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I. — L'Organe

On définit généralement l'ouïe, celui de nos sens qui perçoit le son; on devrait dire plutôt : celui qui crée le son. Toutes les cloches seraient en branle^ tous les canons tonneraient , tous les vents mugiraient, qu'il n'y aurait que du mouvement dans le monde , et pas du tout de son , si l'oreille n'existait pas. Elle reçoit des mouvements qu'elle transforme en son.

Pour bien des gens, Toreille consiste dans cette psu^tie extérieure, lepavUlon^ moitié rigide, moitié flexible. Ce n*est là que la partie extérieure de Tor-

gane. Pénétrons plus avant pour le connaître tout entier.

En un point du pavillon , on aperçoit l'ouverture d'un conduit, le conduit auriculaire , fermé à Tautre bout par une peau tendue en travers comme la peau des tambours : c'est lé tympan.

Derrière cette membrane se trouve une cavité, la caisse du tympan, où débouche un nouveau conduit venant de Tarrière-bouche , la trompe d^Eustache. Les deux faces du tympan sont donc en contact avec l'air. On voit par là qu'il n'existe pas de communication du dehors au dedans de la bouche à travers l'oreille.

Dans la caisse sont suspendus quatre petits 08 que leur forme a fait nommer : le marteau^ Venclume, le lenticulaire et Vétrier. Ces osselets forment une chaîne qui va du tympan à deux autres membranes analogues qui ferment des ouvertures nommées fenêtre ronde et fenêtre ovale.

EnAuj de Tautre côté de la caisse , plus profondément engagé dans le crâne, se trouve le vestibule , tin tout petit espace qui donne accèâ dans dés iuyàuz plus petits en forme dé demi-cercles (cafiaUà terni- Circulaires), et dans un tuyau contourné comme là coquille d'un limaçon^ et qui porte ce noiii. Dan§ céà derniers compartiments flottent , dâiià un liquide , les rameaux du nerf qUi donùe la sensation du ddÀ {nerf acoustique).

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U. — Le Sott.

Pour nous rendre compte de la formation des sonsj pinçons une corde de violon , nous la voyons aussitôt s'écarter à droite et à gauche de la position fixe où elle était. Ses allées et venues sont si rapides, que notre œil la perçoit en même temps dans ces diverses positions, de sorte qu'elle nous semble beaucoup plus grosse qu'elle n'est en réalité. Nous disons alors que la corde vibre. Â ce moment, chaque parcelle infiniment petite de la corde revient au point qu'elle occupait après des oscillations tépétées, comme un balancier qui retourne à la verticale, après une série d'allées et venues.

Ces vibrations sont transmises par l'air aux corps environnants. Les autres corps peuvent également les transmettre ; c'est ainsi qu'on entend les bruits du voisin à travers le mur mitoyen ; on peut égale inent entendre le bruit de la locomotive, lorsqu'elle est encore très-éloignée, en plaçant Toreille sur la terre; le sauvage, appuyant son oreille sur la terre, entend lé bruit des pas d'une peuplade en marche , et apprécie même, dit-on,: la légèreté ou la lourdeur des paé.

Mais les vibrations ne sauraient se profiager dans un espace vide, il suffit même que l'air soit plus ou moins léger pour que l'éclat d'im son soit modifié. Aussi leô bruits s'éteignent^ils dans les régions

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240 MENCS PROPOS SUR LES SQENCES

élevées de l'atmosphère. On est frappé du silence qui y règne et de raffaiblissement des sons.

On s'explique ainsi les variations d'intensité qu'éprouve un même bruit, celui du tonnerre ou du canon, par exemple, dans sa marche à travers des couches d*air de densité différente.

On peut se faire une idée de là manière dont le mouvement vibratoire se propage en observant ce qui se passe à la surface d'une eau tranquille quand on y laisse tomber une pierre : il se produit une série de cercles concentriques et de plus en plus grands autour du point troublé. On croit au premier abord que c'est le même cercle qui va grandissant jusqu'aux limites de la pièce d'eau^ mais en y regardant de plus près, on voit que l'eau est immobile dans le sens horizontal et qu'elle s'élève et s'abaisse sur place, ce dont il est facile de s'assurer à l'aide d'un petit flotteur.

Si on laisse tomber deux, trois, quatre pierres, on obtient deux , trois, .quatre groupes de cercleâ semblables qui s'entrecroisent et se propagent sans s'altérer. De même , lorsque nous entendons plusieurs sons , ils nous viennent par des groupes distincts d'ondulations aériennes.

Enfin , tous les sons marchent du même pas ; quelle que soit leur hauteur, leur intensité et leur timbre, tous font en moyenne 340 mètres par seconde , dans l'air , car leur vitesse ne dépend pas d'eux, mais du corps qui les transmet. Aussi vont-ils plus vite dans l'eau (1435 mètres par seconde), et beaucoup plus encore dans les corps solides (de dix

à quinze fois plus vite que dans Tair selon la nature du corps solide).

Biot eut l'occasion àfi comparer la vitesse du sou dans Tair avec celle du même son dans la tùaie. Un kilomètre de tuyaux environ venait d'être posé pour la conduite des eaux dans Paris ; il fit placer un timbre à Tune des ouvertures; des observateurs se trouvaient aux deux extrémités : chaque fois que le marteau frappait, on entendait distinctement deux sons, l'un qui venait par l'air renfermé dans le tuyau, Tautre par le tuyau lui-même. Il reconnut que ce dernier marchait environ dix fois plus vite que le premier.

, Ce fut aussi pour l'illustre physicien l'occasion de constater ce fait, que dans un tuyau, le son se trans* met sans rien perdre de son intensité, car les ondulations ne s'étendent pas, comme dans l'air, sur des espaces de plus en plus grands. Les mots, prononcés aussi bas que quand on parle à l'oreille , étaient nettement perçus; de sorte que, dit-il, pour ne pas s'entendre, il n'y aurait eu absolument qu'un moyen, celui de ne pas parler du tout.

C'est sur ce principe que sont fondés les tuyaux acoustiques dont on fait un si grand usage aujourd'hui pour parler à distance et transmettre des ordres aux divers points d'un établissement.

Nous avons maintenant une idée de la manière dont le mouvement sonore se produit , se propage et nous arrive. Voyons maintenant comment l'oreille le perçoit.

ïa, — La Perceptioii.

Examinons Buccessîv^ent !ës diverses parties dé roréilïè , afin dô connaître lé rÔlé ^é chacfanè d*Bllés et de juget de leur imi^rtanée.

Lé îJàvîUôn est simplCTiëit xxà ^e&9^^^é\ éïMâ cepeiidànt il n'est pas inutile; îltêùni eu t^ku auditif , il foniie une Sotte d*entoniidii' qui i^ssenfiBlé le§ mouvements vièratoireis et les dirige vers îé tympan.

Voul^-tbùs Voua rendre compte àé ^û bôlé ? ObâérVez-en leà molivementë che« les énimatiïj où il ofEi*e tm feertaîu développéïûenti lé dhim} ^t exemple. 'Quelque èruit riïiquiète-t41î nous le voyons di-essis^ l^rèillé^ diriger les paviU^ûs dil côté d'bù Vient le bruii ou les tourner rej^ lès divers points de l*ëspàcè quand lé Source du bruit lui est inconnue. Enfin ^ s'il à t>^urj s^il à cdmmis une faute, il porte Vàreillè basse bu fuit on rejetant les parlions en arrière.

Chez Thoinme, les pavillons sont à peu près immobiles ; mais Si une personne à Voretllê dure ou si un léger bruit la préoccupe et qu'elle y prêté l'oreille, aussitôt elle incline la tête, contracte la narine^ llœil et le coin de la bouche voisins de l'oreille qui écoute. Tout ce côté de la face est crispé, on dirait que tous ses efforts ont pour objet de modifier la forme du pavillon, de manière à recueillir un plus grand nombre de vibrations.

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Voyons mamteuaut la rôle du tympan.

Parmi les vibrations qui pénètrent dansi \çl çon* duiti, les unes l'atteignent directement, les autres frappent sur les parois du conduit, so^q^ ^éftéch^es^ et âniftsent par y paryenir après une ou plusiw.^s réflaxioits. Ainsi le tympan se met à yibre£ à I'h? nis^son du corps sonore. Ge que lait la co^de do vio* Ion, cette membrane le répète fidèlement*

Cependant pour que le tympan vibre faoil^nie^t il doit être sensiblement p^x^ et par conséquent ^ rapport avec l'atmosphère par ses deux laces, aftn d'être également pressé des deuii côtés. De 14 V\^t tilité de la trompa àfEusPache qiii établit la commur nication entre k caisse et la bouche.

Supposez, au contraire, la caisse fermée et la pression de l^tmosphère s'exerçant seulement sur la £aoe extérieure, le tympan peut devenir concave ou convexe, il vibre alors difficilement et l'audir tion est confuse. C'est ce qui arrive quelquefois à la suite dhm éternuement violent : la trompe d'Bustache est subitement fermée; l'air de la caisse, isolé, a une force élastique différente de celle de Vair exté* rieur et on entend moins bien. Bientôt aprèâ, les parois du tuyau, qm s'étaient un instant collées, se séparent ; l*air extérieur arrive de nouveau par la bouche; l'audition se rétablit. On peut hâter ce moment en imitant le mouvement que Ton fait pour avale».

On voit, par le rôle qu'il joue, que le tympan est plus important que le pavillon; que l'absence de cette membrane influera sur la sensibilité et la délicatesse de l'ouïe.

Passons maintenant à la'chaine des osselets.

Suspendue dans la caisse et s'aro-boutant, pour ainsi dire, d'une membrane à une autre, elle peut faire éprouver à ces membranes des tensions variables, et les rendre ainsi plus propres à recueillir des vibrations diverses et plus ou moins rapides.

On sait qu'au dessous de seize vibrations il n'y a pas de son pour Toreille la plus fine et la plus exercée; les vibrations sont alors trop lentes, et les sons qui en résultent trop graves; et au-dessus de cinquante mille vibrations, c'est le contraire; les vibrations sont trop rapides, et les sons résultants, trop aigus. Entre ces limites sont donc compris tous les sons que nous pouvons apprécier, et dont le musicien fait usage.

On peut juger par là que Téchelle des sons ne le cède pas à la plus riche palette pour les ressources qu'elle offre à l'artiste. On comprend également la nécessité d'un appareil aussi compliqué que Toreille pour percevoir, non-seulement des sons isolés, mais des groupes de sons divers, et des combinaisons variées de ces mêmes sons.

Les osselets peuvent manquer sans que la surdité en résulte, mais l'appareil sera moins complet et partant, moins délicat. Cependant si l'un des petits os, Vétrier^ est détaché, il en résulte de graves conséquences, car dans sa chute il entraine la cloison qui ferme la fenêtre ovale^ le liquide qui baigne les filets du nerf acoustique s'écoule, et le nerf ne peut plus saisir les vibrations.

Ainsi, en avançant de l'extérieur à l'intérieur, du pavillon au nerf acoustique, nous trouvons des parr

ties de Toreilte de plus en plus importantes. D'abord Voreille externe f c'est-à-dire le pavillon et le conduit auditif, qui constitue le collecteur des vibrations; puis Voreille moyenne y c*est-à-d^re le tympan, la caisse et les osselets,. auxiliaires utiles pour l'appréciation délicate et précise des vibra* tions; enfin Vofeille interne, c'est-à-dire le vestibule, les canaux semi^circulaires, le limaçon et le nerf acoustique, indispensable à la perception et à la finesse de la sensation.

Ces dernières parties de l'organe de l'ouïe sont soigneusement abritées dans un os du crâne, que sa dureté, son épaisseur et sa forme ont fait nommer le rocher.

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