‹ Menus propos sur les sciencesChapitre 39 sur 43 · LE NEZ ET LES. ODEURS · texte numérisé non relu

LE NEZ ET LES. ODEURS

et le§ vêtements , et qu'on ne peut pas apprécier la perte de poids qu'il a faite , tant elle est faible ! Il a répandu £|.utQur 4û lui des myriades d*atomes dont VençemWe.ne peiit faire incliner la balance la plus (Jélicatp.

Et le parfum du camphre, et le parfum des fleurs^ et les miasmes délétères qui portent la mort au sein des populations, sans qu'on puisse en trouver la trace dans Taiç qni les transporte I

Les corps odorants très-volatils, comnie le camphre et r^ber, répandent rapidement dans Tair leiiç poussière invisible et impalpable ; aussi lei^ odeur est-relle plu3 yive, plus pénétrantes mais il n'en faut pas conclure qu'un corp§ très-volatil soit néce^ sainement un çpv:ps odqrant. Voyez ^a plupart des gaz, ila sont inodores. La vapeur d'eau l'egt paiement.

L'odçiur n'ai)partient point aux corps , c'est noi^^ qui la créons. Le corps ne fait que répandre sa^ ppuçsière, le nea^ seul est fait de telle sorte que le . contapt de cette poussière éveille l'impression que no^» noo9nK>n& odeur. C'est en nous et non dan^ les corps que se tr^^uvent les quftlités que ^pu^ leur attribuons. Le corps est rocca^pp, voilà tout.

Le nez crée Videur comme l'oreille crée le spn^^ et de même qu'il y a des sons trop graves ou trçE aigus , que notre oreille ne saisit pas , il y a^ sans doigte des odeurs qui nous^ échappent. Certains sau-vages n'ont-ils pas l'odorat plus s\ibtil que le nOtre? Ne connaissons-nous pas la délicatesse d'impression du chien ?

On raconte qu'une jeune Américaine devenue aveugle herborisait dans la prairie, grâce à la

230 MENUS Piiopos sua les sciences

finesse de son odorat. Au milieu des fleurs de toutes sortes, elle les cueillait et les nommait avec une rare précision. — On a vu certaines personnes s'évanouir parce que non loin d'elles se trouvaient certaines fleurs ou certains fruits qu'on ne leur avait pourtant pas montrés.

Lorsqu'on voit l'action si vive des parfums sur notre organisation, on ne peut s'empêcher d'observer combien la quantité de matière est peu en rapport avec l'énergie de ses effets. Quelques fleurs dans une chambre occasionnent un mal de tête, souvent suivi d'accidents plus graves, quelquefois même de la mort ! Quelques miasmes répandus dans l'air sufftsent pour le corrompre.

Nous dirons à ce propos qu'on s'y prend souvent mal pour chasser une odeur désagréable ou funeste. On répand un nouveau corps odorant dans une chambre d'où Ton veut faire disparaître une odeur , et on ne s'aperçoit pas qu'on ajoute une nouvelle odeur à celle qui s'y^ trouvait déjà. L'odeur la plus faible semble disparaître comme disparaît une faible lumière dans un rayon de soleil.

Si l'on emploie le chlore, c'est une autre affaire. Ce corps altère la composition de la matière odorante, il la détruit en donnant naissance à des composés inodores. Quant au charbon il désinfecte d'une autre manière : il condense dans ses nombreux pores la poussière odorante.

Page 1