CE QUE C'EST QU'UNE FLEUR
L'éclat, ;la primeur, l'élite de certaines choses, c'en est la fleur. On a la fleur d'un objet lorsqu'on le voit, qu'on le sent ou qu'on le goûte le premier; et telle femme est la fine fleur de la grâce lorsqu'elle est gracieuse entre toutes. Quelles comparaisons étaient plus propres à devenir populaires que celles qui ont leur source dans la fraîcheur, la couleur, le parfum et la durée si courte des fleurs ? Quoi de plus naturel que de dire : Fraîche comme une rose^ ou, avec Malherbe :
Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses..
Gomme on est mal venu après cela de dire aux gens avec un certain air pédant : « Ce que vous appelez fleur n'est pas la fleur. Ce que les botanistes désignent sous ce nom est une rosette de
feuilles modifiées et portées sur un axe raccourci. Et je ne choisis pas une définition des plus abstraites, car je pourrais vous donner celle-ci : La fleur est formée des organes propres à la reproduction du végétal, réunis ou isolés, protégés ou non par des feuilles modifiées dans leur forme et dans leur couleur. »
Cependant, il faut dire que les botanistes ont raison et que le monde a tort. Si une fleur est pour j vous un objet charmant, une parure ou un orne- 1 ment, une jouissance des yeux ou de Todorat, il en va résulter que vous déshériterez de fleurs bien des végétaux. Tous n'auront pas, en effet, â vous offrir des fleurs à corolles brillantes et parfumées. Il en ! est des fleurs comme des femmes, toutes n'ont pas \ la beauté, la grâce et le charme en partage. .
Disons que la fleur ne serait qu'imparfaitement ] connue ei Toa se bornait â la définition qu'en donne , le monde. La partie brillante est, p<mr le végétal, la moins utile. C'est dans l'Intérieur de ce nid char^ tnant qu*il faut aller chercher les petits organes délicats qui accomplissent un merveilleux travail. « Voyez cette tige frêle et déliée qui «'élève du sein de la fleur et se montre quelquefois au dehors, comme dans le fuchsia. C'est le piM^ uûe sorte de tube très-effilé (Jui s'ouvre à la partie super rieure, se renfle au bas dans l'intérieur de la fleur; et danô ce renflement, qu'on noïnme V ovaire jsoni contenus les oeufs ou les graines, comme il tous plaira de les appeler. Autour du pistil sont gro»pé8 les étamines^ autres tiges finesi délicates, <jui p<M*tent à leurs extrémités des petits sacs {mtMres) pieioè