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CE QUE C EST OU UNE FLEUR

d'une poussière de couleur variée (pollen). Pistil et étamines, voilà les parties essentielle» de la fleur. Le reste c'est l'enveloppe, l'appareil protecteur*

Lorsque le moment est venu pour un végétal, les petits sacs s'ouvrent d'eux-mêmes; le pollen tombe sur le pistil, descend le long du tuyau et arrive aux graines qu'il féconde. Alors tout se flétrit , sauf l'ovaire, qui grossit de plus en plus et gui devient le fruit.

Coupez les étamines avant leur maturité, les graines ne seront pas fécondées, Tovaire ne grossira pagjj vous n'aurez pas de fruit.

Toutes les fleurs n'ont pas, réunis dans leur sein, étamines et pistil. Il y a des végétaux dont certaines fleurs ne portent que des étamines, tandis que d'autres n'ont que le pistil* Tantôt elles se trouvent sur la même plante comme il arrive pour le ricin, le houblon, etc«^ tantôt sur des plantes distinctes et de la même espèce, le chanvre, le palmierdattier, par exemple. Mais quand un arbre n'a que des fleurs staminées, on peut être assuré qu'un autre arbre de la même espèce n'a que des fleurs pistillées* ^

Qui se charge alors du transport du pollen? Tantôt le vent le porte sur ses ailes, et le pollen s'arrête précisément sur les pistils qui l'attendent. Tantôt c'est un insecte qui |se roule au milieu des étamines, s'enfarine, pour ainsi dire, de pollen et vient après, agent ûdèle d'une volontt^ qu'il ignore, dormir dans la fleur qui contient le pistil. C'est souvent à de grandes distances que le vent transporte la poussière fécondante, quelquefois à travers

des bras de mer. Le pollen n'est point perdu ; les pistils le happent au passage.

Les Babyloniens avaient l'habitude de secouer les branches fleuries des dattiers staminés au-dessus des fleurs des datiers pistillés. En 1800, la récolte des dattes manqua en Egypte, l'invasion de l'armée française ayant détourné les habitants du pays de leurs soins accoutumés. Les Égyptiens, comme les Babylonien8,Îpratiquaient la fécondation artificielle à l'égard des dattiers, comme on vient de le faire tout récemment avec la vigne.

On raconte que dans une serre de Berlin fleurissait un palmier nain pistillé ; mais il ne donnait pas de fruit, condamné qu'il était à un célibat forcé. Un palmier staminé se trouvait alors à Carlsruhe. Le botaniste, propriétaire du premier palmier, l'apprend. Il écrit et prie qu'on lui envoie du pollen par la poste. Le pollen arrive, le botaniste saupoudre ses fleurs, et plus tard il cueille des dattes.

yoici qui est plus curieux! Bernard de Jussieu avait au Jardin des Plantes deux pistachiers pistillés. Chaque année ils avaient des fleurs, mais ne portaient pas de fruits. Un beau jour, le savant aperçoit des fruits. Il cherche le séducteur invisible, s'enquiert de tous côtés, et apprend bientôt qu'un pistachier staminé avait fleuri dans une pépinière proche du Luxembourg. Les vents étaient complices de cette mystérieuse affaire.

Vous raconterai-je encore toutes les difficultés que semble s'être proposées la nature afin de les vaincre par toute sorte de détours ingénieux ? comment, dans des fleurs pendantes, le pistil est souvent

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plus long que les étamines, pour qu'il reçoive le pollen qui tombe de celles-ci ; comment, dans les plantes à fleurs organe unique portées sur le même pied, les fleurs à étamines sont au-dessus de celles à pistil? Groiriez-vous qu'il y a des étamines qui se recourbent pour se rapprocher du pistil, Téclaboi;isser de leur pollen, ou le pistillui-même qui se porte au-devant des étamines? Et les fleurs dont la température s'élève au moment de leur fécondation î

Mais rien ne saurait remporter en intérêt sur ce qui se passe chez les fleurs aquatiques, car ici il fallait éviter que le pollen ne se perdît dans l'eau. La fleur de la renoncule aquatique s'épanouit ordinairement hors de l'eau. Mais s'il arrive qu'elle ne puisse sortir du liquide, elle ne s'épanouit pas. Seulement le bouton se gonfle, s'emplit d'air, et c'est dans ce ballon improvisé que se passent les choses.

Et qu'est ceci auprès de l'hymen de la vallisnérie spirale? Cette curieuse plante porte des fleurs à organe unique. Celles à pistil seules sont sur des tiges volubiles. Lorsque le moment est venu, la tige volubile se déroule et les fleurs pistillées se montrent hors de l'eau. En même temps les fleurs à étamines se détachent et viennent nager à la surface. Le mystère s'accomplit, et la fleur fécondée regagne son humide demeure.

On comprendra maintenant pourquoi le botaniste voit dans la fleur autre chose que ce qu'y voit tout le monde. Combien ces petits êtres qu'elle renferme sont plus intéressants que leur nid brillant et par-

fumé. Ce sont les étamines et le pistil qui constituent la fleur, qu'ils soient réunis ou séparés. La corolle^ cette enveloppe de feuilles colorées nommées pétales^ bien qu'elle ait son charme, n'est qu'une parure ou une protection ; le calice^ cette seconde enveloppe enfermant le tout, formée de feuilles plus résistantes, les plus souvent vertes, les sépales y est un 2d3ri plus sûr, car il contient les œufs.

Et voilà comment de l'extérieur à l'intérieur, on trouve successivement dans une fleur complète : un calice> une corolle, des étamines, un pistil.

« Saifl'tu, ma chàre^ dit l'héroïne d'une charmante nouvelle de Mérimée^ m\,\\xsXèQVAbbéAubain^ sais-ta que les plantes se marient?... On appelle les unes phanérogames y si j'ai bien retenu ce nom barbare. C'est du grec qui veut dire mariées publiquement, à la municipalité. Il y a ensuite les cryptogames, mariages secrets. Les champignons que tu manges se marient secrètement. Tout cela est fort scandaleux. »

« Ils fleuriront de la terre comme Tlierbe des champs, » dit le Psalmiste" en parlant des morts.

Cette pensée me revenait en mémoire an sortir de la plaine silencieuse où sont couchées tant de dépouilles. Quelle plus do.uce consolation pour celui qui a laissé là l'objet de ses plus tendres affections, que d'espérer que tout n'est pas perdu pour lui; qu'il y a un asile où l'on se retrouve, un séjour de calme et de sérénité après les agitations et les luttes du monde ! Aussl^ malgré toutes leurs défiances, les hommes s'attachent-ils de toutes leurs'torces à ce dogme consolant.

Et, tout naturellement, j'ai songé à ces longs sillons creusés dans les campagnes et où le laboureur enterre des morts apparents qui ressusciteront à la saison prochaine. Les graines, ces œufs des plantes,

sont déposés presque sur la terre ; à peine sont-elles recouvertes d'une légère couche, et bientôt la vie va poindre et se développer dans cet être inconscient.

Le pollen, en tombant sur les graines, leur a permis de mûrir. C'est alors que le fruit s'est développé.

L'enveloppe des graines (l'ovaire) a grossi, s'est gonflée de sucs, a quitté sa couleur verte, pour prendre les teintes pourpres, jaunes ou dorées du fruit mûr.

D'un bel aspect, d'une saveur agréable, ce fruit n'était pourtant que le berceau des graines; la nature, avant tout, s'est préoccupée de la conservation de Pespèce : c'est pour la graine que tout a été préparé, et la fleur, et le fruit.

Que de formes, de couleurs, de saveurs, de grosseurs variées dans les divers fruits ! Quelles différences entre le melon et le raisin, entre la poire et l'orange! Et dire que cette diversité si grande est le résultat des combinaisons d'un petit nombre d'éléments toujours les mêmes !

Le fruit a une peau (épicarpé)^ un épiderme recouvert d'un duvet délicat que le moindre contact altère. Cette peau recouvre la chair [sarcocarpé]^ et enfin une partie interne (endocarpe), tantôt cornée, comme dans la poire el la pomme, tantôt ligneuse, comme dans la cerise et l'abricot, et formant alors ce que nous appelons le noyau.

Dans ce dernier abri se trouve la graine, l'œuf fécondé, enveloppée quelquefois dans un duvet soyeux, comme celui qui forme le coton, la graine

d'où sortira la plante, d'où naîtront des milliers de plantes, toute une génération dont la vie est à l'état latent dans ce petit être.

Plantez un érable dans une plaine nue, et lorsque le vent dispersera ses graines ailées, une forêt d'érables enfants surgira comme par enchantement, et la plaine en seta bientôt couverte comme la Gaule au temps des Druides. Tous ces érables sont sortis d'un seul, sorti lui-même d'une seule graine qui portait en elle cette merveilleuse source de vie.

La graine a une peau {épispermé), comme le fruit, commQ nous-mêmes, qui recouvre sa chair (amande). C'est la peau du blé qui fournit le son, et la chair la farine.

La peau a aussi son épiderme et son derme, soit soudés comme il arrive dans le blé, soit distincts, comme dans la châtaigne, où l'on voit l'une épaisse, de couleur marron ou châtain, l'autre fine et adhérente à la chair.

Observez une fève, un marron, un pois, vous verrez à la surface le point {hile ou ombilic) par lequel le jeune être recevait la nourriture dans le sein maternel, c'est-à-dire le fruit auquel un lien [funiculé] l'unissait.

Regardez de plus près, quelquefois à l'aide du microscope : voici, dans l'intérieur, dans la chair de la graine, l'enfant lui-même {embryon)^ un végétal en miniature, plus qu'une miniature, un végétal que Ton regarderait avec une lunette, qui produirait une diminution proportionnée â l'amplification du microscope. On y voit la racine {radicule) ^ la tige (tigelle)^ le bourgeon naissant [gemmule).

m MENUS PROPOS SUR LES SCIENCES

Semez des fèves dans quelques pots à fleur^ yenez chaque jour épier le développement du végétal nucroscopique. Bientôt l'humidité de la terre aura gonOé et ramolli les tissus; si Tair pénètre à travers les fissures du sol jusqu'à la graine^ si la chaleur est assez grande^ si quelques rayons lumineux lui arrivent, vous les verrez se diviser en deux moitié (ootylédonê)f [qui forment le magasin de réserve de la jeune plante; lés cotylédons peuvent être charnus^ oléi^ineux^ foliacés^ etc«

. C'est de là^ le plu» souvent, qu'elle tire sa nourriture; aussi t à mesure qu'elle se développe^ ces organes^èe dépouillent, se flétrissent et finissent paf disparaître complètement. Pendant ce temps, le jeaine végétal a grandi^ s'est fortifié ; il peut maintenant se nourrir tout seul.

Un certain nombre d'insectes assurent, avant de mdurir, la vie à leur progéniture^ en plaçant à côté un fonds de nourriture. La mère ne verra pas l'enfant qui naîtra incomplet et chétif mais instinctivement elle a mis précisément en réserve la somme d'aliment nécessaire à son complet développement.

Les petits des oiseaux naissent aussi inachevés ; ils sont nus et sans forces ; mais la mère est là qui veille sur eux, les protège contre le froid et la faim. Les plumes poussent, les forces viennent, et ils s'envolent hors de leur nid.

Chez les animaux supérieurs, le petit réclame des soins plus nombreux, plus variés, plus vigilants. La vie en commun est de plus longue durée ; Tassi$tance est continue; c'est le commencement de l'affection.

Enfin chez l'homme, les soins sont de deux natures, le développement moral marche de concert avec raccroissement physique. Les liens qui T unissent à ses parents ne sont plus seulement matériels, la famille n'est pas une agrégation fondée sur l'égoïsme seulement. L'affection, la tendresse, la reconnaissance, les besoins du cœur, en un mot, se sont manifestés.

Ainsi la vie se complique à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres, et le côté moral prend de plus en plus d'importance.

En même tendps, on reconnaît qu'un individu, végétal ou animal, n'est pas un être isolé. Il fait partie d'une longue série dans laquelle chacun porte les qualités et les défauts de la race ; quelquefois les qualités se réunissent en plus grand nombre sur un être de la série ; c'est alors le grand végétal ou le grand homme de la race; d*autres fois, ce sont les défauts qui accablent Tun d'eux, et la fin de la série approche.

HISTOIRE NATURELLE

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