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LA CHALEUR ET LA LUMIÈRE

tandis que les autres rayons colorés ne peuvent le traverser comme des grains trop gros pour les trous du tamis.

Derrière un verre bleu, mettez-en un second de même couleur, les mêmes rayons passeront; c'est le même grain et le même tamis. Le bleu sera même plus pur, car le second verre arrêtera les quelques rayons étrangers qui ont pu se mêler aux bleus.

Ce que nous disons du bleu peut s'appliquer à chaque couleur.

Maintenant, placez derrière le verre bleu un verre orangé, qui refuse absolument le passage aux rayons bleus : il ne passera plus rien; vous aurez réalisé Tobscurité à Taide de deux verres transparents.

De même,^ demère un verre rouge à travers lequel le rouge seul a passé, placez un verre vert, qui ne donne passage qu'au vert et refuse l'accès au rouge : il ne passera plus rien ; vous obtiendrez l'obscurité.

Ces phénomènes se retrouvent encore dans des rayons de chaleur colorée avec des substances diathermanes, telles que le verre, l'alun, le sel, etc., et des sources, de chale\ir diverses ; ce n'est plus l'obscurité que vous produirez, mais l'absence de chaleur ; ce n'est pas votre œil qui appréciera, mais le thermomètre.

Citons encore ce fait curieux que présente le verre : la chaleur accompagnée de lumière le traverse, comme chacun sait; mais ce qu'on ignore généralement, c'est que la chaleur ^ule ne le traverse pas, de sorte que les cloches de verre dont le jardinier couvre ses jeunes plants sont de véritables

souricières pour prendre la chaleur. Celle-ci entre de compagnie avec lalumièfiB qui lui en facilite l'accès; mais une fois dedans, sur la plante et sur le sol, elle n'en sort plus.

Les lumières artificielles et naturelles nous montrent que les rayons lumineux sont inégalement répartis dans chaque source lumineuse ; de môme les sources de chaleur ne sont pas identiques ; celle qui provient de la lampe n'est pas la même que celle qui émane de l'eau chaude, et Tune et l'autre ne sont point semblables de tout point à celles que rayonne une plaque chaude de métal.

Sans doute, le même milieu éthéré propage, et la lumière et la chaleur; sans doute aussi le mode de vibration est unique, et les ondes lumineuses et caloriques diffèrent seulement en quantité, en qualité et non par leur nature.

Enfin, la lumière demande, pour se manifester à nous, un appareil spécial, l'œil ; la chaleur imprime son action en chaque point du corps, grâce au réseau nerveux qui y est en tout point répandu.

On pourrait trouver encore de nombreux points de simiUtude, poursuivre plus loin l'examen des deux ordres de phénomènes. On arriverait sans doute alors à trouver ce qui différencie la chaleur et la lumière, après avoir trouvé ce qui les rapproche. Nous approchons peut-être du moment où on va pouvoir dire en quoi diffèrent la lumière et la chaleur.

HISTOIRE NATURELLE

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