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LA CHALEUR ET LA LDUHÈRE

ne dit plus la température est de 1000 degrés, mais qu'elle ^^t cerne clair; à 1300 degrés ^ c'est le blanc, et à 1500 c'est le blaru: éblouissant,

A ces températures élevées, les degrés n'ont plus de signification bien précise ; les couleurs sont, au contraire, très-apparentes.

Non-seulement la diversité des couleurs, mais aussi celle des nuances d'une même couleur, fournissent une indication sufiisante de la chaleur. On possède ainsi la gamme ascendante :

Rouge I

Orangé I

Naissant.

Sombre.

Naissant.

Cerise \ Franc.

Clair.

Foncé.

Clair.

, I Franc.

^^^°^ \ Éblouissant.

L'accumulation de la chaleur a rendu le corps lumineux ; n'est-ce pas là un premier degré de parenté entre la chaleur et la lumière?

Le mot gamme que nous venons d'employer fait image; il nous porte à penser que la chaleur et la lumière sont comme les notes d'un même clavier : la chaleur représente les notes basses, la lumière les notes élevées. Les notes les plus graves correspondent à la chaleur obscure , les plus aiguës, à la lumière éblouissante. Le lien est donc bien plus étroit, bien plus intime entre la chaleur et la lumière qu'entre la lumière et le son.

Lorsqu'on compare les phénomènes lumineux aux phénomènes sonores, on trouve en.tre eux de nombreuses ressemblances, mais ce ne sont que des ressemblances de forme, de mode ; tme même manière d'agir de deux vibrations essentiellement distinctes. On peut grouper parallèlement les phénomènes lumineux et les phénomènes sonores, mettre les couleurs en regard des sons , considérer le spectre solaire comme un clavier, etc. Mais ce tableau ne fera que mieux ressortir ce fait que les deux groupes de phénomènes sont aussi distincts que l'oreille et l'œil qui servent à les percevoir. On pourra dire que l'audition est un toucher sonore, comme la lumière est un toucher lumineux; mais ce ne sont que des images propres peut-être à faire mieux comprendre les phénomènes, mais impuissantes à ei^faire saisir l'essence.

Il y a toucher dans le toucher proprement dit, dans le goût et l'odorat; hors de là, il y a communication d'un certain mouvement vibratoire, sans qu'on puisse savoir pourquoi tel ébranlement agit sur certains nerfs, taudis que d'autres y sont insensibles.

Si, entre la lumière et le son, il n'y à que ressemblance entre choses d'origines différentes, entre la chaleur et la lumière il y a presque identité ou au moins communauté d'origine.

Établissons d'abord les nombreux points de contact entre les phénomènes caloriques et les phénomènes lumineux :

La chaleur se propage dans l'espace ; comme la

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lumière» elle rayonne du foyer jusqu'à n^ous, sans l'entremise de l'air.

Les rayons solaires nous apportent en môme temps leur lumière et leur chaleur, la vitesse des deux sortes de rayons est donc la même.

La chaleur comme la lumière s'affaiblit à mesure que la distance au foyer augmente et dans la mémo proportion.

Les rayons lumineux ou calorifiques qui tombent d'aplomb sont plus intenses que les rayons obliques* C'est ce que montre le soleil dans sa marche appa* rente, — Au lever, lorsque ses rayons effleurent le sol, ils nous arrivent affaiblis, ils sont tout à la fois moins chauds et moins lumineux. A mesure qu'il s'élève , ses rayons tombent plus verticalement, la chaleur et la lumière augmentent. Enfin, lorsqu'il descend vers Thorizon pour se coucher, ses rayons, s'inclinant de plus en plus , deviennent en même temps moins chauds et moins lumineux*

Le plus ou moins d'obliquité des rayons solaires n'est pas la seule cause de leur plus ou moins d'intensité; il faut y joindre l'influence de la couche atmosphérique qu'ils traversent , et qui est d'autant plus épaisse que le soleil est plus près 4e l'horizon* Nous voyons par là, qu'en traversant l'air, la chaleur s'affaiblit tout comme la lumiè/'e.

En arrivant au contact des corps, les rayons de chaleur et de lumière rencontrent la même natured'obstacles.

Ce sont tantôt des corps qui ne se laissent point pénétrer : les corps opaques et les corps athermanes. tantôt des corps qui se laissent traverser : les corps

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transparents ou diaphanes et les corps diathermanes. Entre ces deux extrêmes, il y a tous les degrés.

Mais les mêmes corps ne sont pas en même temps et également accessibles à la chaleur et à la lumière.

A la surface des corps opaques et [athermanes se produit le phénomène de la réflexion, dont les lois sont les mêmes pour la chaleur et la lumière.

L'absorption inégale des divers rayons lumineux par les corps, produit la couleur des corps ; des phénomènes analogues se produisent pour la chaleur.

La chaleur, comme la lumière, est décomposable en rayons de diverses qualités , qui correspondent aux rayons diversement colorés. Il y a un spectre calorique comme un spectre lumineux, ou plutôt un spectre unique àont les rayons, soi-disant obscurs, sont surtout calorifiques, tandis que les autres sont surtout lumineux.

NSus disons surtout, parce que les uns et les autres sont mêlés intimement, et qu'on ne peut réaliser qu'une séparation partielle.

De chaque corps émanent des rayons de lumière et de chaleur de qualités diverses et en quantité variable. Chaque corps peut être considéré comme une source' de rayons colorés et calorifiques plus ou moins intenses, plus ou moins nombreux et plus ou moins variés.

• Vous savez que des vitres de couleur ne laissent passer qu'une lumière de même couleur; les vitraux des: églises nous ont familiarisés avec ces effets. Le verre bleu, par exemple, peut être comparé à un tamis qui laissera passer les rayons bleus seulement,

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