverture , et le fronton représente l'inclinaison de la couverture.

Un ordre est composé de trois membres, qui sont: le piédestal, la colonne et X entablement.

Du premier membre.

Le piédestal (en latin sty lobâtes) , est celui qui porte les deux autres. (On lui donne le nom de stjlobate lorsqu'il porte plusieurs colonnes) ; il se dwise en trois parties, qui sont : la base, le dé et la corniche.

La base (du mot latin fulmentum, qui signifie appui, soutien) , est la partie inférieure du piédestal sur laquelle est posé le dé.

Le dé (du mot latin truncus, qui signifie tronc) , est la partie entre la base et la corniche du piédestal.

La corniche (du mot latin corona , qui signifie couronne) , est la partie supérieure du piédestal , et forme saillie au pourtour du dé.

Du second membre.

La colonne (du latin colonna), est le plus délicat et le plus élégant des membres; il pose sur le piédestal et porte l'entablement; il se divise en trois parties, qui sont : la base , le fut et le chapiteau.

La base (du mot latin basis , qui signifie fondement, pied, soubassement) , est la partie inférieure de la colonne, et pose sur le piédestal.

Le fût (du mot latin fustis , qui signifie bâton) , est la principale partie de la colonne, il prend de la base au chapiteau, en forme cylindrique plus forte dans le bas , ressemblant au tronc d'un arbre.

Le chapiteau (du mot latin capitellum , qui signifie petite tête ou chapiteau de colonne ) , il termine et couronne la colonne. C'est par les ornemens du chapiteau que l'on distingue les ordres.

Du troisième membre.

L'entablement (du mot latin tabulatum, qui signifie plancher, étage ) , est le membre supérieur de l'ordre , et pose sur le chapiteau de la colonne; il se divise de même que les autres membres en trois parties, qui sont : X architrave , la frise et la corniche.

L'architrave (du mot latin epistylium , qui signifie poitrail sablière), est la partie inférieure de l'entablement , et pose sur le chapiteau de la colonne.

La frise (du mot latin zophorus), est la partie au-dessus de l'architrave et au-dessous de la corniche, et sert à séparer l'architrave de la corniche .

La corniche ( du mot latin corona , comme je l'ai dit de celle du piédestal , signifie couronne , et d'après Vitruve , corniche ) , est la partie supérieure de l'entablement , elle couronne à la fois l'entablement et les deux autres membres par sa grande saillie.

Des différais ordres.

Parmi les ordres on en compte cinq principaux, qui sont : le toscan , le dorique , X ionique, le corinthien et le composite, le toscan et le composite sont de l'invention des Romains, et l'ionique, le corinthien et le composite sont des Grecs. On emploie assez fréquemment l'ordre de Pœstum, que l'on nomme aussi dorique de Pœstum.

I! y a encore d'autres ordres , tels que le rustique , le persique, le cariatide , le gothique et Xattique.

Le rustique se distingue par ses colonnes ornées de bossages.

Le persique a des statues d'esclaves qui portent l'entablement en place de colonnes.

Le cariatide a des statues de femmes qui portent aussi l'entablement en place de colonnes.

Le gothique se distingue par ses colonnes élancées, et ses archivoltes en triangles, formant un angle au milieu.

L'attique est un ordre de pilastres , n'ayant pas de frise à l'entablement.

Proportions des cinq premiers ordres.

Comme je l'ai dit ci-devant, un ordre est composé de trois membres: le piédestal, la colonne et l'entablement. D'après Vignole, ils gardent toujours la même proportion entre eux

Le piédestal a toujours le tiers de la hauteur de la colonne , et l'entablement le quart de cette même hauteur.

La base de la colonne a toujours pour hauteur la moitié du diamètre de sa colonne dans le bas.

Suivant le goût moderne, la colonne est cylindrique (égale de grosseur) depuis le bas jusqu'au tiers de sa hauteur, compris base et chapiteau ; et depuis le tiers de la hauteur elle va en diminuant jusqu'au-dessous du chapiteau , et conserve pour grosseur, dans le haut, les cinq sixièmes de son diamètre dans le bas.

La proportion de la grosseur et de la hauteur des colonnes varie à chaque ordre.

La colonne de l'ordre toscan a pour hauteur sept fois son diamètre dans le bas; de l'ordre dorique, elle a huit fois; de l'ordre ionique, elle a neuf fois ; de l'ordre corinthien et du composite, elle a dix fois.

La proportion des chapitaux varie de même à chaque ordre.

Méthode pour établir les membres des cinq ordres , selon leurs proportions.

Voyez pl. YII , fig. f. La ligne d b-c d' représente la hauteur totale de l'ordre; divisez cette hauteur en dix-neuf parties égales. Les quatre premières, depuis a jusqu'à b, seront pour le piédestal ; les douze suivantes b c seront pour la colonne , et les trois dernières cd pour l'entablement ; ce qui donne pour le piédestal le tiers, et pour l'entablement le quart de la colonne.

Si vous voulez un ordre sans piédestal , divisez la hauteur que vous voulez donner en quinze parties égales, comme de b à d; la colonne en aura toujours douze , et l'entablement trois.

Pour connaître le diamètre que doit avoir la colonne dans le bas , divisez la hauteur de la colonne en autant départies égales qu'elle doit avoir de fois son diamètre pour hauteur.

Le diamètre de la colonne sert à établir la mesure; il se divise en deux

D'ARCHITECTURE. 67 parties égales , dont une d'elles sert de mesure que l'on nomme module. Ainsi toutes les colonnes ont toujours deux modules de diamètre dans le bas. Le module se divise en douze parties pour le toscan et le dorique, et se divise en dix-huit parties pour l'ionique, le corinthien et le composite. Ces divisions de module se nomment parties ou minutes.

Comme je l'ai déjà dit , la colonne toscane doit avoir pour hauteur sept fois son diamètre, qui lui donne quatorze modules de hauteur; si vous voulez établ r de l'ordre toscan, vous diviserez la hauteur de la colonne bc en quatorze parties égales pour former l'échelle de proportion. Voy. l'échelle ef, fig. i. Si vous voulez de l'ordre dorique, vous diviserez cotte même hauteur en seize parties. Voyez l'échelle g h. Ou, de l'ordre ionique, vous diviserez en dix-huit parties. Voyez l'échelle ij. Et pour les ordres corinthien et composite, vous diviserez en vingt parties. Voyez l'échelle k L

Manière de tracer la diminution des colonnes.

Voyez fig 3. Après avoir tracé le profil de la base et du chapiteau , divisez la hauteur de la colonne en trois parties égales; tirez au tiers de la hauteur la ligne ab, perpendiculaire à l'axe de la colonne, décrivez le demi-cercle a c b de deux modules de diamètre; abaissez des points a et b> extrémités du diamètre, deux lignes parallèles à l'axe, jusqu'à la base- Ensuite, ayant le diamètre de la colonne commandé au-dessous du chapiteau, abaissez une ligne parallèle à l'axe jusqu'au demi-cercle, cette ligne fixera le point c sur le demi-cercle; divisez la portion de circonférence du point c au point a en six parties égales; divisez de même la hauteur de la colonne, depuis le tiers (de la ligne a b) jusqu'au-dessous du chapiteau , en six parties égales ; tirez de ces points de division des lignes perpendiculaires à l'axe de la colonne; ensuite élevez de chaque point de division, entre a etc, des lignes parallèles à l'axe, jusqu'à ce qu'elles rencontrent chacune une des lignes des divisions de la hauteur. Tels que l'indique la fig. 3, les points de rencontre de ces lignes marquent le passage de la ligne de la colonne qui est un peu courbée.

Manière de construire le fût d'une colonne en menuiserie.

Tirez une ligne droite au milieu de la colonne, qui sera l'axe de la co-

Jonne; cette ligne étant déterminée par la hauteur de la colonne : à plusieurs endroits de la hauteur décrivez des cercles, dont le diamètre sera commandé par la grosseur que doit avoir la colonne aux divers endroits de la hauteur. Par exemple, le cercle a du bas de la colonne et celui b du tiers de la hauteur, ont chacun deux modules de diamètre; celui du haut, d, n'a que deux modules moins un tiers de modules, qui est un sixième de moins que celui du bas; le cercle c , qui est entre le tiers de la hauteur et le haut, n'a pas de mesure déterminée en modules; c'est l'opération, fig. 3, pour la diminution des colonnes, qui commande son diamètre. Ces quatre cercles étant tracés, divisez-les chacun en autant de parties égales que vous voulez mettre de douves, chaque cercle commandera la largeur des douves à chaque endroit fixé en hauteur; depuis le bas jusqu'au tiers de leur hauteur, elles conserveront leur largeur égale; ensuite, depuis le tiers de leur hauteur jusqu'au haut, elles diminueront dans les mêmes proportions que la colonne, de sorte que chaque rive formera une ligne courbe; la ligne tracée au milieu de la largeur de la douve est la seule ligne droite. Dans chaque douve il faut conserver une largeur de bois en plus pour la languette d'embrèvement , comme elle est figurée en ligne ponctuée à la rive du côté droit, et de même sur la longueur conserver les languettes du haut et du bas pour embrèver avec le chapiteau et la base.

La figure i représente la coupe et profils d'un piédestal , colonne et entablement de l'ordre toscan , détaillés en menuiserie.

La figure l\ représente la base de la colonne en plan, vue dessus.

La figure 5 représente le chapiteau de la colonne en plan, vue dessous;

Et la figure 6 représente le plan du piédestal , et les embrèvemens des quatre faces à joint sur angle.

De tordre Toscan, planche P III.

L'ordre toscan a pris naissance en Toscane, d'où lui vient son nom; c'est le plus simple et le plus matériel des cinq ordres. Vignole dit : « N'ayant trouvé entre les antiquités de Rome aucun ornement toscan du- « quel j'aie pu former une règle, comme je l'ai fait des autres quatre ordres » suivans, je me suis servi de l'autorité de Vitruve, liv. IV, chap. 7, où » il dit , que la colonne toscane doit avoir la hauteur de sept de ses pro- » près grosseurs , avec la base et le chapiteau. Pour l'entablement, lequel

D'AKGHITECTURE. 69 » est composé de l'architrave, ïa frise et la corniche, il nie semble chose » convenable qu'on y garde la règle que j'ai trouvée des autres ordres ; » c'est à savoir, que l'entablement soit le quart de la hauîeur de la co- « lonne, laquelle est de 14 modules avec la base et le chapiteau; et » ainsi l'architrave , frise et corniche auront ensemble 3 modules ; , qui » est le quart de 14 modules. »

La colonne a plus d'un sixième de sa grosseur de diminution dans le haut, seulement que dans cet ordre, comme étant le plus matériel et destiné à porter les autres ordres; ainsi au lieu d'avoir 1 module 8 parties de diamètre dans le haut, comme la colonne de l'ordre dorique, Vignole lui donne 1 module 7 parties, comme elle est cotée à la figure avec les autres détails. La hauteur totale de cet ordre est de 22 modules 2 parties. Le piédestal a pour hauteur le tiers de la hauteur de la colonne, qui est de 4 modules 8 parties, y compris sa base et sa corniche, lesquelles ont chacune 6 parties. 11 reste au dé 3 modules 8 parties de hauteur, et a pour largeur, sur chacune de ses faces carrées, 2 modules 9 parties. La saillie de la corniche et de la base est de 4 parties. La colonne a 14 modules de hauteur, y compris base et chapiteau ; la base a 1 module de hauteur, y compris le filet supérieur, et a 4 parties f de saillie; le fut de la colonne a 12 modules de hauteur, y compris l'astragale; le chapiteau a 1 module de hauteur et 5 parties de saillie; l'architrave a 1 module de hauteur; le listel de la gorge a 2 parties de saillie; la frise a 1 module de hauteur, sans aucune saillie; la corniche a 1 module 4 parties de hauteur, et 1 module 6 parties de saillie. Les détails des membres de moulures sont cotés sur la planche, en hauteur et en saillie. Les fragmens figurés sur une plus grande échelle indiquent la manière de construire cet ordre en menuiserie. H y a deux échelles de proportions tracées au bas de la planche; celle de 6 modules sert pour le piédestal et l'entablement, et celle de 2 modules sert pour les fragmens en détails de menuiserie.

Noms des moulures et parties lisses qui ornent les membres de

l'ordre toscan.

A, socle du piédestal. B, filet. G, gorge du dé du piédestal. D, talon. E, listel du talon formant la corniche du piédestal. F, socle de la base de la colonne. G, tore. H , filet. I , gorge du fût de la colonne. J , astragale. K, frise ou gorge du chapiteau. L, filet. M, quart de rond. N, larmier. 0, filet. Le

7o DES ORDRES

filet et le larmier se nomment ensemble tailloir de chapiteau. P , face de l'architrave. Q, listel de la gorge de l'architrave. R, la frise. S, talon. T, filet. U, larmier. V, filet. X, baguette. Y, quart de rond. La partie audessus de la corniche se nomme socle ou acrotère; elle détermine la saillie delà corniche, et doit être à l'aplomb du nu de la frise; sa hauteur n'est pas déterminée, elle peut varier selon les circonstances.

Entre-colonne de tordre toscan, pl. IX.

La hauteur totale est de 17 modules 4, dont 14 modules pour la colonne, et 3 modules \ pour l'entablement. Les colonnes sont éloignées l'une de l'autre de 6 modules 8 parties du milieu ou axe d'une colonne au milieu de l'autre colonne. Il reste 4 modules 8 parties de distance d'un fut à l'autre, dans le bas, comme les cotes l'indiquent sur la planche. Les détails des proportions pour les moulures des bases, chapiteaux et entablemens, sont indiqués planche VIII. Ainsi, quand on voudra faire des entre-colonnes ou entre-colonnemens de l'ordre toscan, on divisera la hauteur totale en 17 parties i, dont une desquelles sera le module, et on suivra les proportions comme l'indiquent les planches VIII et IX, lesquelles sont cotées en détails. Si l'on était borné par la hauteur de la colonne , alors on divisera cette hauteur en 14 parties , dont une desquelles sera le module. Sur la même planche sontfigurés les profils et coupe du milieu d'une colonne avec l'entablement en détails de menuiserie.

Portique de V ordre toscan sans piédestal , pl. X , fig. 1.

Quand on voudra faire des portiques de l'ordre toscan sans piédestal, on divisera la hauteur totale que l'on veut donner aux portiques , en 17 parties 7, comme aux entre-colonnemens du même ordre, dont une desquelles sera le module; la colonne aura 14 modules de hauteur , et l'entablement 3 modules ~. La hauteur totale de la baie du portique sera de 1 3 modules , et sa largeur sera de la moitié de sa hauteur, b modules - Les jambages ou trumeaux, sur lesquels sont engagées les colonnes, auront 3 modules en largeur, et doivent avoir pour épaisseur 2 modules; mais cette épaisseur peut varier selon les circonstances. Les colonnes sont engagées de 9 parties dans les trumeaux. Vignole donne comme règle générale que les portiques doivent avoir en vide ( c'est-à-dire la baie)

D'ARCHITECTURE. 7x deux fois la largeur en hauteur, afin que la baie forme deux carres pour hauteur, mesure prise au milieu de l'arcade, et que les colonnes doivent sortir des jambages ou trumeaux d'un tiers démodule plusqueleur moitié, afin que la saillie de l'imposte ne dépasse pas la moitié de la grosseur de la colonne. Les mesures cotées sur la planche X, et les détails cotés planche VIII, indiquent le reste des détails.

Portique de l'ordre toscan avec piédestal, pL X,/rg\ i.

La hauteur totale est de 22 modules 2 parties, dont 4 modules 8 parties au piédestal , 14 modules à la colonne, et 3 modules 6 parties à l'entablement; la baie du portique a 17 modules 6 parties de hauteur, et 8 modules 9 parties de largeur; les jambages ou trumeaux ont 4 modules en largeur et 2 modules d'épaisseur; les colonnes sont détachées des trumeaux et des pilastres qui sont derrière les colonnes sur les trumeaux, comme le représente le plan figuré au bas du portique. Les proportions cotés sur la figure et les détails cotés planche VIII, indiquent suffisamment pour l'exécution. Le profil de la corniche d'imposte et celui de l'archivolte sont cotés en détail , et figurés au-dessus du portique sans piédestal , planche X. Pour exécuter ce portique il n'y a qu'à suivre les mesures cotées.

De l'ordre Dorique, planche XJ.

L'ordre dorique passe pour être le plus ancien de tous les ordres; il vient des Grecs, et a pris son nom de Do rus , qui fit élever un temple de cet ordre dans Arços.

La hauteur totale de cet ordre est de 2 5 modules 4 parties , dont 5 modules 4 parties au piédestal , y compris sa base et sa corniche; 16 modules à la colonne, y compris sa base et son chapiteau, et 4 modules à l'entablement, lequel est composé de l'architrave , la frise et la corniche. Ce chapiteau et cet entablement ont été composés par Vignole de diverses reliques d'entre les antiquités romaines, et se nomment doriques mutulaires, à cause des mutules, espèce de gros modillons qui soutiennent le larmier de la corniche. Le chapiteau et l'entablement figurés , pl. XII, se nomment doriques denticulaires, à cause des denticules qui ornent la corniche au lieu de mutules. Vignole a tiré ces chapiteau et entablement doriques den-

ticulaires du théâtre de Marcellus à Rome. La frise des deux entablemens est ornée de triglyphes (Voyez la fig. / au-dessus du chapiteau , et les détails figurés au trait, planche XII); au-dessous de chaque triglyphe, sur la Iface supérieure de l'architrave, sont 6 gouttes ou clochettes; audessus de chaque triglyphe, et au même aplomb, est une mutule (Voy. la fig. g); chaque mutule est ornée dessous de 36 gouttes espacées dans un carré d'un module de côté (Voyez la figure du plafond du larmier vue dessous); la largeur de la mutule est d'un module; les triglyphes sont éloignés l'un de l'autre de i module \ ; cet espace entre chaque triglyphe se nomme métope et forme une figure carrée; dans chacune des métopes on y place différens ornemens, tels que patères (Voyez fig. h), tètes de bœufs desséchées, qui sont les principaux ornemens de l'ordre dorique (Voyez planche XII), ou différentes armures de guerre, boucliers, casques , cuirasses , etc. La proportion des triglyphes et des métopes en largeur, est disposée de manière qu'il doit toujours avoir un triglyphe à l'aplomb de chaque colonne, aux entre-colonnes et aux portiques; les mutules et les denticules suivent les aplombs du milieu de chaque triglyphe, ce qui fait la régularité de cet ordre. Les profils figurés, construits en menuiserie par fragmens en plus grande dimension , d'après l'échelle de 2 modules, donnent les détails des proportions en hauteur et en saillie pour toutes les moulures des membres de cet ordre ; le développement du plafond du larmier, figuré même dimension , fait connaître les ornemens à un angle et les suivant entre chaque mutule. A l'angle est la foudre sculptée en bas-relief, dans un caisson carré ; de chaque côté sont deux petits caissons en losange, ornés d'une rosace; à côté du caisson en losange est le plafond de la mutule orné de 36 gouttes ou clochettes, entre chaque mutule reste un caisson carré orné d'une rosace. Le plan d figuré au-dessus de ia base de la colonne, et le plan c figuré au-dessous du chapiteau, représentent le fût de la colonne ornée de 20 cannelures qui se touchent à vive-arête; le creux de ces cannelures se trace de deux manières: la première par un triangle équilatéral , comme l'indique la figure a , et la seconde par un demi-cercle , comme l'indique la figure b ; la première donne les angles des arêtes moins aigus, et paraît destinée pour l'extérieur; la seconde donne les angles des arêtes plus aigus, et paraît destinée pour l'intérieur. En menuiserie, comme le bois a plus de consistance que la pierre , on peut employer la seconde à l'extérieur

comme à l'intérieur; mais il faut toujours qu'il y ait une cannelure au milieu de la colonne, suivant la face du piédestal ou l'entablement.

Entre-colonne de l'ordre dorique, planche XII.

Quand on voudra faire des entre-colonnes de l'ordre dorique denticulaire ou mutulaire, on divisera la hauteur en 20 parties égales, dont une desquelles sera le module : la colonne aura 16 modules de hauteur, y compris sa base et son chapiteau ; lesquels ont chacun 1 module de hauteur, et l'entablement aura 4 modules de hauteur, compris architrave, frise et corniche; les colonnes doivent être éloignées l'une de l'autre de 7 modules {, du milieu d'une colonne au milieu de l'autre colonne : les mesures des détails des moulures des bases, en hauteur et en saillie , sont indiquées planche XI au profil en menuiserie , et les mesures des détails pour la hauteur et saillie des moulures du chapiteau et. de l'entablement, aux profils figurés sur la planche XII, donnant les détails de. la construction en menuiserie en plus grande dimension , d'après l'échelle de 2 modules. La figure du plafond du larmier y est développée d'après la même échelle, et fait connaître les ornemens du plafond, à partir d'un angle. Les gouttes ou clochettes sont toujours à l'aplomb de chaque triglyphe, dont les mesures des détails sont cotées à la figure ou trait tracée audessus, indiquant le profil des canaux ou gravures du triglyphe, en coupe distinguée par une teinte, et ayant \ partie de saillie sur le nu de la frise.

Les denticules dans cet ordre, aux entre-colonnes, comme aux portiques , doivent toujours avoir 2 parties de largeur en plein, et 1 partie en vide , ce qui donne 3 parties de distance d'un milieu de denticule au milieu de l'autre denticule. On peut à sa volonté employer aux entrecolonnes et aux portiques, l'entablement denticulaire, figuré planche XII, ou celui mutulaire figuré planche XI , vu que les proportions de hauteur et de saillie sont les mêmes au total.

Portique de V ordre dorique sans piédestal, planche XIII.

La hauteur totale est, comme aux entre-colonnes, de 20 modules, dont iG modules à la colonne et 4 modules à l'entablement; la baie a 7 modules de largeur et 14 modules de hauteur; les jambages ont 3 mo-

dules de largeur et 2 modules d'épaisseur; les eolonnes sont engagées dans les jambages de 9 parties, comme il a été dit à celui de l'ordre toscan , planche X : la figure en élévation, et le plan figuré au bas avec les profils figurés en grand, planches XI et XII, indiquent le reste des détails pour la construction.

Portique de l'ordre dorique avec piédestal, planche XIII.

La hauteur totale est de 2 5 modules 4 parties , dont 5 modules 4 parties au piédestal, y compris sa base et sa corniche : i(> modules à la colonne, y compris sa base et son chapiteau, et 4 modules à l'entablement, y compris l'architrave , la frise et la corniche. La baie a 20 modules de hauteur et 10 modules de largeur; les jambages ont 5 modules de largeur sur 2 modules d'épaisseur. Vignole dit qu'il donne 5 modules de largeur aux jambages du portique avec piédestal, et 3 modules à ceux du portique sans piédestal av( c la proportion de largeur de chacun des vides, laquelle doit être la moitié de la hauteur, pour que la distribution des métopes et triglyphes vienne juste, de manière qu'il y ait toujours un triglyphe à l'aplomb des colonnes, et un au milieu du portique. Les détails des proportions du profil de la corniche d'imposte et celui de l'archivolte sont figurés et cotés en détails au bas de la planche; le plan , figuré au bas du portique, représente la colonne détachée du jambage, comme à celui de l'ordre toscan : les cotes des mesures , figurées sur cette planche, et les détails planches XI et XII, sont sufïisans pour indiquer la manière de construire ces portiques, sans qu'il soit besoin dune plus longue explication.

Ordre Ionique, planche XIV.

Cet ordre a pris son nom dans Ylonie, partie d'Asie, du nom d'Ion I Athénien. Le module se divise en 18 parties pour cet ordre et les deux suivans. Vignole dit : « Ayant à faire de 1 ordonnance ionique avec pié- » destal , toute la hauteur doit être divisée en 28 parties '-, et. de l'une » d'icellesest fait le module, lequel est divisé en 18 parties, ce qui se fait » d'autant, que cette ordonnance, pour être plus gentille que la toscane et » dorique, a aussi les divisions plus menues,» Le piédestal doit avoir le tiers de la colonne qui est de 18 modules, aura 6 modules de hauteurr la colonne 18 modules, et l'entablement le quart de la colonne, aura

4 modules ~ de hauteur, dont l'architrave aura 1 module^, la frise, i module 7, et la corniche i module |, et a autant de saillie que de hauteur. La base du piédestal a 9 parties de hauteur et 8 parties de saillie. Le dé du piédestal a 5 modules de hauteur, y compris 'e filet du bas et celui du haut, qui appartiennent ou dé, et a 2 modules i4 parties de largeur, laquelle est commandée par l'aplomb de la saillie de la base de !a colonne. La base de la colonne a 1 module de hauteur et 7 parties de saillie; le fut de la colonne a 16 modules 3 parties de hauteur, y compris le filet du bas, qui appartient au fût et non pas à la base, comme aux ordres toscan et dorique. La colonne est ornée de 24 cannelures, séparées par des listels, et creusées en demi - cercle , dont le centre est placé sur la ligne de circonférence de la colonne. Pour régler la largeur de ces listels, il faut diviser la vingt-quatrième partie de la circonférence de la colonne en cinq parties égales, une de ces parties est pour le listel, et les quatre autres pour la cannelure. ïl doit y avoir une cannelure au milieu de la face, comme à l'ordre dorique et aux autres ordres suivans; le chapiteau a i5 partie de hauteur, et est orné de deux volutes, dont le centre de l'œil doit être éloigné d'un module de la ligne du milieu de la colonne sur la face. La frise a pour ornement un griffon sculpté en bas-relief. La corniche est ornée de denticules, lesquelles doivent avoir 4 parties de largeur en plein et 2 parties en vide, ce qui donne 6 parties de distance d'un milieu à l'autre. Les profils figurés plus grands d'après l'échelle de 2 modules donnant les détails de construction en menuiserie, donnent toutes les proportions des hauteurs et des saillies en détail.

Du chapiteau ionique et de la manière de tracer la volute, pl. XV.

Voyez le plan et l'élévation géométrale de la moitié du chapiteau vue de face , et à côté le chapiteau entier vu de côté ; ces figures donnent les proportions de détails en hauteur et en saillie, il n'y a que la volute qui offre plus de difficulté pour la tracer.

Opération pour tracer la volute ionique , pl. XV.

La volute doit avoir 16 parties de hauteur et \\ parties de largeur, dont 9 parties en hauteur du centre de l'œil au point a, et 8 parties eu

largeur du centre de l'œil au point b , il reste 7 parties au-dessous du centre de l'œil , et 6 parties sur le côté en largeur ; les dimensions de la volute étant tracées et les deux axes placés d'après les dimensions , perpendiculaires l'un à l'autre, décrivez au milieu le cercle de l'œil de deux parties de diamètre ; dans ce cercle inscrivez un carré, de manière que les axes de la volute soient les diagonales. Voyez le cercle de l'œil tracé au milieu de la volute , et celui F tracé à côté d'une plus grande dimension , afin de mieux distinguer les points et les numéros des points. Les lignes 1, 3 et 2, 4 passent par le centre où ils se croisent , et sont parallèles aux côtés du carré de l'œil ; divisez-les chacune en six parties égales, pour fixer les points 1 , 2,0, 4 aux extrémités , et les autres points 5,6,7, 8, 9, 10, 11 et 12 sur les points de division, comme l'indique la figure F; mettez la pointe du compas sur le point 1 de l'œil, ouvrez le compas jusqu'au pointa, et décrivez le quart de cercle a b, ensuite mettez la pointe du compas sur le point 2, et ouvrez-le jusqu'au point 6 pour décrire le quart de cercle bc; faites de même pour le quart de cercle cd, ayant la pointe du compas sur le point 3 ; et pour le quart de cercle de , ayant la pointe du compas sur le point 4, lequel pointe sera fixé à la rencontre de la courbe avec la droite tirée du point 4 et passant sur le point 5. Vous continuerez les autres tours de la volute de même que le premier, ayant la pointe du compas sur les points 5 , 6, 7, 8, 9 , 10, 1 1 et 12 , comme points de centre pour chacun des quarts de cercle. La première ligne courbe de la volute étant terminée; pour tracer la seconde ligne, comme elle est éloignée de la première, à son départ, d'une partie, qui forme le listel , et que ce listel est le tiers du canal de la volute, il faut lui conserver cette même proportion jusqu'à l'œil de la volute. Pour cela , divisez la distance entre chaque point en quatre parties égales; vous vous servirez pour point de centre de ceux de ces points qui seront le plus près des points qui vous auront servi pour tracer la première courbe de la volute, et vous tracerez cette seconde courbe qui forme le listel de la volute , par les mêmes moyens que pour tracer la première courbe.

Sur la même planche est figurée une autre opération pour tracer la volute. Voyez le cercle G, représentant le cercle de l'œil de la volute; les points numérotés indiquent les centres pour tracer les quarts de cercle formant la courbe de la volute. La figure H représente l'œil de la volute orné d'une rosace. Sur la face du chapiteau, il doit y avoir deux modules

de distance du centre de l'œil d'une volute au centre de l'œil de l'autre volute.

De la base attique, et de la manière de tracer la s cotie , planche XIV.

La base attique n'appartient à aucun ordre; on peut la mettre à la colonne dorique, ionique, corinthienne ou composite; mais elle convient mieux à la colonne composite ou celle ionique; elle est même souvent préférée à la base ionique ; naturellement elle convient à tous les ordres, excepté à Tordre toscan où elle serait ridicule , vu qu'elle est trop élégante pour un ordre si simple. Vignole dit : « Cette base, Vitruve la » nomme atticurga , lib. III, chap. 3. Comme étant trouvée originaire- » ment et mise en œuvre par les Athéniens : de notre temps, on use de la » mettre en œuvre indifféremment, sous le dorique , ionique, corinthien » et composite; toutefois elle a plus d'alliance avec le composite qu'avec » nul autre , et est aussi tolérablc en la ionique quand on ne se sert de la » propre base d'icelle; mais sous les autres ordonnances je la jugerais du » tout impertinente, et en produirais beaucoup de raisons. »

Opération pour tracer la scotie.

Voyez la figure du profil de la base avec les proportions cotées planche XIV, et au-dessous l'opération pour tracer la scotie tracée au trait. La scotie est une moulure creuse , en forme de gorge, qui sépare les deux tores de la base; tracez les deux filets ayant chacun \ partie, et éloignés l'un de l'autre de 3 parties, tirez à volonté la perpendiculaire bg, laquelle détermine la saillie du filet du bas et celle du tore supérieur; tirez la perpendiculaire e af, éloignée de celle b g de 1 partie \ ; divisez la distance ej en trois parties égales, dont une fixera le centre a; décrivez sur le centre a l'arc indéfini e c d; avec la même ouverture du compas, du point c fixez sur l'arc le point c ; mettez la pointe du compas sur le point c et décrivez l'arc ead, lequel fixera Je point d; tirez une ligne droite du point d au centre a, prolongez-la jusqu'à la ligne b g, elle fixera le point b, lequel sera le centre pour décrire l'arc d g qui termine la figure de la scotie. Cette opération diffère de celle donnée par Vignole , par laquelle le bas creusait sur le filet. Voyez pl. XXI, fig. 33. La perpendiculaire du filet supérieur est divisée en cinq parties ; la ligne horizontale

est tirée à la seconde partie, laquelle est un centre pour décrire le quart de cercle du haut; tirez la ligne oblique du filet du bas au point de la ligne horizontale, divisez-la en deux parties, et du milieu tirez une ligne d'équerre ; où cette ligne d'équerre coupera la ligne horizontale, elle fixera le point de centre pour décrire l'arc du bas qui termine la figure.

Pour les ouvrages de l'extérieur il y a un inconvénient à se servir de cette opération , parce que les eaux pluviales séjourneraient dans le creux du bas; par la première opération il n'y a pas cet inconvénient.

Entre-colonne de l'ordre ionique , planche XV.

Quand on voudra construire des entre colonnes ioniques , on divisera la hauteur totale en 22 parties^, une de ces parties sera le module; la colonne aura 18 modules de hauteur et l'entr.blement 4 modules^; la distance des colonnes est de 6 modules ; d'un axe à l'autre ou de milieu à milieu, comme est cotée la figure planche XV.

Portique de l'ordre ionique sans piédestal, planche XVI.

La hauteur totale est de 22 modules - , dont 18 modules à la colonne et 4 modules à l'entablement; les jambages ont 3 modules de largeur sur 2 modules d'épaisseur; la largeur de la baie est de 8 modules '-, et la hauteur est de 17 modules. Vignole dit « que la largeur du vide sera de 8 mo- » dules '- et la hauteur de 17 modules, qui sera le double de la largeur, » règle qu'on doit observer fermement en tous arcs de semblables orne- » mens (1), toutes et qualités fois que la grande nécessité ne nous court train t pas de faire autrement. » Les détails des proportions pour les bases, chapiteaux et entablemens sont indiqués planches XIV et XV, avec les détails de construction en menuiserie.

Portique de l'ordre ionique avec piédestal, planche XVI.

La hauteur totale est de 28 modules J, dont 6 modules au piédestal ,

(1) Par ces termes Vitriole entend tous les portiques avec ou sans piédestal , et de tous les ordres.

D'ARCHITECTURE. 7$ 18 modules à la colonne et 4 modules \ à l'entablement; les jambages ont 4 modules de largeur et 2 modules d'épaisseur, la baie a 11 modules de largeur et 11 modules de hauteur. Les détails des proportions et constructions en menuiserie sont indiqués planches XIV et XV. Sur cette planche XVI est figuré en plus grande dimension le profil de la corniche d'imposte et celui de l'archivolte pour ce portique, dont les proportions sont cotées en détail, en largeur et en saillie.

Ordre Cokintiiien , planche XVII.

Cet ordre passe pour être le chef-d'œuvre de l'architecture. Voici ce que Vitrin e dit de l'origine de cet ordre : « Une jeune fille de Corinthe étant y morte, sa nourrice plaça sur sa tombe une corbeille contenant divers » bijoux que la jeune personne avait aimés. Cette corbeille, recouverte » d'une tuile, fut placée par hasard sur une plante d'acanthe; les feuilles » de cette plante, venant à pousser, environnèrent la corbeille et se re- » courbèrent au dessous de la tuile. Le célèbre Callimacus ou Callimaque » en conçut l'idée du chapiteau corinthien. »

La hauteur totale est de 3a modules , le module se divise en 18 parties comme à l'ordre ionique, le piédestal a 7 modules de hauteur. Vignole dit : « Si le piédestal de cette ordonnance corinthienne est le tiers de la » colonne, il tiendra 6 modules \> mais on pourra bien le faire de 7 mo- » dules pour plus grande solidité, fort conforme et convenable à cette » ordonnance délicate, et aussi pour que le de du piédestal revienne as » deux carrés (c'est-à-dire que la hauteur soit le double de la largeur). » La base du piédestal a 12 parties en hauteur et 8 parties en saillie; le dé a 5 modules 10 parties en hauteur et 2 modules i4 parties en largeur; la corniche du piédestal a 14 parties en hauteur et 8 parties en saillie; la base de la colonne a 1 module en hauteur et 7 parties en saillie; le fût de la colonne a 16 modules 12 parties en hauteur; la grosseur est 2 modules de diamètre dans le bas et 1 module 12 parties dans le haut; le pourtour est orné de 24 cannelures pareilles à celles de l'ordre ionique (voyez pour la proportion des cannelures et des listels , planche XIV); le chapiteau a 2 modules 6 parties de hauteur (la saillie n'est déterminée que par l'opération pour tracer le plan); l'architrave a 1 module 9 parties de hauteur et 5 parties de saillie; la frise a 1 module 9 parties de hauteur et n'a pas de saillie, elle est destinée à recevoir divers ornemens ; la corniche a

8o DES ORDRES

2 modules de hauteur et 2 modules 2 parties de saillie, elle est ornée de denticules, oves et moclillons; les denticules ont l\ parties de largeur en plein et 2 parties en vide, ce qui donne 6 parties du milieu d'un denticule au milieu de l'autre; au-dessus de chaque denticule il y a un ove, tous les quatre denticules il y a un modillon toujours à l'aplomb du milieu d'un denticule, lesquels doivent toujours se trouver à l'aplomb des colonnes; entre chaque modillon il y a un caisson ravalé dans l'épaisseur du larmier et orné d'une rosace. Voyez le développement du plafond du larmier, figuré à côté des profils en menuiserie en plus grande dimension, d'après l'échelle de 2 modules, et le profil en coupe du milieu d'un caisson et d'une rosace aux profils de la corniche en menuiserie. Les cotes des proportions en hauteur et en saillie indiquent le reste des détails pour exécuter cet ordre.

Opération pour tracer le chapiteau corinthien , planche XVII.

Tracez premièrement le plan du fût de la colonne, d'après la mesure de son diamètre dans le haut, de 1 module 12 parties; sur le même centre décrivez un cercle de 4 modules de diamètre, et inscrivez dans ce cercle un carré; ensuite, sur un des côtés du carré, élevez un triangle équilatéral. Le sommet a dudit triangle sera le point de centre pour décrire les courbes du tailloir, en observant 4 parties aux cornes du tailloir.

Ensuite tracez la figure en élévation géométrale vue sur l'angle (voyez la figure; toutes les hauteurs sont cotées en détail); de l'astragale au tailloir, tirez la ligne oblique c d: cette ligne déterminera la saillie des feuilles; ensuite abaissez la saillie des feuilles de chaque rang sur le plan , pour terminer la figure du plan. D'après le plan tracé, vous élèverez du plan la figure du chapiteau en élévation géométrale, vue de face. Les figures indiquent le reste des détails.

Ce chapiteau est construit en menuiserie, ayant un tambour ou boisseau formant le vase, autour duquel on rapporterait le bois nécessaire pour sculpter les feuillages; mais on pourrait à volonté le faire assez épais pour sculpter les feuillages dans la masse du tambour ou boisseau.

Entre-colonne de l'ordre corinthien , planche XVIII. La hauteur totale est de 25 modules , dont 20 modules de hauteur à la

D'ARCHITECTURE. Si colonne, y compris sa base et son chapiteau, et 5 modules de hauteur à l'entablement, lequel est composé de l'architrave, de la frise et de la corniche. La distance des colonnes est de 6 modules, 12 parties d'un axe à l'autre, ou de milieu à milieu. Les détails des proportions et de la construction en menuiserie sont indiqués planche XVII.

Portique de l'ordre corinthien sans piédestal, planche XVIII.

La hauteur totale est de 25 modules, dont 20 modules à la colonne et 5 modules à l'entablement; les jambages ont 3 modules de largeur et 2 modules d'épaisseur; la baie a 9 modules de largeur et 18 modules de hauteur. Voyez planche XVII pour les détails des proportions et de la construction en menuiserie.

Portique de l'ordre corinthien avec piédestal, planche XVIII.

La hauteur totale est de 32 modules, dont 7 modules au piédestal, y compris sa base et sa corniche; 20 modules à la colonne, y compris sa base et son chapiteau , et 5 modules à l'entablement. La largeur des jambages est de 4 modules , et leur épaisseur de 2 modules. La baie a 12 modules de largeur et 25 modules de hauteur. Vignole dit qu'il donne à ce portique plus de deux carrés du vide en hauteur, comme plus convenable à cause de la gentillesse de cette ordonnance. Voyez, pour les détails des proportions et pour la construction en menuiserie , planche XVII. Sur cette même planche XVIII est figuré le profil de la corniche d'imposte et celui de l'archivolte en plus grande dimension, donnant tous les détails des proportions des moulures en hauteur et en saillie.

Ordre Composite , planche XIX.

L'ordre composite ou romain a pris naissance à Rome. Il doit, son origine aux Romains, qui le composèrent de tout ce qu'ils trouvèrent de beau dans l'ordre ionique et dans l'ordre corinthien. Vignole dit : * Les anciens » Romains, empruntant une partie de la ionique et une autre partie de » la corinthienne, ont fait un tel composé pour unir ensemble en une » seule partie tout ce qu'ils pouvaient recouvrer de beauté. » Les proportions sont les mêmes que celle du corinthien ; il ne diffère que dans ses

détails. La corniche a deux parties de moins en saillie (i); la hauteur de la corniche, frise et architrave, composant l'entablement, est de 5 modules comme au corinthien ; la hauteur de la colonne , y compris sa base et sou chapiteau, est de 20 modules semblables au corinthien; la hauteur du piédestal est de même que celle du piédestal corinthien, de 7 modules. La hauteur totale de l'ordre est de 3a modules comme celle du corinthien; les volutes du chapiteau sont pareilles a celles du chapiteau ionique; les feuillages sont semblables à ceux du chapiteau corinthien. Les denticules ont 6 parties de largeur en plein et 3 parties en vide, qui donnent 9 parties de distance de milieu à milieu. Le plan du chapiteau est, de même que celui du corinthien, inscrit dans un cercle de /\ modules de diamètre; voyez pour le détail la figure, et pour le tracé, voyez la manière indiquée au chapiteau corinthien, planche XVII. Les profils figurés en plus grande dimension, d'après l'échelle de deux modules, donnant les détails de la construction de cet ordre en menuiserie, donnent aussi les mesures des proportions cotées en hauteur et en saillie; le module est divisé en 18 parties, comme à l'ordre ionique et corinthien.

L'entre-colonne, les portiques, avec ou sans piédestal de l'ordre composite, ont les mêmes proportions que ceux de l'ordre corinthien. Voici ce que dit Vignole à cet égard en parlant du piédestal : « Le piédestal » composite garde les proportions du corinthien , et n'y a autre différence » de membre qu'en sa corniche et sa base, comme l'on peut connaître par » la figure ; et d'autant que l'ornement composé a mêmes proportions avec » le corinthien , j'ai jugé n'être nécessaire d'en faire des entre-colonnes et » des portiques à part, me rapportant à ceux du corinthien. »

De F ordre de Poestum, planche XX.

Les mesures de cet ordre sont cotées en pieds et pouces , comme elles ont été mesurées au temple de Neptune à Poestum. Les gouttes figurées au plafond du larmier de la corniche sont creusées dans l'épaisseur de chaque mulule, au lieu d'être en saillie comme celles de l'ordre dorique.

(1) Sur la planche elle est cotée i modules 2 parties, pareille à celle de l'ordre corinthien. Pour réduire la saillie de 1 parties, la doucine du larmier n'aura que 8 parties au lieu de 10 jiartiis d.1 saillir.

Le triglyphe de l'angle n'est pas à l'aplomb du milieu de la colonne : l'astragale du haut du fût de la colonne, au lieu d'être en saillie, est creusé. Les colonnes n'ont pas de base, et leur diminution est en ligne droite du bas de !a colonne jusqu'au dessous du chapiteau. Elles ont deux pieds de diamètre de moins dans le haut que clans le bas; les cannelures sont à vive arête, comme celles de l'ordre dorique. Le pourtour de la colonne contient vingt-quatre cannelures; les figures planche XX indiquent le reste des détails.

Des pilastres.

Les pilastres sont des piliers carrés ou méplats, formant avant-corps plus ou moins saillans ornés de bases et chapiteaux , et suivent les mêmes proportions des colonnes de chaque ordre, à l'exception de leur fût, qui ne diminue pas de largeur dans le haut, et doit 'être égal de largeur dans toute sa hauteur. Néanmoins quelquefois, selon le goût, on les diminue de largeur dans le haut, d'après les mêmes proportions des colonnes; cette disposition d'être diminués dans le haut convient mieux aux pilastres carrés (lesquels doivent être détachés) qu'aux pilastres méplats, lesquels sont ordinairement accompagnés de parties d'assemblages. Alors, pour conserver les champs des parties qui joignent aux pilastres égaux de largeur dans toute la hauteur, il faut les détacher des pilastres par un autre champ formant avant-corps ou arrière-corps, lequel doit avoir en largeur au moins la saillie de la base du pilastre ou celle du chapiteau; par exemple, les pilastres qui sont placés derrière les colonnes comme aux portiques où les colonnes sont détachées, doivent être diminués dans le haut dans la même proportion que les colonnes qui sont devant eux.

PLANCHE

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