LA PEAU ET LE BAIN
qui s*y épanouit; ce réseau, ou filet à mailles microscopiques, est un assemblage de houppes nerveuses infiniment petites et en nombre infini.
L'épiderme est insensible. Il est formé de lamelles ou petites plaques superposées comme les écailles du poisson ou comme les ardoises des toits, de manière à former une enveloppe continue qui protège le derme.
Ces lamelles se soudent d'abord, puis se dessèchent, tombent et se renouvellent constamment, en sorte que l'enveloppe de notre corps se reproduit sans cesse et d'autant plus activement que nous sommes plus jeunes.
Chez certains animaux, comme les serpents, la peau se détache tout d'une pièce lorsque le serpent, ayant grossi dans son enveloppe, la brise comme un vêtement trop étroit.
Plus le derme a besoin de protection, plus l'épiderme se développe : ainsi la main de l'ouvrier, soumise à un fréquent et rude exercice, (devient calleuse. A mesure que l'épiderme se développe, la sensibilité du toucher s'efface. L'ouvrier peut toucher impunément les corps rugueux ou brûlants. Par contre, une main inactive, protégée par des gants contre les intempéries, le contact do l'air et des objets extérieurs, assouplie par l'usage de corps gras, en un mot la main d'un riche oisif acquiert une délicatesse extrême et le toucher devient alors presque une souffrance.
Certaines parties de la peau sont recouvertes de poils : c'est une nouvelle protection ajoutée à l'ér
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pideçme. }iBiA alors le toucher s*exerce moin|direqr temeiit çt il est par conséquent moini^ délicat : les animaux à fourrure ont peu ou point de tact, à glus forte raison les poissons, les serpents dont le corps pst recouver|; d'écaillés, les écrevisses enveloppées d'une croûte calcaire en sont-ils dépourvus.
L'humidité, les corps gras sont nécessaires pour entretenir la souplesse de la peau ; autrement elle se gerce^ se brise, se fendille. Aussi de nombreux petits sacs disséminés sous Fépiderme versent-ils constamment, les uns la sueur, les autres la ma« tière grasse.
Nous ne voyons la sueur qu'autant qu'elle se répand en goutelettes nombreuses à la surface du corps; mais il s'en produit constamment sur toute rétendue de notre peau. Le croirait-on? nous perdons en meur invisibh presque autant que nous gagnons par Talimentation. Au bout de vingtquatre heures, .après avoir absorbé un poids notable d'aliments de toutes sortes, le corps d'un hoomie adulte n'a pourtant pas varié d'une manière s^préciable. Gela est facile à comprendre : nous perdons en vingt^qualre heures v/n kilogramme d^eau (un litre) par la peau; ajoutez-y un demi^kihgramme que nous perdons var les poumons; en tout un ki* hgramme et demi.
Vous pouvez vous faire une idée de ce que peut faire perdre la sueur visible, celle qui perle ^ur notre front à la suite d'une course rapide ou d^elforts répétés, surtout pendant Tété. Ce n'est plus un kilogramme par vingt-quatre heures, mais cipq, six et quelquefoig davantage. Aussi l'ouvrieif qui
LA PEAT3 ET LE BAIN t 2?
Repense bej^uçoup d'efforts a-t-il besoin d'une nourriture abondante, surtout en aliments solides.
Voqs êtes maintenant convaincus ^ TimpoçtancQ des fonctions de. 1^ pe^u.