II. -r- Lo Bain
li'impojrtance de la peau fetit celle du bain.
A l'origine, le bain a été une mesure de propreté^. e% c'est vraiment ç^r ce côté qu'il est hygiénique, Lt^i^ Wçiens Ts^vaient bien compris ; le bain jouai^ un grand rôle ds^ns leur existence,
A Sparte, la population tout entière §,e baignai^ e% nageait dans de vasit^si bains publics.
Il y eut à Rome, à une certaine époque^ sept^ tlierçies ou b^ins publics, dont quelques-uns étaient plu^ grands que la place de la Çîoucorde. On y pou* V^^t jouer à la çanme, s'ej^erçer à H lutte. Il y avait des promeQadçs^ 4^4 çalles de conversation comme dans nos casinos d'aujourd'liuÂv TQ^^ï c^la ^tait fort bien entendu.
gi VoQt ajoute que le climat de la Qrèce e^ (Je Vh talie permet Tusage à^ yétçment^ plus l^çr^ et moj^Rs nombreux, o^^ conviendra^ qup leç fonctions ^ Ift peau devaient très-tien s'accomplir.
Ça9pJE)ijen uotre corps est plus mal tenu! J^e çUç^ est déjà un pi^emier obstacle, le nombre d.es vêtenieiîts, un autre obst?icle. Par cela mêmeque^ jjj^i^Q peau ost plus abritée,^ elle est devenue plus
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irritable ; nous sommes bien plus sensibles que les anciens au contact de Tair et au^ variations de la température. Portez le moins possible de vêtements, choisissez les étoffes légères. Un vêtement n'est pas plus chaud parce qu'il est plus lourd.
Mais revenons au bain, et d'abord au bain froid. Certaines personnes se demandent si elles doivent en faire usage et dans quelle mesura. Nous leur répondons : Ce bain est bon pour vous, si l'eau n'est j)as trop froide. Si vous êtes jeune, vigoureux et bien portant. Si vous nagez ou si vous vous agitez dans l'eau. Si le bain est de courte durée.
En entrant dans l'eau, vous serez suffoqué, vous grelotterez, vous aurez la chair de poule, votre respiration sera gênée, vos traits se contracteront, car le sang sera violemment refoulé à l'intérieur.
Bientôt après, si vous faites de l'exercice, une réaction se produira; vous sentirez vos forces renaître, le séjour de Veau vous sera agréable. Puis, une seconde réaction se produira, le froid se fera de nouveau sentir et marquera la limite de votre séjour dans l'eau ; alors il faudra sortir.
Le bain froid sera mauvais si vous avez quelque maladie de la peau. Si vous avez la goutte. Si vous êtes délicat, nerveux à l'excès : — avis aux femmes; — Si vous êtes âgé et débile .
— A quelle température le bain froid est-il bon?
— C'est à vous qu'il faut le demander. Vous en jugerez mieux par l'impression que vous ressentirez que par un thermomètre. Cependant on indique habituellement une température fie 15 à 20 degrés centigrades ; c'est ce que les hygjénistes nomment
LA PEAU feT LE BAîr< M5
le bain frais. Mâis^ encore une fois, fiez-vous-en à vous-même plus qu'au thermomètre, qui ne peut donner que des indications générales : à côté de Thygiène générale, il y a toujours une hygiène per« sonnelle. '
Nous ne saurions trop recommander aux jeunes gens qui jouissent d'une bonne constitution de nager en eau courante et sans s'exposer au soleil. Qu'ils entrent dans l'eau franchement, d'un seul coup, qu'ils se mouillent la tête en même temps que le corps. C'est le meilleur des procédés hydrothérapi'ques. Rien ne saurait remplacer ce bain à Tair libre, avec exercice, dans une eau renouvelée sans cesse, au bord de la prairie ou de la forêt.
Examinons maintenant l'effet des bains tièdes de 25 à 30 degrés, qui sont de toutes les époques et très-propres à maintenir [la peau dans son état normal, pourvu qu'on n'en abuse pas. Malheureusement, les personnes paresseuses ou qui aiment le bain en prennent souvent, et y font un trop long séjour. Gela affaiblit d'abord et débilite par la suite. N'oublions pas que les nations efféminées, que les Romains de la décadence abusaient du bain. Ces derniers avaient inventé les baignoires-balançoires.
Femmes nerveuses, hommes fatigués ]far les travaux du corps ou de la pensée, venez demander au bain tiède de rétablir le calme dans votre pauvre machine. Une chaleur douce et pénétrante vous enveloppé, la peau s'assouplit, se détend, le corps s'imbibe, la respiration se ralentit, un sentiment de bien-être indéfinissable vous gagne.
Mais défiez-vous. Si vouz y restez peu, un quart
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d'heure, il vous délassera; si vous y rester troj, audelà d'une demi-heure, il vou^ affaiblira.
Au bout çL'uae heure, vous aurez environ deux li: . ix^ d'e^M dans votre corps, vous pèse^a;^ deux kilo: grammes de plus qu'avant le bain. Mais le poids n'Q^| m&a : 1q6 ahairs SfQ détrempent ei^ quelque sorte, les lausclQS se rell^sh^nt, perdenl; de leu£ ^ntrapti^té. .YoQS. sortes^ de 14 %tiguâ, 9^ vqt?^ corps mçite est
J^A MEILLEURE, ET LA PIRB BE» GHOSE^
l^a la^aspe est un véritable faisceau musculaire. Des^fibreSi proiteuaat.d^ umscles divers s'enlre-croisept.et ^rm^QJluiivr^éseau ixiextjricable, La langue %'allQiigp, s^- i^pcpjarcit, ellp se creuse comme uxi godet OD^m toi^^coxc^cne un serpent, se raidit comme ^n bâton ou se r^lie sur elle-même par Teffet des 4lveriS, ftlets mu3Quli*ires.. Çïgurezrvous une étoffe lisçéftde fils encUevêt]cé|5v,et, suivant le fil que vous tija^fii;, vou^4ét^riftlMrez, tels ou tels plis, dans !;§-
TouSî ces mojivenjei^ts si variés nous sont nécessair^s pjpuf manger, ou,.ppujr parler.
Même quand on. tire la langue, on ne la montre p^^ dans.sw entier; elle se recourbe vers le fond de la gorge et se fixe par sa base ou sa racine à la màr
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choire inférieure et à un 09 {tuquel est suspendu le larynx.
Il faut des vaisseaux pour nourrir la langue : aussi trouve-t-on dans son épaisseur des artères et des veines. Il faut des perfs pour commander aux muscles ; aussi trouve-t-on dans la langue des fileta nerveux en grand nombre.
Lorsque je veux donner un mouvement à ma langue^ ce sont ces filets nerveux qui portent à ma langue les ordres^qui partent de mon cerveau. Si vous coupiez ces nerts ou s'ils étaient malades, j'aurais beau vouloir, ma langue ne remuerait pas. C'est comme ^i je donnais des ordres à des domestiques morts ou absents, ou encore comme si )e voulais envoyer une dépêche par un télégraphe dont le fil est rompu.
Ces nerfs-là sont ceux du nciouvement^^mais ce ne sont pas les seuls. La langue est très^semible au loucher, vous ne pouvez l'ignorer car îl vo»^ est certainement arrivé de vous mordre la langue. Vous avez alors ressenti une douleur très-vive. Ce sont des nerfs particuliers qui donnent à la langue cette sensibilité. Coupez ces nerfs, et elle ne sera plus sensible, elle ne vous causera plus de douleur.
Enfin, il y a une troisième branche nerveuse, celle qu'on nomme le nerf lingual, qui est spécialement préposé au goût. Lorsqu'on coupe ce nerf à un animal, toute saveur lui devient indifférente; il n'y a plus pour lui ni amertume ni douceur, vous pouvez lui donner à manger les aliments les plus aigres et les plus salés sans qu'il s'en doute. Mais la langue, insensible aux saveurs même, peut en*
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core être insensible au toucher et conserver toute sa mobilité.
Gela fait donc trois t)ranches nerveuses distinctes : une pour les mouvements (nerfs moteurs), une pour la sensibilité du toucher (nerfs sensiiifs), une pour la gustation (nerf lingual).
Bien que la langue soit le principal organe du goût, les autres parties de la bouche, le palais surtout, sentent les saveurs. Aussi on goûte mieux en appliquant la langue sur le palais.
Enfin, la langue est enveloppée d'une peau, la peau intérieure ou membrane muqueuse, qui tapisse la bouche et Tintérieur du corps. Cette peau se replie au-dessous de la langue où elle forme le frein ou le filet. De là Texpression : On lui a bien coupé le filets en parlant d'un bavard.
La surface de la langue est rugueuse ; elle présente de nombreuses petites cavités séparées par des éminences ou papilles. Cela forme autant de petits godets dans lesquels se déposent les corps dissous, car, avant toijt^ la dissolution est nécessaire à la gustation. Un caillou insoluble est insipide, tandis que le sel et le sucre ont une saveur marquée.
On peut distinguer, parmi les saveurs, le doux, l'amer, Taigre et le salé. Ni Tâcre ni le piquant ne sauraient être considérés comme des saveurs; ce sont des sensations qui tiennent plus du toucher que du goût.
Voulez-vous conserver toute [la délicatesse de votre goût, évitez les saveurs excessives, évitez ce
qui peut irriter la surface de la langue. L'usage du tabac, de Teau-de-vie et de certaines épices est funeste à ce sens. Les condiments anglais où le vinaigre, la moutarde et le poivre entrent pour une large part, doivent être rejetés non moins à cause de la langue qu'à cause de l'estomac .
Donnez du bon vin à l'homme habitué à boire, du vin frelaté et chargé ql'eau-de-vie, il ne l'appréciera pas. C'est comme si vous vouliez faire sentir la finesse d'un tissu à un ouvrier qui aurait les mains^ calleuses. Remarquez que Thabitude des saveurs fortes existe soit chez les peuples qui n'ont ni goût, ni art culinaire, soit chez ceux qut ont corrompu leur goût.
Mais la langue ne nous sert pa^ seulement à appirécier les saveurs, ellQ fournit à l'observateur des indications fort utiles. En voici quelques-unes dont vous pourrez faire votre profit :
La langue est-elle recouverte d'une sorte d'enduit blanc jaunâtre ? c'est l'estomac qui est embarrassé. — Est-elle rouge, pointillée surtout au bout? les intestins (boyaux) sont malades. — Est-elle sèche, noirâtre, fendillée? on peut craindre une fièvre typhoïde.
Ses mouvements, son immobilité ont aussi une grande importance. Si, par exemple, elle est tournée de côté, involontairement bien entendu, on peut être sûr d'une maladie du cerveau.
Vous voyez que l'on a des indicatiofl^ plu§, certaines en regardant la langue, qu'en Técoutai^t parler. Elle peut mentir quand elle sert d'instrument à
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la pensée, elle ne ment pas lorsqu'elle annonce l'état du corps.
Puisque je viens de parler du mensonge, il faut que, par* compensation, je répète, après Esope et bien d'autres, que si la langue, au point de vue moral, est la pire des choses, elle en est aussi la meilleure.